Quand on a été entraîné par Mike D’Antoni, Gregg Popovich ou encore Larry Brown, difficile de désigner le meilleur. Boris Diaw s’y risque pourtant, en prenant soin de distinguer les qualités de chacun.
Invité du podcast Mauvaise Lang, l’ancien capitaine des Bleus a notamment été interrogé sur ses années à Charlotte, où il a évolué sous les ordres de Larry Brown.
« Quand j’arrive à Charlotte, la philosophie change du tout au tout (par rapport à Phoenix, ndlr), mais j’arrive quand même avec un génie du basket, Larry Brown, en coach. C’est vraiment un génie », explique-t-il. « Pour moi, c’est le coach qui, tactiquement, techniquement, était le meilleur que j’ai eu. »
Un avis d’autant plus marquant que les années Charlotte ne constituent pas vraiment la meilleure période de la carrière de Boris Diaw. Mais avec Larry Brown, les Bobcats avaient construit leur identité autour de la défense.
« Il voyait tout ce qui se passait sur le terrain »
« Larry Brown, sa philosophie, c’est ‘grit’, c’est dur et défense. Franchement, on est une des meilleures défenses en NBA. À la maison, on gagne pratiquement tous nos matchs. »
En 2009/10, Charlotte avait effectivement terminé avec la deuxième meilleure efficacité défensive de toute la NBA, remportant 44 matchs pour décrocher une place en playoffs. Où les Bobcats seront balayés par le Magic…
Boris Diaw garde même un souvenir amusé du petit rituel qui accompagnait les victoires à domicile. « Quand on gagnait les matchs à la maison, on allait à l’arrière avec les docteurs du club et on buvait un petit verre de vin. Donc du coup, on gagnait tous nos matchs à la maison ! » s’amuse-t-il ainsi.
Mais ce qui impressionnait surtout le Français était la capacité de Larry Brown à analyser instantanément tout ce qui se déroulait devant lui. « Larry Brown était incroyable parce qu’il voyait tout ce qui se passait sur le terrain. Pour moi, c’est ça vraiment la grosse différence. »
Une faculté qui sautait notamment aux yeux pendant les temps-morts.
« En NBA, les temps-morts durent trois minutes. Souvent, les deux premières minutes, les coaches se réunissent et discutent de ce qu’ils ont vu, puis l’entraîneur vient avec les joueurs pendant une minute. Larry Brown, lui, n’avait pas besoin de se réunir avec ses coaches. Il venait pendant trois minutes et il te parlait. »
Popovich « overall », D’Antoni en attaque, Brown en défense
Et avec une précision qui bluffait Boris Diaw.
« Sur la dernière action : toi tu étais là, toi tu n’étais pas au bon endroit, toi tu as fait ci, toi tu as fait ça. Déjà, il avait vu ce que les cinq joueurs faisaient. Puis il va te parler de l’action d’avant, puis de celle d’avant… Il va tout retenir et il va avoir tout vu, même pourquoi un gars n’a pas fait son box-out à l’opposé alors que ce n’est même pas sur la balle. Pour moi, c’est le seul qui arrivait à faire ça. »
Pour autant, Boris Diaw ne désigne pas Larry Brown comme le meilleur entraîneur tout court qu’il ait connu. Cette distinction revient à Gregg Popovich, avec lequel il a été champion NBA en 2014.
« Le meilleur « overall » (général), c’est Pop, parce qu’il était capable de tout faire à la fois : la gestion des joueurs, le management, la défense, l’attaque. Donc « overall », c’était vraiment lui le meilleur. »
Quant à Mike D’Antoni, son ancien entraîneur aux Suns ? « D’Antoni, c’était le meilleur offensivement. C’est un génie de l’attaque, pour mettre les joueurs dans les bonnes positions et savoir tirer le meilleur de chaque joueur. »
Et Larry Brown complète ce podium très personnel : « Larry Brown, défensivement, et surtout pour voir ce qui se passait sur le terrain… C’est une encyclopédie du basket. »
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