Interview Patrick Beverley : « La seule chose que j’ai toujours voulu, c’est gagner »

Betclic Élite – À la surprise générale, Patrick Beverley s’est engagé à Boulazac cet été, devenant par la même occasion l’un des CV les plus fournis de l’histoire du championnat de France.

Patrick BeverleyAprès Tony Snell l’été dernier, c’est Patrick Beverley qui a décidé de poser ses valises à Boulazac. Fort d’un parcours atypique, avec notamment une aventure écourtée en NCAA, un passage en Ukraine, puis plus de 700 matches disputés en NBA, le meneur dispose de l’un des CV les plus impressionnants de l’élite.

Connu pour sa langue bien pendue et sa défense acérée, nul doute qu’il saura se faire sa place en Betclic Élite. Une ligue relevée dans laquelle Boulazac, promu il y a un an, fait encore figure d’outsider. Un costume qui plaît d’ailleurs beaucoup au vétéran, habitué à le revêtir depuis ses débuts en pro.

Comment se passent vos premiers jours à Boulazac ?

La ville est géniale, les gens sont imprégnés de la culture basket. C’est une petite ville. La nourriture est très bonne. J’ai été superbement accueilli. Je suis très heureux d’avoir eu l’opportunité de venir à Boulazac. C’est l’occasion de faire quelque chose de spécial. D’emmener un petit club en playoffs et de lui permettre de gagner.

Que pensez-vous de la Betclic Élite ?

Ça va être dur, il y a beaucoup de très bonnes équipes ici. C’est une ligue très athlétique avec beaucoup de joueurs grands, qui sautent haut et courent vite. Ça va être un vrai défi. On a hâte d’y être avec mes coéquipiers.

Vous avez présenté Boulazac comme un outsider. Cela vous va bien ?

C’est la chose qui m’a motivé. De savoir que peu de personnes attendent grand-chose de nous et de leur donner tort.

Avez-vous parlé avec Tony Snell et Nicolas Batum ?

Tony Snell, non, Nicolas Batum, oui. Il m’a dit : « Hello Patrick, comment vas-tu ? » J’ai répondu que j’allais bien et que je comptais venir à Boulazac. Il m’a tout de suite dit que j’allais adorer. C’est tout ce que vous saurez. [Rires]

Quel rôle allez-vous occuper à Boulazac ? Celui d’un leader ?

Oui, à mon âge, ça sonne comme une évidence. Je veux avoir de l’impact sur les victoires, scorer, passer, prendre des rebonds et défendre. C’est ce qu’il faut faire pour être un leader. On doit se créer de bonnes habitudes, c’est ce qui nous permettra de pratiquer du bon basket. Je veux montrer à mes coéquipiers comment gagner, pas seulement les matches, mais comment gagner tous les jours.

« La meilleure décision que j’ai prise de toute ma vie »

Ce ne sera pas votre première expérience en France, puisque vous avez disputé le Final Four de l’Euroleague à Paris en 2010. Quels souvenirs gardez-vous de cette expérience ?

J’ai été le plus jeune Américain à jouer le Final Four. Je ne connaissais pas le basket européen depuis bien longtemps. Mais quand on voit ça, d’être encore aujourd’hui le plus jeune Américain à ce stade de la compétition, c’est un accomplissement immense. L’atmosphère était géniale. C’est là que je me suis fait une réputation de défenseur. J’ai défendu sur Ricky Rubio et c’est en partie ce qui m’a permis de signer en NBA.

Au début de votre carrière, votre passage en NCAA s’arrête brutalement et vous décidez de partir pour l’Ukraine. Qu’est-ce qui a motivé un choix si audacieux ?

Je voulais juste jouer chez les pros. Je voulais accélérer mon passage vers la NBA. Selon moi, c’était la meilleure décision que j’ai prise de toute ma vie.

En regardant en arrière, de l’Ukraine à la France, avec une très belle carrière en NBA, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Pouvoir encore jouer au basket à mon âge, c’est une bénédiction, de pouvoir continuer de jouer au plus haut niveau. Jouer dans un club comme Boulazac, c’est un très joli test. C’est ma seule raison de me lever le matin. L’héritage, c’est important pour moi. Si je peux continuer d’alimenter le mien en emmenant le club en playoffs, j’en serais très content.

Vous avez vous-même payé votre buy-out de 1,4 million de dollars pour rejoindre la NBA. À quel point était-ce important pour vous de rallier la Grande Ligue ?

Il faut courir après ses rêves. L’argent ne doit pas être un problème quand tu as ce genre d’objectifs. J’ai pris cette décision culottée en réfléchissant avec ma mère. Et ce fut encore une superbe décision dans ma carrière de basketteur.

Quel est votre meilleur souvenir en NBA ?

La première fois que mon coach m’a demandé de devenir son meneur titulaire à Houston. C’était vraiment un très grand jour pour moi. Depuis, c’est le rôle qui a rythmé ma carrière. J’ai eu de la chance.

Que pensez-vous des joueurs qui n’ont pas peur de montrer leurs émotions sur le parquet ?

J’en suis très fan. Le basket est un sport très émotionnel. Il y a tellement de hauts et de bas, c’est encore plus fort quand c’est positif. Plein de joueurs travaillent extrêmement dur l’été sur leur corps et leur esprit. Quand tu es dans une situation et une équipe pour laquelle tu as donné tout ce que tu avais et que tu vois que ça paye, c’est normal d’être ému.

Comment souhaitez-vous qu’on se rappelle du joueur que vous étiez ?

Quelqu’un qui est toujours parti de rien et qui en a fait quelque chose. Un coéquipier que tu aimes avoir dans ton équipe et un joueur que tu aimes coacher. La seule chose que j’ai toujours voulu, c’est gagner.

Propos recueillis à Roland-Garros

WhatsAppSuivez toute l'actualité NBA sur la chaîne WhatsApp de Basket USA

Google ActualitésSuivez nous également sur Google Actualités

Rédacteur de contenu Nicolas Bulach
Le fil info en direct
Commentaires
Forum (et HS)  |   +  |   Règles et contenus illicites  |