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C’était il y a à peine un mois et demi. Mohamed Diawara et les Knicks devenaient champions NBA au terme d’un run monumental conclu par une victoire 4-1 en Finals face aux Spurs de Victor Wembanyama.
Un exploit d’autant plus retentissant pour l’ailier français qui a franchi les étapes d’une saison rookie avec une sérénité impressionnante, accompagnant les Knicks sur le terrain jusqu’en finale de conférence, puis en tant que premier soutien durant les Finals.
Déjà de retour à l’entraînement au sein du camp Upsilon organisé cette semaine à la Tony Parker Adéquat Academy (Lyon) sous la houlette de Yacine Aoudi, son entraîneur individuel, et aux côtés d’une trentaine de joueurs (Sidy Cissoko, Clément Frisch, Kevin Kokila, Yves Pons, Messi Yangala…), Mohamed Diawara a pris le temps de se poser avec BasketUSA pour dresser le bilan d’une saison 2025-2026 riche en enseignements et en émotions.
Mohamed, si tu devais choisir un mot pour qualifier l’année qui vient de s’écouler ?
Un mot ? Je dirais incroyable. Incroyable, c’est le terme parfait, je pense. Cette année, ça a été beaucoup de travail. Beaucoup de hauts et de bas, mais à la fin, il y a la récompense, avec des succès et le résultat espéré. C’est le résultat qu’on a tous voulu avoir, et qu’on a eu. On est passé par beaucoup de hauts et de bas.
Qu’est-ce qui te rend le plus fier à l’issue de cette année?
Je dirais ma progression, tout au tout au long de l’année. Et bien sûr d’avoir remporté des titres. On en a pris deux avec la NBA Cup d’abord, puis le titre NBA, dans la même saison. Donc je dirais les succès qu’on a pu aller chercher en tant qu’équipe, et surtout le titre NBA.
Ça fait à peine plus d’un mois et demi que tu es champion NBA. A quel moment as-tu réalisé le côté historique de ce que vous avez fait ?
Je pense que ça a été progressivement pendant les Finals. Plusieurs fois, sur le banc, je me rappelle m’être dit : « C’est incroyable qu’on soit là ». Déjà de pouvoir jouer les Finals c’était incroyable. Et bien sûr quand le buzzer final a retenti et que c’est devenu réalité, qu’on a tous été champions. J’ai ressenti cette énergie, j’ai pu voir les émotions aussi. Ça m’a vraiment mis un coup à ce moment là.
On a l’impression que tu as très vite trouvé tes repères pour une saison rookie, chez les Knicks en plus…
Je dirais que c’est un peu le genre de joueur que je suis. J’arrive à m’adapter à toute sorte de situation, j’ai l’impression que je n’ai pas trop de difficultés avec ça .Et c’est aussi ma façon de voir les choses. Je ne me prends pas la tête, je suis un joueur qui arrive à coller un peu à tout type de situation.
Guerschon Yabusele, le grand-frère
Est-ce que la présence de Pacôme Dadiet, qui en était à sa deuxième année à New York, et Guerschon Yabusele sur le début de saison, t’ont aidé à t’acclimater aussi ?
Oui bien sûr ! Franchement c’était incroyable d’arriver dans une équipe où il y a deux joueurs français. Même pour le moral, ça fait du bien. Et puis ce sont des joueurs qui connaissent le haut niveau, qui sont passés par là, qui ont l’expérience de la NBA. Donc c’était bien aussi. Ce sont mes camarades ! C’était très important pour moi d’avoir ce support mental. Guerschon a été là pour moi du début à la fin de son passage à New York. Il m’a aidé dans beaucoup de situations, que ce soit basket ou extra-basket. Il a joué son rôle de vétéran et de grand-frère.
Est- ce qu’il y a des matchs en particulier qui t’ont marqué cette saison ?
Il y en a quelques uns. Le premier auquel je pense directement est mon premier « gros match », à 18 points (le 29 décembre face à New Orleans, à 7/9 au tir, 4/4 à 3-points). C’est encore mon record en NBA. C’est un match dans lequel j’ai été très adroit, dans lequel je me sentais à l’aise du début à la fin.
