Dans les couloirs du Moda Center, joueurs et membres du staff de Memphis ont été accueillis par une véritable haie d’honneur après leur victoire. Une célébration à la hauteur du début de saison inattendu des Grizzlies.
Avec cinq victoires en autant de rencontres, dont quatre de suite à l’extérieur, Memphis est désormais la seule équipe invaincue de NBA, puisque les Rockets ont mordu la poussière face aux Mavs. La franchise n’avait démarré une saison à 5-0 qu’une seule fois dans son histoire, en 2014/15. Cette année-là, elle avait terminé avec 55 victoires.
L’identité reste fidèle à la tradition locale, même si le fameux « Grit and Grind » a changé de visage. Cette équipe joue dur, frappe fort et maintient son intensité grâce à une rotation particulièrement profonde. Tuomas Iisalo utilise régulièrement onze joueurs et, face aux Blazers, aucun n’a dépassé les 28 minutes ni atteint les 20 points.
Une équipe sans vedette mais sans temps mort
Puisque Ja Morant évolue désormais à Portland, Jaren Jackson Jr. à Utah, Desmond Bane à Orlando et Dillon Brooks à Phoenix, Memphis a remplacé ses têtes d’affiche par un groupe jeune, physique et discipliné.
« Nous sommes meilleurs que ce que les gens pensent », estime en tout cas Cameron Boozer. « Ce début de saison montre notre dureté et notre esprit de compétition. »
Malgré ses 25 victoires, Memphis avait déjà montré quelques promesses la saison passée. Cedric Coward avait intégré le meilleur cinq des rookies, Jaylen Wells poursuivait sa progression et GG Jackson retrouvait peu à peu ses sensations. Les retours de Ty Jerome et Zach Edey, associés aux arrivées d’Isaiah Stewart et de Jerami Grant, ont changé la dimension de l’effectif.
« Même lorsque nous ne gagnions pas, nous restions dans les matchs », rappelle Ty Jerome. « Quand j’ai vu les joueurs ajoutés et les blessés revenir, je me suis dit que nous avions une bonne équipe. Les gens vont le découvrir. »
La grande force de Memphis réside justement dans cette profondeur. Sans véritable superstar autour de laquelle organiser toute son attaque, Tuomas Iisalo peut multiplier les associations et maintenir une intensité constante, sans demander à ses titulaires de porter seuls l’équipe. C’était déjà sa philosophie lorsqu’il coachait en Europe.
Cameron Boozer, déjà la voix du vestiaire
Cameron Boozer incarne déjà cette transformation. Face à Portland, le 3e choix de la dernière Draft a signé 18 points, 12 rebonds et 12 passes décisives, devenant à 19 ans le deuxième plus jeune joueur de l’histoire à réaliser un triple-double, derrière Josh Giddey.
Une performance d’autant plus remarquable qu’elle suivait deux rencontres conclues à 5/20 puis 4/12 au tir.
« Il montre sa capacité à continuer d’apprendre et de progresser pendant la saison », apprécie Tuomas Iisalo, qui avait accueilli son triple-double avec humour : « Il lui en aura fallu du temps… Déjà cinq matchs ! »
Plus que ses statistiques, Cameron Boozer impressionne par sa maturité et son autorité. Le rookie n’hésite déjà pas à reprendre ses coéquipiers lorsqu’ils refusent d’exploiter un avantage. Isaiah Stewart raconte ainsi avoir entendu le jeune intérieur lui demander d’aller punir un défenseur plus petit au poste bas.
« Nous pouvons tous nous parler et personne ne se vexe », souligne l’ex joueur des Pistons. « C’est important. »
Le camp d’entraînement le plus dur de leur vie
Cette intensité trouve son origine dans le camp organisé à Nashville. Tuomas Iisalo avait prévenu ses joueurs qu’il s’agirait probablement de la préparation la plus difficile de leur carrière.
« Il préfère que nous ayons les jambes fatiguées mais que nous soyons prêts, plutôt que frais sans être préparés », rapporte Isaiah Stewart. « Nous abordons chaque rencontre avec le sentiment d’être l’équipe la mieux préparée. »
Reste désormais à confirmer sur la durée, lorsque les adversaires auront davantage étudié ce nouveau Memphis. Mais après cinq matchs, les Grizzlies ont déjà montré qu’ils pouvaient gagner de différentes manières, sans dépendre des exploits d’un seul joueur.
Evidemment, le coach finlandais ne s’enflamme pas car tout peut très vite tourner en NBA, mais il apprécie cette capacité de son groupe à trouver des solutions différentes chaque soir. « Le mot que j’utilise est prometteur », résume-t-il. « Ce n’est que le début, mais ce groupe fait preuve de calme et de résilience. Nous trouvons toujours une réponse, avec des joueurs différents. Pour un entraîneur, c’est un sentiment incroyable. »
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