La NBA va peut-être rapidement apprendre à connaître Meleek Thomas, le rookie des Cavaliers au sourire encore barré par un appareil dentaire. À quelques jours de ses 20 ans, l’arrière fait déjà sensation en Summer League.
Auteur de 20 points pour sa première sortie, vendredi face aux Pacers, Meleek Thomas a encore accéléré dimanche contre les Pistons : 30 points, 7 passes, 4 rebonds et 4 interceptions, malgré la défaite de Cleveland (103-94).
Les Cavaliers avaient fait de lui leur pari de la Draft. Un pari d’abord financier, puisque Cleveland avait échangé son premier tour avec Sacramento pour reculer jusqu’au 34e rang, mais également sportif, en lui offrant immédiatement un contrat garanti.
L’ancien d’Arkansas le leur rend bien en s’imposant comme le principal leader offensif de l’équipe à Las Vegas.
Face à Detroit, Meleek Thomas a également confirmé que sa confiance en lui ne risquait pas de lui faire défaut. Maladroit en première période, avec seulement quatre réussites sur ses onze premières tentatives, il n’a jamais cessé d’attaquer. Il a progressivement trouvé les failles de la défense des Pistons grâce à ses changements de rythme et à la variété de ses finitions.
Floaters, pénétrations tout en toucher, tirs extérieurs – il a terminé à 4/10 derrière l’arc après avoir approché les 42% en NCAA – le rookie a affiché un répertoire offensif déjà très complet.
Consultant pour Amazon Prime, John Wall l’a ainsi qualifié de « micro-ondes », capable de prendre feu en quelques possessions.
« C’est un scoreur, et il peut marquer de beaucoup de façons différentes », a souligné l’ancien meneur des Wizards.
John Calipari n’a jamais douté
Présent en tribunes pour suivre son ancien joueur, John Calipari n’a pas été surpris par cette explosion. Le coach d’Arkansas n’a jamais caché qu’il jugeait son protégé sous-estimé.
« Ce gamin, les gens sont passés à côté », a-t-il lancé alors que Meleek Thomas venait d’inscrire un panier à 3-points avec la faute.
« J’ai dit qu’il aurait dû être choisi au premier tour », lui a répondu John Wall, lui-même ancien joueur de Calipari à Kentucky.
« Il n’y a même pas de débat ! » a insisté le technicien. « Je suis toujours furieux que Cleveland ait échangé son premier tour. Mais qu’est-ce que vous faites ? »
Depuis leur saison commune chez les Razorbacks, John Calipari n’a cessé de nourrir la confiance de son joueur.
« Coach Cal me répétait tout le temps : ‘Tu as une vraie chance de faire de grandes choses. Continue sur cette voie et fais ce que tu as à faire’ », racontait Meleek Thomas lors de sa présentation, le 1er juillet. « Il me donnait de la confiance en tant que coach et j’avais déjà confiance en moi en tant que joueur. Cela m’a permis de savoir que j’allais y arriver. »
Une rotation extérieure déjà bien remplie
La route vers des minutes régulières sera pourtant encombrée à Cleveland. Les Cavaliers disposent d’un secteur extérieur particulièrement dense autour de Donovan Mitchell et d’un possible retour de James Harden.
Meleek Thomas devra également se faire une place au milieu de Dennis Schröder, Sam Merrill, Craig Porter Jr. et Tyrese Proctor. Ce dernier avait lui aussi brillé en Summer League en 2025, sans pour autant obtenir un rôle important durant la saison suivante, avec seulement 10,9 minutes de moyenne en 50 rencontres.
Mais Meleek Thomas marque déjà des points dans cette concurrence, et pas uniquement grâce à sa capacité à remplir la feuille de statistiques.
Sa maîtrise du tempo, ses décélérations et sa faculté à remettre soudainement de la vitesse en font également un créateur intéressant. Un registre qu’il avait moins eu l’occasion d’explorer en NCAA, où il partageait le « backcourt » d’Arkansas avec Darius Acuff Jr.
Face aux Pistons, l’arrière s’est ainsi transformé par séquences en véritable distributeur. Il a notamment délivré une passe inattendue au début du deuxième quart-temps, surprenant la défense de Detroit mais également son propre coéquipier, Jaxson Robinson.
« Je prends simplement ce que la défense m’offre », expliquait-il à la pause. « Je fais mes passes en fonction des rotations et de ce que je vois s’ouvrir. Je fais simplement confiance à mon instinct. »
Lowkey wild assist by Meleek Thomas pic.twitter.com/fjNBwNCyAd
— TJ’s Basketball Takes (@TJsBballTakes) July 12, 2026
« Je m’adapterai à ce qui est déjà en place »
Meleek Thomas s’est aussi montré actif défensivement, que ce soit par son pressing tout-terrain ou par sa lecture des lignes de passe. Une manière supplémentaire de convaincre Kenny Atkinson de lui faire une place dans sa rotation.
« À ce niveau, je me vois m’adapter, peu importe le poste auquel je dois évoluer », assurait-il lors de sa présentation. « Si c’est comme meneur, je pense pouvoir devenir un meneur très spécial en NBA. Si c’est comme arrière, je pense pouvoir être un arrière très spécial aussi. »
« Je m’adapterai à ce qui est déjà en place. J’ai des coéquipiers remarquables, par leur talent mais aussi par ce qu’ils sont en dehors du terrain. Peu importe ce que je peux faire pour aider l’équipe et avoir un impact sur la victoire, c’est ce que je ferai. »
La Summer League ne garantit évidemment rien pour la suite, mais Meleek Thomas a déjà réussi à attirer les regards. Avec son appareil dentaire, sa confiance débordante et surtout son talent.
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