Quand Tyreke Evans débarque en NBA en 2009, personne ne sait vraiment où le placer. Meneur ? Arrière ? Ailier ? Avec son 1m98, ses longues enjambées et sa puissance balle en main, le quatrième choix de la Draft 2009 ne ressemble pas vraiment aux autres joueurs de son poste.
Avant même son premier match officiel dans la Grande Ligue, Don Nelson prévient : « Il a une très bonne maîtrise du ballon et il peut faire tout ce que lui demande Paul Westphal sur les postes 1, 2 et 3. » Stephen Jackson est tout aussi enthousiaste : « Ce n’est pas encore Chris Paul mais ce sera un tout bon. »
La suite leur donne totalement raison. Car pour sa première saison avec les Kings, Tyreke Evans tourne en effet à 20.1 points, 5.3 rebonds et 5.8 passes de moyenne. À l’époque, seuls trois rookies avaient terminé une saison à au moins 20 points, 5 rebonds et 5 passes : Oscar Robertson, Michael Jordan et LeBron James !
« Une des meilleures saisons rookie »
Sacramento transforme même la quête du fameux « 20-5-5 » en feuilleton de fin de saison. Tyreke Evans reconnaîtra toute la pression qu’il ressentait au moment de franchir la barre : « C’était le plus de pression que j’avais connue jusque-là. J’étais même plus nerveux que le soir de la Draft. »
Son entraîneur Paul Westphal n’a pourtant pas besoin de ce symbole statistique pour être convaincu. « Il a été le rookie le plus régulier que j’aie jamais côtoyé », assure-t-il. « Le 20-5-5, c’est simplement la cerise sur le gâteau. »
Tyreke Evans avait déjà réussi un triple-double face aux Raptors quelques semaines auparavant. Paul Westphal estimait alors que son jeune joueur avait « franchi différentes étapes qui ont permis de changer la culture de cette équipe » et ne voyait pas comment le trophée de Rookie de l’année pouvait lui échapper.
Il ne lui échappe effectivement pas. Dans une cuvée où figurent pourtant Stephen Curry, James Harden, DeMar DeRozan, Jrue Holiday ou encore Brandon Jennings, Tyreke Evans est élu Rookie of the Year 2010.
« Je suis extrêmement fier. Ce trophée, j’en rêve depuis que je suis tout gamin », explique-t-il au moment de recevoir la récompense. Le futur semble alors immense…
Le tir qui n’est jamais vraiment arrivé
Mais une phrase lâchée par Tyreke Evans au printemps 2010 résume aussi ce qui va rapidement devenir son problème : « Quand je reviendrai l’année prochaine, j’aurai un tir à mi-distance. »
Il n’arrivera jamais vraiment. Après 25.5% à 3-points lors de sa saison rookie, il ne transforme pas suffisamment son tir extérieur pour punir les défenses lorsqu’elles lui ferment l’accès au cercle. Et ses problèmes physiques commencent rapidement. Une aponévrosite plantaire au pied gauche perturbe notamment sa deuxième saison et lui fait manquer plusieurs semaines. Ses stats reculent : 17.8 points en 2010/11, puis 16.5 en 2011/12 et 15.2 en 2012/13.
Surtout, Sacramento ne sait plus très bien comment l’utiliser. Meneur lors de son arrivée, arrière ensuite, il est même décalé à l’aile lorsque Isaiah Thomas s’impose à la mène. Dès décembre 2010, on se demandait déjà si le « T-Rex » n’était pas « en voie de disparition ».
L’environnement ne l’aide pas davantage. En quatre saisons avec lui, les Kings ne gagnent jamais plus de 28 rencontres. Tyreke Evans quitte finalement la Californie en 2013, dans un « sign-and-trade », pour rejoindre les Pelicans avec un contrat de 44 millions de dollars sur quatre ans.
Une dernière renaissance à Memphis
À New Orleans, il retrouve par séquences le joueur capable de casser une défense sur un simple premier pas, mais les blessures au genou droit s’accumulent. Jamais All-Star, Tyreke Evans glisse progressivement du statut de potentiel « franchise player » à celui de joker offensif.
