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Interview Ray Allen : quand Basket USA rencontre Jesus

Après avoir accueilli Chris Paul en 2010, le tournoi Quai 54 a choisi Ray Allen comme invité d’honneur de cette édition 2011.

A Paris pour la première fois de sa carrière, la star des Celtics était présente hier soir à la boutique House of Hoops de Châtelet pour répondre à la presse et rencontrer ses nombreux fans amassés devant le magasin.

Détendu et patient (nos confrères et nous-mêmes s’étant déplacés en nombre), celui que l’on surnomme « Jesus Shuttlesworth » depuis le film « He Got Game » a répondu à nos questions.

BUSA : Tu as inscrit 3341 3-points inscrits dans ta carrière NBA, en incluant les playoffs. Si tu devais en choisir trois qui t’ont marqué…

Ray Allen : Oh oui, c’est vrai que certains étaient pas mal. Mon record en carrière est de 54 points (ndlr. le 12 janvier 2007) lors d’un match contre Utah avec Seattle et j’inscris un trois-points contre Kirilenko, c’était Kirilenko je crois ou Okur (ndlr. il s’agissait en fait de Carlos Boozer), et ce tir nous envoie en prolongation avant qu’au final on gagne le match.

Le second,  ce serait celui contre Sacramento lors des playoffs, en 2005 ou 2006 je crois (ndlr. 4ème match du premier tour des playoffs 2005 où Allen inscrit 45 points, série remportée 4-1 par les Sonics qui s’inclineront au tour suivant face aux futurs champions, les San Antonio Spurs), et j’inscris le 3-points qui tue le match.

Le dernier c’était il y a deux ans contre Chicago, match 1 à Boston où je shoote au-dessus de Joakim Noah. C’était un gros tir, et il doit encore se demander comment j’ai pu le rentrer alors qu’il était juste devant moi. Moi-même je n’ai pas d’explication mais je fais juste en sorte de toujours être prêt dans ce type de situation.

BUSA : Tu es le meilleur tireur à 3-points en activité en NBA. Qui vois-tu comme possible successeur parmi les jeunes joueurs ?

R.A. : Ce n’est pas facile à dire. En fait c’est assez dur d’identifier un super shooter. On voit ceux qui ont une bonne technique mais le seul moyen de devenir un très bon shooteur, c’est d’arriver au moment où vous avez joué dans la ligue pendant des années, vous avez participé aux playoffs, vous avez rentré des tirs… On regarde des matchs, et à un moment on voit un joueur qui rentre un shoot, puis un autre jusqu’à avoir l’impression qu’il ne peut pas rater. Puis cela continue la saison suivante et là on se dit que l’on a affaire à un des meilleurs. Personnellement je ne me vois pas comme ça. Je pense juste au fait que je dois rentrer le shoot d’après, peu importe qui défend sur moi et que je sois en réussite ou non.

« Il y a moins de shooteurs qu’auparavant »

BUSA : Donc personne en particulier ?

R.A. : Si bien sûr, même s’il y en a surement moins que quand je suis arrivé dans la ligue. A l’époque plein de joueurs pouvaient shooter. Aujourd’hui des joueurs comme Kevin Durant, Jodie Meeks ou Mike Miller sont vraiment bons à cela. Ce qu’il faut comprendre c’est que la régularité au tir demande beaucoup d’entraînement et que cela vient seulement en passant énormément de temps au gymnase.

BUSA : Au sujet de cette année, vous êtes tombés sur une super équipe de Miami en playoffs. Qu’est-ce qui selon toi vous a manqué pour passer ce tour ?

R.A. : Ca m’attriste d’y penser, donc je n’ai pas trop envie d’en parler. Ce que je peux dire en revanche, c’est que je suis quelqu’un qui se nourrit des moments difficiles parce que ce sont toujours ceux qui me poussent plus haut. Quand je m’entraine et que je me prépare pour la saison, je pense à ces moments que je n’ai pas aimé et ça me donne à chaque fois l’énergie pour m’entrainer plus dur. Je cours plus, je répète plus mes exercices, j’exécute plus soigneusement ma routine et je m’améliore.

BUSA : Tu vas assister ce week-end au Quai 54. Est-ce que le streetball fait partie de ta préparation pendant l’intersaison ?

R.A. : Plus jeune je faisais beaucoup de streetball, j’adorais ça, que ce soit dans le jardin ou dans la rue. Y a tous ces dribbles dingues, ces shoots fous… Maintenant avec le temps, pendant l’été,  je cherche plus à m’entrainer en vue de préparer mon corps aux 82 matchs de la saison. En vieillissant, votre objectif est de durer, donc au début de l’été vous évitez en général de trop jouer au basket, mais quand j’étais plus jeune, j’allais à Rucker (ndlr. Rucker Park, playground mythique d’Harlem) pour jouer pendant 2-3 semaines, je participais à des pick-up games partout où j’en trouvais. Maintenant je ne peux plus me permettre ça et je dois être intelligent dans ma préparation.

BUSA : Dernière question, on a l’impression que tout le monde t’apprécie même ceux qui soutiennent une autre équipe. Comment expliques-tu une telle popularité ?

R.A. : Je pense d’abord que le fait de faire du basket ne fait pas de nous des gens meilleurs que les autres. On profite simplement de conditions qui nous réussissent et on doit essayer d’en tirer le maximum. Mes coéquipiers me rendent meilleurs et j’essaie d’en faire autant. Si j’ai l’opportunité d’aider quelqu’un à s’améliorer, qu’il soit dans mon équipe ou non, je le ferai.

Quand je regarde en arrière des joueurs comme Michael Jordan (ndlr. l’idole de Ray en grandissant), Larry Bird et tous ceux qui m’ont inspiré pour arriver où j’en suis aujourd’hui, qui m’ont donné la volonté et la motivation, je me dis que je dois donner la même chose aux jeunes qui regardent ou ceux contre qui je joue. Mon objectif a toujours été de faire en sorte qu’ils comprennent qu’il faut respecter le jeu et rester humble. Si les gens m’apprécient, c’est justement peut-être parce qu’ils ont le sentiment que je suis conscient d’être un privilégié.

Propos recueillis par Arnaud Lucotte
Photo : Keith Allison
Basket USA

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