Pourquoi les Celtics ne pouvaient pas garder Jaylen Brown

Le départ de Jaylen Brown pour Philadelphie a marqué la fin d’une époque à Boston. Brad Stevens assure pourtant que cette décision répondait à une logique devenue incontournable avec les nouvelles règles financières de la NBA.

jaylen brown brad stevens

Pourquoi se séparer de Jaylen Brown, encore dans son « prime », pour récupérer un Paul George plus âgé et désormais davantage considéré comme un lieutenant ? Depuis le transfert qui a envoyé Brown aux Sixers, la question accompagne forcément les Celtics.

Pour Brad Stevens, la réponse se trouve d’abord dans les nouvelles contraintes financières de la NBA. Boston savait depuis plusieurs saisons que son effectif extrêmement coûteux ne pourrait pas être conservé éternellement.

« Lorsque la ligue a adopté les règles des «aprons» il y a quatre ou cinq ans, en les introduisant progressivement, nous savions que notre fenêtre pour les dépasser correspondrait aux deux premières années », explique le président des Celtics.

Une stratégie qui a fonctionné puisque les Celtics ont accepté de payer très cher pour construire leur équipe et ont été récompensés par un titre NBA.

Mais rester durablement au-dessus des « aprons » aurait fini par considérablement limiter les possibilités de Brad Stevens.

Le problème n’était pas seulement financier

C’est d’ailleurs le point sur lequel le dirigeant insiste. Pour Boston, il ne s’agissait pas simplement d’économiser de l’argent.

« Les difficultés ne concernent pas la partie financière », explique-t-il. « Ce sont les limitations concernant les transferts, les problèmes liés aux futurs choix de Draft, etc. »

La saison passée, les Celtics avaient déjà commencé à démanteler une partie de leur équipe championne afin de réduire leur masse salariale. Puis la question de l’avenir de Jaylen Brown s’est posée.

Prolonger l’ailier aurait pu coûter jusqu’à 140 millions de dollars supplémentaires sur deux saisons. Une somme que Boston pouvait théoriquement payer, mais qui aurait continué à enfermer la franchise dans les contraintes du deuxième « apron ». Exactement comme le Thunder.

Avec un risque : disposer de deux superstars extrêmement coûteuses autour desquelles il deviendrait de plus en plus difficile de construire un effectif suffisamment profond. Or, Brad Stevens considère justement que l’évolution récente de la NBA a rendu cette profondeur indispensable.

« Il faut avoir un banc profond », poursuit-il. « Il faut rester sous un certain seuil et avoir le plus de bons joueurs possibles. Il faut donc vraiment être performant dans le choix des «role players», trouver des gars capables de continuer à progresser, mais également des joueurs plus âgés et plus accomplis qui sont prêts à accepter un rôle. »

Il a fallu convaincre le nouveau propriétaire…

Reste une autre question : Boston aurait-il pris la même décision si les Celtics avaient réalisé un nouveau long parcours en playoffs ? Probablement pas avec autant de certitudes.

La saison s’est terminée dès le premier tour face aux Sixers, avec surtout un scénario particulièrement douloureux puisque Boston a laissé échapper une avance de 3-1.

Alors que Jaylen Brown aurait déjà été proposé à plusieurs équipes durant les mois précédents, cet échec a pu définitivement convaincre les dirigeants que conserver le même noyau n’était plus forcément la meilleure solution.

Brad Stevens résume d’ailleurs sa réflexion avec une question. « Est-ce que ce que nous avons actuellement et ce que nous avons fait nous permettra d’arriver là où nous voulons finalement aller ? Si ce n’est pas le cas, est-ce qu’il est logique d’explorer d’autres chemins, même si cela peut être très difficile à court terme ? »

Même au sein de la franchise, abandonner le duo Jayson Tatum – Jaylen Brown n’était visiblement pas une décision évidente.

Le nouveau patron de la franchise, Bill Chisholm, supporter de Boston depuis son enfance, reconnaît avoir eu besoin d’être convaincu.

« Je crois vraiment que nous avons le meilleur front office de NBA et que c’est un avantage pour nous au quotidien », explique-t-il. « Nous avons les meilleurs cerveaux du basket et ils étaient convaincus par cette décision. Ils m’ont convaincu. Nous l’avons fait avec conviction. Maintenant, nous allons voir où cela nous mène, mais nous nous sentons bien avec cette décision. »

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Coordinateur éditorial du site Fabrice Auclert

Depuis 1994, Fabrice encadre la rédaction de Basket USA. Editeur, il co-dirige une agence de presse qui fournit du contenu pour la presse spécialisée (sciences, sport, politique, high-tech, automobile...).

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