C’est finalement à Memphis, en 2017/18, qu’il offre un dernier aperçu de ce que sa carrière aurait pu devenir : 19.4 points, 5.1 rebonds et 5.2 passes de moyenne, avec près de 40% de réussite à 3-points. À tel point que les Grizzlies réclament alors un premier tour de Draft aux équipes intéressées par un échange.
Mais l’embellie ne dure qu’une saison. Après un exercice compliqué à Indiana, la NBA l’exclut en mai 2019 pour violation de son programme antidrogue. Autorisé à rejouer en 2022, il effectue des essais avec plusieurs franchises et rejoint le Wisconsin Herd en G-League, sans retrouver la NBA.
Au total, Tyreke Evans aura disputé 594 matches dans la Grande Ligue, pour 15.7 points, 4.6 rebonds et 4.8 passes de moyenne.
Une carrière finalement solide. Mais après cette première saison historique, la barre avait été placée beaucoup plus haut. À 20 ans, Tyreke Evans semblait pouvoir rejoindre Michael Jordan, LeBron James et Oscar Robertson, sur une trajectoire réservée aux futurs géants. Il avait en réalité déjà vécu la meilleure saison de sa carrière.
| Tyreke Evans | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2009-10 | SAC | 72 | 37 | 45.8 | 25.5 | 74.8 | 0.9 | 4.4 | 5.3 | 5.8 | 2.8 | 1.5 | 3.0 | 0.4 | 20.1 |
| 2010-11 | SAC | 57 | 37 | 40.9 | 29.1 | 77.1 | 0.8 | 4.0 | 4.8 | 5.6 | 2.5 | 1.5 | 3.2 | 0.5 | 17.8 |
| 2011-12 | SAC | 63 | 34 | 45.3 | 20.2 | 77.9 | 1.0 | 3.6 | 4.6 | 4.5 | 2.2 | 1.3 | 2.7 | 0.5 | 16.5 |
| 2012-13 | SAC | 65 | 31 | 47.8 | 33.8 | 77.5 | 0.9 | 3.6 | 4.4 | 3.5 | 2.1 | 1.4 | 2.0 | 0.4 | 15.2 |
| 2013-14 | NOP | 72 | 28 | 43.6 | 22.1 | 77.1 | 1.1 | 3.7 | 4.7 | 5.0 | 2.2 | 1.2 | 2.4 | 0.3 | 14.5 |
| 2014-15 | NOP | 79 | 34 | 44.7 | 30.4 | 69.4 | 1.0 | 4.2 | 5.3 | 6.6 | 2.5 | 1.3 | 3.1 | 0.5 | 16.6 |
| 2015-16 | NOP | 25 | 31 | 43.3 | 38.8 | 79.6 | 0.8 | 4.4 | 5.2 | 6.6 | 2.6 | 1.3 | 2.9 | 0.3 | 15.2 |
| 2016-17 * | All Teams | 40 | 20 | 40.5 | 35.6 | 75.0 | 0.3 | 3.1 | 3.4 | 3.1 | 1.5 | 0.9 | 1.5 | 0.2 | 10.3 |
| 2016-17 * | NOP | 26 | 18 | 40.1 | 30.0 | 77.6 | 0.2 | 3.1 | 3.3 | 3.5 | 1.6 | 0.9 | 1.5 | 0.2 | 9.5 |
| 2016-17 * | SAC | 14 | 23 | 41.3 | 43.8 | 70.6 | 0.5 | 3.1 | 3.6 | 2.4 | 1.4 | 0.9 | 1.6 | 0.4 | 11.6 |
| 2017-18 | MEM | 52 | 31 | 45.2 | 39.9 | 78.5 | 0.9 | 4.3 | 5.1 | 5.2 | 1.9 | 1.1 | 2.3 | 0.3 | 19.4 |
| 2018-19 | IND | 69 | 20 | 38.9 | 35.6 | 71.9 | 0.5 | 2.4 | 2.9 | 2.4 | 1.7 | 0.8 | 1.7 | 0.3 | 10.2 |
| Total | 594 | 31 | 44.0 | 32.3 | 75.7 | 0.8 | 3.7 | 4.6 | 4.8 | 2.2 | 1.2 | 2.5 | 0.4 | 15.7 | |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur