Pour Kevin Durant, les superstars internationales ont d’abord « appris des Américains »

Nikola Jokic, Shai Gilgeous-Alexander, Luka Doncic, Giannis Antetokounmpo… Les joueurs internationaux ont pris le pouvoir en NBA depuis plusieurs années.

durant wembyLe centre de gravité de la NBA s’est incontestablement déplacé au-delà des frontières américaines. Il suffit de regarder le palmarès du trophée de MVP, monopolisé par les joueurs internationaux depuis 2019 : Giannis Antetokounmpo, Nikola Jokic, Joel Embiid puis Shai Gilgeous-Alexander ont successivement raflé la récompense individuelle suprême. Depuis James Harden en 2018, aucun Américain ne l’a remporté !

Une domination qui se retrouve également dans les All-NBA Teams, et notamment dans le meilleur cinq de la saison. Depuis plusieurs années, les joueurs internationaux occupent une place prépondérante dans la All-NBA First Team, avec Nikola Jokic, Giannis Antetokounmpo, Luka Doncic, Shai Gilgeous-Alexander et désormais Victor Wembanyama.

À 37 ans, Kevin Durant reste l’un des derniers représentants de l’ancienne garde américaine au sommet de la hiérarchie. Pour l’ailier des Rockets, cette internationalisation du très haut niveau était inévitable.

« Le basket se joue partout dans le monde. C’est le but, développer le basket partout », rappelle-t-il. « Il était aussi temps que les joueurs internationaux deviennent les meilleurs de la ligue. Ils arrivent depuis les années 80, donc il est naturel que certains d’entre eux soient devenus les meilleurs. »

Mais Kevin Durant pose ensuite une autre question : qui a inspiré cette génération ? Pour le double champion NBA, l’explosion des stars internationales en NBA est aussi le fruit de plusieurs décennies d’influence américaine.

Une patte interationale

« Ce sont les Américains qui les ont influencés », poursuit-il. « C’est cool que certains aient gagné des trophées de MVP, mais qui regardaient-ils quand ils étaient jeunes ? Jokic, Porzingis, Shai… Ils portaient tous des maillots d’Iverson et imitaient ses crossovers. Ils essaient de jouer comme nous et ils ont réussi à le faire à leur façon. »

Kevin Durant prend notamment le cas de Shai Gilgeous-Alexander, Canadien de naissance mais formé dans le système américain. Avant la NBA, le meneur a évolué dans des lycées américains puis à Kentucky en NCAA.

« Est-ce que Shai Gilgeous-Alexander est un joueur international ? La majeure partie de son parcours pour devenir un joueur NBA s’est faite dans le système américain. Où est-il allé à l’université ? Où a-t-il joué au lycée ? »

Kevin Durant insiste néanmoins sur le fait que cette influence n’enlève rien au mérite individuel de ces joueurs.

« Il y a beaucoup de facteurs qui expliquent pourquoi ces gars en sont là aujourd’hui, et le principal mérite revient au travail qu’ils ont fourni. »

De la « Dream Team » à Luka Doncic

Pour Kevin Durant, le phénomène dépasse finalement l’opposition entre Américains et internationaux. Chaque génération construit son jeu en observant la précédente.

« Tout repose sur l’imitation. Qui regardez-vous ? Qui essayez-vous d’imiter sur le terrain ? C’est comme ça que tout le monde progresse. Qui ont-ils imité ? La Dream Team, les joueurs américains. Ils ont donc appris de nous, comme moi j’ai appris des joueurs américains. Ma génération a appris de celle qui la précédait. C’est une évolution naturelle. »

Et KD de prendre un dernier exemple avec Luka Doncic, dont le bagage technique s’est construit entre influences européennes et américaines.

« À qui Luka Doncic a-t-il emprunté ses mouvements ? Et finalement, ça n’a même pas d’importance. J’adore voir des gars vouloir ressembler à Luka Doncic ou Michael Jordan. Nous avons besoin de davantage d’inspirations venant de pays et d’environnements différents. Pourquoi pas ? »

Pour Kevin Durant, l’internationalisation actuelle de la NBA ne représente donc pas un recul du basket américain, mais plutôt l’aboutissement de son influence mondiale. « J’adore voir Luka, qui vient d’un autre pays, dribbler comme nous. Il apporte un peu de la culture du basket américain dans son pays, et ça aussi, j’aime beaucoup. »

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Coordinateur éditorial du site Fabrice Auclert

Depuis 1994, Fabrice encadre la rédaction de Basket USA. Editeur, il co-dirige une agence de presse qui fournit du contenu pour la presse spécialisée (sciences, sport, politique, high-tech, automobile...).

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