Je dirais aussi mon premier NBA tout court, lorsque je suis entré en jeu pour la première fois (le 29 octobre face à Milwaukee). C’est marquant aussi, parce que c’est la première fois. C’est le tout début, tu as ce sentiment de fierté d’être rentré pour la première fois.
Le match où je score mon premier panier aussi (le 5 novembre, face à Minnesota). Ce n’était pas sur mon premier match. Il a fallu 2-3 matchs avant que je puisse marquer mes premiers points. Franchement, c’était un bon moment. Et bien sûr le dernier match, celui où on est sacré champion. Celui-là, je ne l’oublierai jamais !
La maturité a fait la différence en playoffs
Mohamed, qu’est ce qui a fait la différence en playoffs d’après toi ? Qu’est ce qui a fait que les Knicks ont joué leur meilleur basket à partir d’avril, que ce soit en attaque ou en défense ?
Je pense que c’était l’identité de l’équipe. On a passé un cap sur ça pendant les playoffs. On est arrivé en se donnant pour objectif de jouer à fond, de ne rien laisser passer, et de jouer à un niveau qu’on avait encore jamais atteint sur les Finals. C’est là qu’il faut jouer son meilleur basket. L’intensité est passée à un autre niveau lorsque les playoffs ont débuté, et nous a emmenés à une autre sphère.
Il y aussi la maturité de l’équipe qui a joué en notre faveur. On a une équipe de vétérans, avec beaucoup d’expérience, avec des joueurs qui ont fait des Finals qui ont connu les playoffs, d’autres qui sont là depuis 10-12 ans. Donc on a bénéficié de tout ça. Les joueurs sont restés lucides dans leurs têtes. À ne pas se laisser flancher après une défaite ou justement se laisser trop aller après une grosse victoire. On a vraiment su rester concentré tout au long des playoffs et après jusqu’aux Finals. Cette rigueur et ce sérieux qu’on a eu tout au long des playoffs ont fini par payer.
Est-ce qu’il y a eu un match déclic ?
Je dirais notre dernière défaite avant d’attaquer notre série de 13 victoires. Après notre dernière revers face à Atlanta, quand on a vu qu’on avait le feu aux fesses en se retrouvant mené 2-1, on est juste passé dans un mode où il y a eu ce déclic. Et ça s’est vu à partir du Game 4 derrière, qui a lancé cette série, et le Game 5 à domicile chez nous, puis les sweep face à Philadelphie et Cleveland.
Est-ce que les cadres du vestiaire se sont nourris de la désillusion de la saison dernière face aux Pacers pour revenir plus forts cette saison ?
Oui, on en a parlé, même avec le coach. Bien sûr que ça leur a laissé un goût amer de perdre au dernier moment, juste avant les Finals. Ça les a forgés aussi. Même si on ne revenait pas dessus, on savait que c’était dans la tête de tout le monde. Les joueurs qui avaient vécu ça ne voulaient pas voir ce moment se répéter.
Il y a un peu plus d’un mois, tu as signé un contrat de quatre ans en récompense de ce que tu as accompli depuis un an. Qu’est-ce que la direction des Knicks attend de toi pour la suite ?
De continuer sur ce que j’ai un peu fait cette saison. Être sérieux, amener beaucoup d’énergie quand je suis sur le terrain, ne pas me prendre la tête, jouer mon jeu. Bien sûr il y a aussi une feuille de route, des axes de travail à suivre, sur ce que je faisais déjà un peu, mais à améliorer : être plus adroit à 3-points, être un grand défenseur, garder ma polyvalence, qu’elle soit défensive ou offensive.
Même chose avec tes coéquipiers, qu’est-ce que vous vous êtes dit lors de votre dernière réunion d’équipe ?
On s’est quittés en se souhaitant le meilleur pour chacun, car tu ne sais jamais ce qui peut se passer durant l’été et qui tu vas retrouver à la rentrée. C’est que on s’est dit. Et quand on reviendra, on s’est promis de garder le même sérieux. Ce n’est pas parce qu’on a été champion qu’on va se vanter tout au long de l’année suivante. On sait aussi qu’on aura une cible dans le dos encore plus grosse. On sait qu’il faudra être concentré, et que la saison à venir va être deux fois plus compliquée que celle qui vient de se passer.
Le traditionnel match de gala Upsilon se tiendra ce samedi 1er août à La Canopée, à Oullins-Pierre-Bénite.
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