Victor Wembanyama est d’ordinaire un des joueurs les plus posés, froids et analytiques en conférence de presse. Mais quelques minutes après avoir vu sa dernière chance de croire encore au titre NBA s’envoler, la star des Spurs ne pouvait masquer sa déception et sa frustration. Le Français n’est pas parvenu à empêcher New York de clore la série à San Antonio, dans un nouveau match que les Texans ont pourtant eu en main un temps. De ce revers, une petite gifle 4-1, Wembanyama va avoir beaucoup de matière à réflexion.
L’intérieur tricolore ne s’en est pas caché, ce dénouement n’est pas à la hauteur de ses ambitions. Et il se met le premier en avant parmi les motifs d’insatisfaction. « On n’était pas prêt, je n’étais pas prêt à gagner une bague », a-t-il expliqué à la tribune. « C’est évident. En termes de volonté de bien faire, d’intensité, d’efforts, on était à un bon niveau, j’étais à un bon niveau. Mais l’expérience, c’est des erreurs. On ne manque pas de talent, on ne manque pas de capacités. On fait, je fais trop d’erreurs. »
Wembanyama a (encore) tiré la langue
Parti sur les chapeaux de roue avec un record de contres égalé sur une période lors d’un match des Finals (cinq à la mi-temps), Victor Wembanyama a semblé s’éteindre au fil du match et des minutes. La fatigue a sans doute joué avec 38 minutes de jeu, et seulement 53 secondes de repos dans le quatrième quart-temps, conclu à trois petits points à 1/5 au tir. Mais elle ne saurait être une excuse pour « Wemby », plutôt un axe de progression qui s’est fait particulièrement évident dans ces Finals. « Je vais travailler encore plus dur pour être plus ‘durable’, et surtout garder l’esprit frais, garder un contrôle sur le jeu tout le temps » a-t-il décrypté. « C’est ça qui est marquant chez Jalen Brunson par exemple. Cela ne part pas de mauvaises intentions, mais il y a trop de moments où je suis passif, trop de moments où je n’ai pas le contrôle sur le jeu que j’aimerais avoir. Et cela nous coûte. »
Victor Wembanyama a terminé le Game 5 avec 19 points, 14 rebonds et 5 contres. Mais aussi à 7/19 au tir, et surtout une amère déception sur le déroulé de la rencontre, à l’image de toute cette finale, où les Spurs ont compté jusqu’à 16 points d’avance.
« Cela me surprend que chaque match, les cinq de cette série, aient suivi le même scénario, que nous ayons été aussi constants dans nos erreurs, et eux à les punir » s’est-il agacé. « Une des choses que j’ai appris, c’est que la marge d’erreur est vraiment, vraiment mince. Nous les avons complètement dominé pendant la plupart de la série, mais nos erreurs nous ont punis tellement durement. Nous ne pouvons pas avoir des hauts et des bas autant comme ça. Les hauts, d’accord, mais les bas… C’est la raison pour laquelle nous avons perdu cette série. »
« Personnellement, ces 18 derniers mois ont été difficiles »
Des choses à apprendre, voilà ce qu’a noté Wembanyama parmi les principaux enseignements de ces deux dernières semaines. Pour sa troisième saison dans la ligue, il a conduit sa franchise aux Finals. Il reste désormais une marche, peut-être la plus haute et difficile, à gravir.
« C’est sans comparaison avec ce que j’ai pu vivre, c’est la plus grande leçon de ma vie, le plus grand moment d’apprentissage » a évoqué le défenseur de l’année. « Je ne peux pas dire exactement ce qu’est cette leçon, mais nous apprendrons de cela pour sûr. J’apprendrai plus qu’à n’importe quel moment dans ma vie. Cela a été une sacrée année en termes d’expérience. Je ne crois pas que nous aurions pu apprendre plus et gagner autant d’expérience dans une campagne de playoffs, et dans une saison. Personnellement, ces 18 derniers mois ont été difficiles et remplis de leçons. »
Les prochaines semaines seront focalisées à sortir grandi de cette saison et de ce parcours, sans passage par les Bleus pour mieux travailler dans son coin avant la reprise. Comme tant de légendes avant lui, Victor Wembanyama va devoir plancher sur sa patience.
« Cela fait mal, mais je ne vais pas fuir face à cela » a-t-il clamé. « Je vais utiliser cela comme moteur. Je suis sûr que tous ces gars (LeBron James, Michael Jordan ou Jerry West cités en question, ndlr) n’étaient pas satisfaits d’être éliminés lors des tours précédents, ou de ne pas se qualifier pour les playoffs. Et je ne suis pas satisfait de ne pas gagner. […] Ce qui m’énerve, c’est qu’il y a probablement une centaine de matchs avant que l’on puisse revenir en finale NBA. Je vais devoir garder cela en moi, me calmer, attendre et exécuter pendant cent matchs. »
La promesse d’un Victor Wembanyama revanchard et affamé à la rentrée, après avoir bien potassé.
| Victor Wembanyama | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2023-24 | SA | 71 | 29:40 | 46.5 | 32.5 | 79.6 | 2.3 | 8.4 | 10.6 | 3.9 | 2.2 | 1.2 | 3.7 | 3.6 | 21.4 |
| 2024-25 | SA | 46 | 33:12 | 47.6 | 35.2 | 83.6 | 1.8 | 9.2 | 11.0 | 3.7 | 2.3 | 1.1 | 3.2 | 3.8 | 24.3 |
| 2025-26 | SA | 64 | 29:09 | 51.2 | 34.9 | 82.7 | 2.0 | 9.5 | 11.5 | 3.1 | 2.4 | 1.0 | 2.4 | 3.1 | 25.0 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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