Joueur encore méconnu du grand public dans ce groupe France, Jaylen Hoard est bel et bien en train de s’y faire une place au soleil. L’ailier-fort du Maccabi Tel Aviv était à nouveau titulaire face à la Slovénie, en complément de Victor Wembanyama dans la raquette tricolore. Col bleu avant tout missionné en défense, à la Jim Bilba, Hoard accepte volontiers un rôle discret en attaque, tout en mettant de l’huile dans les rouages du collectif.
Jeudi soir, il a terminé avec 5 points, 8 rebonds et 3 passes, pour 11 d’évaluation en 19 minutes. Son 2/6 aux tirs, avec notamment un layup tout cuit manqué, lui laissait néanmoins quelques regrets. C’est ce qu’il nous a confié après la rencontre en zone mixte.
Jaylen, quelle était votre première réaction après cette belle victoire dans la chaude ambiance de Bercy ?
C’est un bon résultat dans une ambiance incroyable, avec la salle bien remplie. Bien commencer cette fenêtre était vraiment important pour nous après les matches difficiles contre la Serbie. (…) C’était trop bien de pouvoir rejouer ici. Le dernier match que j’avais fait ici, c’était contre l’Espagne l’année dernière en préparation et c’était incroyable. C’était encore le cas jeudi soir.
Individuellement, comment évaluez-vous votre prestation ?
J’ai bien commencé le match, j’aurais préféré mieux continuer, mais bon, ce n’est pas très grave, on a gagné et c’est l’essentiel. (…) Je me sens bien [dans le groupe]. De match en match, je progresse. Comme je disais, il y a encore des points à bosser, sur ma régularité aux tirs et sur certaines prises de décision. Par exemple, avec Victor, je lui envoie des passes dans les pieds ou au niveau du ventre alors que j’aurais dû l’envoyer en l’air sur un lob, mais ça va venir.
Cela fait maintenant deux matchs de suite que vous êtes titulaire aux côtés de Victor Wembanyama. Comment vous sentez-vous dans ce duo qui fonctionne déjà plutôt bien ?
Je me sens très bien. Il y a des choses que je dois améliorer, je ne suis pas habitué à jouer avec un gars comme lui. Il y a des choses à améliorer mais il y a aussi des choses que je fais bien, donc j’essaye de retirer le positif. Pour le négatif, on fait de la vidéo et on va continuer à progresser de match en match. (…) C’est un joueur unique, donc il faut forcément s’adapter mais c’est cool.
Fait assez rare en Equipe de France, vous allez enchaîner un quatrième match en deux semaines. Est-ce important de profiter au maximum de ce temps passé ensemble ?
C’est clair. On a pu développer notre cohésion et certains automatismes, c’est très important [pour la suite]. C’est la chance qu’on a d’avoir tous ces entraînements et ces matchs qui s’enchaînent. On va pouvoir continuer à construire et à avancer.
Dans cette perspective, affronter la Serbie avant la Slovénie et la Suède a-t-il été particulièrement utile ?
C’est toujours mieux de jouer des équipes fortes, ça te force à progresser et tu vois vraiment tes points faibles. C’est ce qu’on a vu l’autre jour à la vidéo. Et là je trouve qu’on s’est amélioré. On a mieux fait les choses [sur lesquelles on a travaillé].
A quel point est-ce difficile de construire ce collectif avec des fenêtres de qualification aussi espacées dans l’année ?
C’est clair que c’est difficile. Heureusement, avec les autres joueurs européens, on peut se retrouver plus souvent sur les fenêtres internationales. C’est déjà une bonne base. Après, l’été, il faut quand même réintégrer les joueurs NBA. Mais d’avoir les joueurs Euroleague ensemble, c’est déjà pas mal.
Pour revenir au match, est-ce toujours compliqué de rester impliqué et concentré quand l’avance monte jusqu’à 30 points ?
Fred nous a dit dans les vestiaires [à la mi-temps] qu’il fallait qu’on fasse un bien meilleur 3e quart-temps, parce que les matchs précédents, ce n’était pas trop le cas. Jeudi, ça s’est mieux passé. Je suis persuadé qu’on va jouer de mieux en mieux à chaque match.
Pour finir, comment abordez-vous ce dernier match de la fenêtre à Stockholm face à une Suède qui vient de battre la Finlande de Lauri Markkanen, avec 31 points de Pelle Larsson ?
Ce sera cool, je ne suis jamais allé [en Suède] donc le voyage sera intéressant [sourire]. On sait que c’est important de bien terminer cette fenêtre avant de rentrer dans nos clubs cette semaine. Il faut les respecter car toutes les équipes FIBA ont du talent. Il faudra aborder le match sérieusement et jouer comme jeudi.
Propos recueillis à l’AccorArena de Paris Bercy
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