Après plusieurs mois de négociations, la NBA a officialisé ce lundi ses partenariats avec Kalshi et Polymarket, deux des principales plateformes américaines de marchés prédictifs.
Contrairement aux bookmakers traditionnels, ces plateformes permettent aux utilisateurs d’acheter et de revendre des contrats liés à la réalisation d’un événement. Un fonctionnement proche des marchés financiers, même si, dans le domaine sportif, le principe ressemble fortement à celui des paris classiques…
En devenant les partenaires privilégiés de la NBA, Kalshi et Polymarket pourront utiliser les logos des équipes, les données officielles de la ligue et promouvoir leurs services lors des retransmissions TV.
En échange, la NBA obtient un droit de regard sur les marchés proposés, ainsi qu’un accès aux informations permettant de repérer les transactions suspectes.
La NBA veut garder le contrôle
« Protéger l’intégrité de notre sport est notre priorité absolue », explique Scott Kaufman-Ross, responsable des partenariats et de la distribution des médias de la NBA, dans des propos rapportés par Front Office Sports.
« Avec le développement de ce secteur, nous pensons qu’il est important de travailler de manière constructive avec les régulateurs et les opérateurs pour garantir la mise en place de protections appropriées. »
La ligue a également conclu un accord avec la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), l’autorité fédérale américaine qui supervise ces marchés. Les joueurs et les employés des franchises ne pourront ainsi pas effectuer de transactions sur les événements NBA.
Ces accords interviennent alors que la NBA vient justement de restreindre plusieurs catégories de paris jugées trop faciles à manipuler, notamment ceux portant sur certaines actions individuelles ou les contre-performances de joueurs peu utilisés. Ces limitations devront également être respectées par Kalshi et Polymarket.
Un secteur en pleine bataille juridique
La démarche reste controversée. Aux États-Unis, plusieurs États, dont New York, contestent la légalité de ces marchés prédictifs sportifs, estimant qu’ils constituent des paris déguisés échappant aux réglementations locales.
La NBA ne souhaite pas prendre position dans ce conflit juridique. Elle préfère défendre une approche pragmatique : puisque les supporters utilisent déjà ces plateformes, autant collaborer avec elles pour surveiller les transactions.
« Nous pensons être mieux placés pour protéger nos rencontres en collaborant avec ces entreprises, en accédant à leurs données et en comprenant ce qui se passe sur leurs marchés, plutôt qu’en nous voilant la face », résume d’ailleurs Scott Kaufman-Ross auprès de The Athletic.
Reste un paradoxe : quelques jours après avoir lancé une campagne de sensibilisation aux dangers des paris sportifs, la NBA renforce encore ses liens commerciaux avec ce secteur. Une orientation qui contraste avec celle de Victor Wembanyama, qui a récemment assuré qu’il ne ferait jamais la promotion de telles plateformes.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur