Il y avait comme un air de bizutage pour Tony Parker. Samedi, le néo-entraîneur de l’Equipe de France U17 a vécu une drôle de première officielle. Pour ses débuts sur un banc, l’ancienne gloire des Bleus faisait face aux Etats-Unis, patrie de son père et terre de certains de ses plus grands exploits.
Surtout à Istanbul, ses joueurs faisaient face à l’ogre de la compétition, et cela s’est fait sentir : 115-84. -31 en guise d’entrée en matière, le tarif est salé. Mais pour Tony Parker, ce rite de passage se devait d’être relativisé.
Contre une équipe invaincue dans toute l’histoire des Mondiaux sous toutes ses formes dans cette catégorie d’âge (53 victoires en 53 matchs), l’essentiel était de « ne pas se tromper d’objectif » pour Tony Parker et ses joueurs. « C’est bien qu’on commence comme ça parce que, lors des matchs amicaux, on avait gagné assez facilement » a-t-il réagi après la rencontre. « Là, on voit le très, très haut niveau. »
« Bien sûr, je suis en apprentissage »
Celui-ci n’a pas franchement de secret pour « TP », ses quatre bagues de champion NBA pour autant de médailles avec l’Equipe de France. Mais c’est une toute autre histoire pour Tony Parker, le coach néophyte, surtout à encadrer des jeunes joueurs qui ont eux aussi encore beaucoup à apprendre.
« Ce qui est bien, c’est qu’il y a une grosse marge de progression » disait-il de son effectif, avant de poursuivre sur son cas. « Bien sûr, je suis en apprentissage. Après, chacun fera son analyse. Moi, j’ai ma façon de voir les choses. Je suis avec eux depuis un mois et c’est à moi de bien doser les moments où il faut piquer mes joueurs et ceux où il faut les faire réagir. La compétition est longue. »
Passé ce premier accroc corsé, les jeunes Tricolores et leur sélectionneur avaient leur premier objectif principal en tête. Les Bleuets enchaînaient avec l’Italie, qui les avait fait tomber de haut un an plus tôt en quart de finale de l’Euro U16. Après un début de match serré, et parfois un peu poussif, Aaron Towo-Nansi, Nathan Soliman et compagnie ont pris la mesure des Transalpins pour s’imposer 88-68.
« La réaction a été très belle » a salué Tony Parker. « On fait un très bon deuxième quart-temps et une excellente deuxième mi-temps. Le cinq de départ a été bon, le banc aussi. »
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Un premier coup de gueule et les Bleuets repartent
Et Tony Parker n’a peut-être pas été totalement étranger au 52-32 passé par ses joueurs à leurs rivaux. Les caméras n’étaient pas dans son vestiaire comme à la pause mythique de la demi-finale de l’Euro 2013 contre l’Espagne. Mais le technicien sait encore se montrer tranchant vocalement.
« Je n’étais pas content » a-t-il expliqué. « Même si on était revenus à 36-36, on ne peut pas commencer un match comme ça. Au niveau où on veut aller et avec les objectifs qu’on a, ce n’est pas acceptable. J’ai essayé de les piquer à la mi-temps. Je pense qu’ils ont compris le message et ils ont très bien réagi en deuxième période. »
La Coupe du monde ne fait que débuter. Mais Coach Parker semble avoir réussi une première mission, celle de la transmission. Celle de la passion et de la rage de vaincre, évidente après le repos dimanche. Mais aussi dans les têtes de ses jeunes pousses. « On a une très grande confiance l’un envers l’autre » a assuré le Choletais Aaron Towo-Nansi, à la peine contre Team USA, avant d’être crucial défensivement contre les Italiens (4 interceptions, 7 rebonds à 1m76). « Ce matin, il est venu me voir en me disant que ce qui était bien avec le match d’hier, c’est qu’on ne pouvait pas faire pire. On ne pouvait que faire mieux à condition d’apprendre. Il m’a surtout demandé de me mettre au service du collectif. Les ballons reviendraient ensuite naturellement. J’ai suivi ses conseils. »
Déjà un «super coach»
Le meneur de jeu avait donné quelques jours plus tôt à Overtime France une des clés du management à la sauce « TP » : « Non je ne l’ai pas dans la poche, il fait confiance » avait-il décrit pour expliquer sa relation de joueur à coach, mais aussi entre deux meneurs de jeu. « Je veux être comme lui, je veux devenir meilleur que lui » avançait même à la FIBA Amadou Fall, 6e homme et autre poste 1 de l’effectif, auteur d’un bon début de compétition (16 points en 20 minutes contre les Etats-Unis, puis 14 unités, 4 rebonds et 4 passes en 24 minutes contre l’Italie).
« Je le regardais quand j’étais plus jeune, et c’était incroyable à voir à la télévision. Mais le voir dans la vraie vie maintenant et qu’il soit mon entraîneur, cela me pousse à le surpasser et à accomplir mes rêves. »
De l’inspiration et de la motivation, c’est déjà une première victoire pour Tony Parker, au-delà de l’aura de son « ancienne » carrière. « C’est un super coach » considère Nathan Soliman, le meilleur prospect de ce groupe et futur joueur de Bourg-en-Bresse la saison prochaine. « Il comprend les joueurs, ce dont ils ont besoin, ce qu’ils doivent faire le parquet. Et cela aide vraiment. »
Ces débuts sérieux demandent confirmation mardi contre le Japon (11h00) pour conclure la phase de groupes, et envisager le tableau final. Et cette fois, les Bleus ne retrouveraient pas Team USA avant une éventuelle finale.
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