L’arrivée de Micah Nori à Portland aura fait beaucoup parler. Non pas parce que c’est le premier poste de « head coach » pour l’ancien assistant des Wolves, mais pour son contrat très inhabituel en NBA : une seule saison garantie, avec des « team option » pour chacune des deux suivantes. Au point de faire réagir le syndicat des coaches, préoccupé par cette situation.
Pour le principal intéressé, l’important est ailleurs, dans ce qu’il juge être « le summum pour un coach ». « Je pense avoir mérité cette opportunité », ajoute-t-il lors de sa conférence de presse de présentation. Lui qui a souvent été placé mais jamais, jusqu’à cet été, gagnant.
« J’ai passé tellement d’entretiens, sept je crois et sur cinq d’entre eux, on m’a dit que j’étais le second choix. Et ça ne retire rien aux autres candidats », explique le nouveau coach des Blazers. « Mais pourquoi étais-je le deuxième choix ? Je ne me suis pas découragé mais quand on reçoit ces appels… Je pense aux Knicks qui m’ont dit que j’avais été phénoménal, mais qu’il y avait Mike Brown – ils ont fait le bon choix d’ailleurs – qui avait déjà fait ses preuves et pas moi. Cleveland aussi a parlé de mon inexpérience. Ai-je été découragé ? Absolument pas. Quand on débute dans ce métier, il faut faire son travail, bien le faire, à son petit niveau, sans rabaisser les autres. Et il faut continuer de travailler. Ensuite, les opportunités se présentent d’elles-mêmes. »
« Je suis concentré sur l’opportunité et si je réussis, le reste suivra »
Justement, puisque c’est le sujet qui agite tout le monde, après avoir tant attendu d’avoir un poste sur un banc, Micah Nori n’aurait-il pas aimé un contrat classique, comme ses homologues ?
« Concernant le contrat et la façon dont il est conçu, je vois cela comme une opportunité », affirme Micah Nori, qui a échangé avec JB Bickerstaff, président du syndicat des coaches. « J’ai 28 ans d’expérience et sur les 25 premières, je n’avais pas d’agent et chaque décision que j’ai prise, l’argent ou la durée du contrat n’ont jamais joué un rôle. Je suis concentré sur l’opportunité et si je réussis, le reste suivra. Je ne souhaite rien d’autre que de voir le GM Joe Cronin devenir dans cinq, six ou sept ans, le premier à me licencier en NBA. »
Quant au nouveau propriétaire, Tom Dundon, et ses méthodes, l’entraîneur se « fie simplement à ce que montre son parcours. Il y a une semaine, il a remporté la Stanley Cup avec les Hurricanes et avec le seul coach qu’il a nommé depuis huit ans qu’il a racheté la franchise ». Aussi, « sur le contrat, tout se réglera tout seul en temps voulu » annonce-t-il, avant d’insister : « En ce qui me concerne, le contrat est signé et rangé dans un tiroir. »
Vivement donc que les choses sérieuses commencent à la rentrée pour Micah Nori, pour enfin mettre derrière lui cette polémique et parler basket et jeu.
« Une chose que vous allez très vite découvrir à mon sujet, c’est que je suis très humble et que je m’en fiche complètement. Franchement, ça ne m’inquiète pas. Je me fiche complètement de tout ce bruit autour de moi. Pour moi, c’est fini. Que 8 millions ou 100 000 personnes regardent cette conférence de presse, tout le monde s’en fout : ce qui intéresse, c’est ce qu’on va faire, comment on va avancer », écarte le technicien. « J’ai les outils pour réussir, on me les a donnés et c’est l’essentiel. Quand je parle d’opportunité, c’est ce que je retiens. J’entends ces discussions et c’est peut-être regrettable mais, en toute sincérité, ça ne me dérange pas du tout. »
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