Ses « Bang ! » font partie de l’histoire des Finals. Les Spurs s’en souviennent encore, eux qui ont vu le tir de Ray Allen, lors du Game 6 de 2013, devenir l’un des plus célèbres coups de poignard de l’histoire de la NBA. Mike Breen connaît donc mieux que personne le poids de ces moments, lui qui s’apprête à commenter les Finals pour la 21e saison consécutive, un record.
Mais cette édition 2026 aura une saveur différente. À partir de mercredi, le journaliste d’ESPN aura devant lui les Knicks, sa franchise de cœur, celle qu’il commente toute l’année sur l’antenne locale de MSG Network.
Comme plusieurs grandes voix de la NBA, Mike Breen partage en effet son temps entre l’antenne nationale et un diffuseur local. Sauf qu’il n’avait encore jamais eu l’occasion de commenter New York en finale NBA à la télévision. Il l’avait fait à la radio en 1994, lors de la finale perdue contre Houston, mais jamais dans ce rôle aussi exposé.
« Je vous mentirais si je vous disais que je ne ressens pas beaucoup d’émotion », a-t-il confié à NBC News. « Ce n’est pas seulement parce que je suis fan des Knicks depuis que je suis enfant. C’est aussi parce que j’ai commenté leurs matchs pendant plus de la moitié de ma vie. Donc quand vous voyez une équipe avoir l’occasion de faire quelque chose qu’elle n’a pas fait depuis si longtemps, forcément, il y a de l’émotion. »
Entre passion assumée et devoir de neutralité
Le sentiment est d’autant plus fort que Mike Breen a traversé, au micro, de longues années de frustration. Des saisons sans relief, des reconstructions interminables, des espoirs vite déçus. Bref, tout ce qui rend ce retour en finale encore plus fort pour un supporter new-yorkais.
« Quand vous avez traversé ce que cette équipe a traversé, une telle disette de titres, et surtout autant d’années de mauvais basket, c’est là qu’on comprend la beauté d’être fan », poursuit-il. « Si vous êtes un supporter passionné, vous allez connaître la détresse, vous allez être déçu tellement de fois. Mais tout cela en vaut la peine quand ça finit par payer. C’est ce qu’il y a de plus beau dans le sport : être autant attaché à une équipe que cela affecte votre humeur, votre façon de vous sentir. Et puis vous êtes récompensé par des années comme celle-ci. »
Enfant de la Grosse Pomme, Mike Breen a fait ses gammes à New York, des petites stations de radio locales jusqu’à son duo devenu culte avec Walt Frazier sur MSG Network. Mais avec ESPN, il devra évidemment conserver la distance exigée par une finale NBA, comme il le fait déjà lorsque les Knicks sont à l’affiche sur l’antenne nationale.
Pour trouver le bon équilibre, il pense notamment à Marv Albert, autre voix mythique des Knicks, ensuite devenue l’une des références nationales sur NBC puis TNT.
« Honnêtement, j’ai appris des meilleurs », explique Mike Breen. « Marv était la voix des Knicks. Il a commenté beaucoup de grands matchs contre les Bulls, le Heat ou les Pacers. Voir la façon dont il le faisait m’a énormément influencé. C’est comme ça que j’ai appris. »
À The Athletic, il insiste sur cette ligne de conduite : « Je voulais maintenir les standards qu’il avait fixés en matière de neutralité et de professionnalisme. »
Des « Bang ! » pour tout le monde
Reste que neutralité ne veut pas dire retenue. Mike Breen n’a pas l’intention de se censurer, ni de mettre de côté ses célèbres « Bang ! », ses « Way off ! » ou toutes ces expressions devenues familières aux fans NBA, quelle que soit leur équipe.
« Je ne vais pas retenir mes coups », a-t-il souri. « Je réfléchirais beaucoup trop si je commençais à penser à ce genre de choses pendant un match. »
C’est peut-être le meilleur résumé de ce qui l’attend : vivre intérieurement une finale pas comme les autres, tout en laissant parler l’instinct du commentateur. Reste désormais à savoir qui, de Jalen Brunson ou Victor Wembanyama, déclenchera le prochain « Bang ! » appelé à entrer dans la légende.
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