Interview Sylvain Francisco : « Je veux apporter ce dont l’équipe a besoin »

Equipe de France – Grand artisan de la victoire sur le fil des Bleus contre la Serbie, le nouveau meneur du Panathinaïkos a encore montré qu’il savait prendre ses responsabilités dans les moments chauds.

Sylvain FranciscoAuteur d’un très bon match à 20 points et 4 passes, avec plusieurs paniers importants dans le money time bouillant d’Orléans, Sylvain Francisco a confirmé qu’il était déjà en grande forme après sa magnifique saison au Zalgiris Kaunas. L’explosif meneur tricolore a été l’un des fers de lance du retour français dans la fin de match.

Une fin de rencontre chaotique, mais riche d’enseignements pour la suite de la préparation. Et surtout pour les matchs qui compteront vraiment, à partir de la semaine prochaine.

Sylvain, vous vous imposez ric-rac face à la Serbie. Quel est votre sentiment sur le résultat et sur la manière ?

On a tous vu ce qui s’est passé, c’était incroyable et un peu excessif. On a réussi à gagner, et un match gagné reste un match gagné. Mais le fait de perdre cet écart de 19 points… Après, avoir autant d’écart à la mi-temps, c’est toujours un piège. Ils ont commencé à nous rentrer dedans exprès, à être plus physiques pour ramener de l’intensité. En quatrième quart, on a réussi à faire des choses bien, mais on a été trop statiques, ce qui les a ramenés dans le match. On avait besoin de plus de rythme ! Les quatre fautes [sifflées contre nous] sur Jokic, c’est un peu trop…

L’équipe a été très maladroite à 3-points en deuxième mi-temps. Comment expliquez-vous ce déséquilibre par rapport à une bonne première mi-temps ?

Oui, je pense qu’à ce moment-là, on doit aller plus dans la raquette. On doit trouver des passes à l’intérieur pour faire bouger le ballon et fixer la défense. C’est ce que j’ai ramené à la fin, pour Amine et Timothé [ainsi qu’un alley-oop pour Rudy Gobert]. Il faut qu’on ait des «paint touches» pour créer des décalages. Si on reste trop sur la ligne à 3-points, n’importe quelle équipe peut arriver à nous contenir défensivement.

Une alerte à corriger avant les matchs qui comptent

Vous avez encore connu un gros trou d’air dans le troisième quart-temps, avec seulement 14 points marqués, et c’était déjà le cas à Belgrade avec 17. Que se passe-t-il dans les têtes selon vous ?

On doit travailler sur ça. On ne doit pas en faire un problème parce que, plus on y pense, plus ça arrive. On doit être plus durs sur l’homme. Même si on a 19, 15 ou 40 points d’avance, on doit toujours ramener de l’intensité et les faire défendre. (…) On savait qu’ils allaient monter en intensité. C’est tout le temps le cas. Ils nous ont mis des coups. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’ils nous ont choqués mais ils ont volontairement joué physique pour revenir. On a répondu mais on n’a pas marqué de paniers, en fait. Eux ont commencé à prendre plus de rebonds et à convertir ces stops en attaques. Cela devient difficile quand Jokic prend du rythme.

In fine, ce genre de fin de match n’est pas inutile dans une préparation…

Tout à fait, c’est une fin de match qu’on va revoir à la vidéo. C’est très intéressant pour les matchs à venir.

Individuellement, vous avez pris vos responsabilités quand le match commençait à vous glisser entre les doigts. Est-ce pour vous une manière de vous imposer dans le groupe ?

Ce n’est pas une question de ça. Dans tous les cas, je montre ce que j’ai à montrer. Je peux faire ça mais, en tant que meneur, je veux apporter ce dont l’équipe a besoin. Quand je suis sur le banc, je regarde ce qui se passe et ce dont l’équipe a besoin. C’est là où j’essaye d’appuyer pour trouver mes coéquipiers ou trouver des tirs.

Propos recueillis à Orléans

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Rédacteur Emmanuel Laurin

Journaliste à Basket USA depuis 2009, Emmanuel Laurin a été correspondant à Oklahoma City puis à Portland. Il a couvert de nombreux playoffs, Finales NBA, ainsi que la Summer League et le All Star Weekend, sans oublier l'Equipe de France depuis l'Euro 2015. Il a collaboré avec de nombreux magazines, dont Basket Le Mag, Total Basket, Maxi Basket, 5 Majeur ou encore le mag de la FFBB.

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