Les commentaires accompagnent souvent les souvenirs des grands moments de l’histoire du sport. Et dans le monde de la NBA, le titre des Knicks restera forcément mémorable, après 53 ans d’attente. Il fallait donc bien choisir ses mots quand le buzzer final du Game 5 a sonné à San Antonio.
Commentateur sur ABC, Mike Breen a alors énoncé ceci : « C’est fini ! C’est fini ! Fans des Knicks, ce n’est pas un rêve ! Votre très longue attente touche à sa fin ! Allez-y, pleurez ! Après 53 ans, les Knicks sont enfin de nouveau champions NBA ! »
Pourquoi ces phrases et pas d’autres ? Il a répondu à The Athletic. « Cette phrase est venue de tous les fans à qui j’ai parlé. Ça a commencé il y a trois ou quatre saisons, quand on espérait que cette équipe pourrait vraiment remporter un titre. Ils disaient tous la même chose. ‘Si ça arrive un jour, je vais pleurer.’ Ils l’ont tous dit. Je me suis dit que c’était le bon moment pour leur faire savoir : ‘C’est normal de pleurer.’ Voilà d’où ça vient. »
Mike Breen a commenté les matchs des Knicks pendant plus de trois décennies et reste la voix des Finals depuis plus de vingt ans. Attaché de longue date à la franchise de New York, il se retrouvait dans une position unique, possiblement difficile à tenir, entre un professionnalisme à maintenir et une émotion forcément particulière.
L’équilibre parfait en professionnalisme et émotion
Joe Buck, commentateur pour le baseball, avait connu ça en 2006, avec le titre des Cardinals. Ses mots à l’époque sur les antennes de Fox ? « Pour la première fois depuis 1982, St. Louis remporte les World Series. » Une phrase factuelle mais plate, sans émotion, qui s’explique parce qu’il avait écouté les critiques sur sa supposée partialité. Il voulait montrer aux sceptiques qu’ils avaient tort : il est passé à côté de l’événement.
C’est pourquoi Joe Buck a pris son téléphone pour parler à Mike Breen avant les Finals et lui dire ceci : « Lâche-toi et rends justice aux fans des Knicks aussi. C’est leur moment à eux aussi. Alors ne sois pas si ‘impartial’ au point de ne pas oser t’enthousiasmer pour les Knicks. »
Il estimait être lui-même « tombé dans ce piège » alors qu’il a jugé son confrère « parfait » durant cette série face aux Spurs. Mike Breen dira d’ailleurs que les mots de Joe Buck l’ont « beaucoup aidé ».
Mike Breen a été impeccable avec ses fameux, voire légendaires, « Bang », autant réservés à Jalen Brunson qu’à Victor Wembanyama. Maintenant que le travail est fait, place aux larmes donc. « Pendant vingt ans, on pleurait pour d’autres raisons, non pas parce qu’on allait gagner le titre mais parce qu’on ne faisait pas les playoffs », se souvient-il. Mais comme il l’a parfaitement dit samedi soir, tout cela est désormais « terminé »…
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