Dans le tourbillon d’une année de basket, il devient parfois difficile de prendre du recul pour regarder dans le rétroviseur. Imaginez alors ce qu’ont vécu Yaxel Lendeborg et Morez Johnson.
Le 6 avril dernier, ils remportaient ensemble le titre NCAA avec Michigan. Trois mois plus tard, après des semaines d’entraînement, le stress de la Draft puis leurs premiers pas chez les professionnels, les voilà adversaires pour leur premier match dans la « grande » Summer League de Las Vegas. Et les deux intérieurs ont brillé, en terminant meilleurs joueurs de leur formation.
Le dernier mot est revenu à Yaxel Lendeborg, vainqueur avec les Warriors des Mavericks de son ancien coéquipier (101-90). L’ailier a poursuivi sur la lancée de ses premières sorties en Summer League californienne, organisée en partie par Golden State.
Il a fait étalage de toute sa polyvalence, qui pourrait rapidement rendre de précieux services à sa nouvelle formation. Adresse extérieure, jeu en transition, distribution… Yaxel Lendeborg était partout pour la franchise de la Baie et termine avec 21 points à 8/13 au tir, dont 2/4 à 3-points, 10 rebonds et 6 passes décisives.
Le rookie de 23 ans a également fait parler sa puissance, développée au cours de ses premières saisons universitaires aux postes 4 et 5, avant de glisser progressivement vers l’aile à Michigan.
« Tout n’est qu’une histoire de physique en NBA », a-t-il estimé au micro d’ESPN. « Je dois encore prendre quelques kilos de muscle pour apprendre à utiliser davantage cette puissance, mais j’ai clairement prévu de jouer plus physique, plus dur que ce que je fais déjà. »
Lendeborg face au « mur de briques » Johnson
Yaxel Lendeborg a notamment voulu se frotter à son ancien partenaire de vestiaire, Morez Johnson. Et cela ne s’est pas très bien terminé.
« J’ai essayé de le jouer en puissance », a-t-il souri après le match. « Cela n’a jamais marché à l’entraînement. Je ne sais pas pourquoi j’ai tenté en match, mais cela ne coûte rien d’essayer. Je ne l’ai pas bougé d’un centimètre. C’est comme si j’avais foncé dans un mur de briques. Mais c’était très amusant de jouer contre lui. »
« Nous parlons de ce moment depuis notre arrivée ensemble à Michigan », a insisté Yaxel Lendeborg au micro de SportsCenter sur ESPN, Morez Johnson juste à ses côtés. « À l’entraînement, il m’a régulièrement botté les fesses. Je voulais simplement essayer de surmonter ça, et je suis devenu bien meilleur grâce à lui. Je lui dois donc beaucoup pour tout ce qu’il a fait pour moi cette année. C’est incroyable de partager ce moment ensemble. »
« C’est complètement fou de s’affronter », a répliqué Morez Johnson. « On s’habitue à jouer avec quelqu’un pendant tellement longtemps, et devoir finalement l’affronter, c’est dingue. Je suis ravi d’avoir pu disputer mon premier match de Summer League contre mon frère. C’est quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie. »
Johnson frôle son record universitaire
Morez Johnson s’en souviendra peut-être d’autant mieux que, pour sa toute première sortie chez les professionnels, il est passé tout près de battre son record de points établi en NCAA.
L’intérieur a terminé avec 27 points, soit deux unités de moins que sa meilleure marque universitaire, à 12/17 au tir. Le tout accompagné d’une ligne de stats très complète : 8 rebonds, 3 passes, 3 interceptions et 2 contres.
« Ce n’était pas mal », a-t-il sobrement commenté. « Ça aurait été mieux si nous avions gagné, mais c’était cool. »
Même sous des maillots différents, les deux amis n’ont rien perdu de leur complicité. Ils ont notamment évoqué leur dîner, que Yaxel Lendeborg a déjà placé sur la note de Morez Johnson pour avoir été drafté avant lui.
Les deux hommes ont aussi profité de cette soirée sous l’œil de Dusty May, leur ancien entraîneur à Ann Arbor, désormais à la tête des Mavericks de Morez Johnson. Yaxel Lendeborg en a profité pour chambrer son ancien coach, assurant qu’il lui en « voulait » encore de ne pas l’avoir choisi avec le 9e choix de la dernière Draft, pendant que Morez Johnson lui tapotait l’épaule dans un mélange de réconfort et de provocation.
« Regardez ce mec, tout va beaucoup mieux pour lui parce que c’est le petit protégé », a lancé Yaxel Lendeborg. « Je pense que nous avons tous contribué à parts égales, mais Morez possède une personnalité assez unique. Il a conquis Dusty. Aday (Mara, choisi par le Thunder en 12e position) et moi avons fait de notre mieux, mais ‘Rez’ était son gars. »
Pour le plus grand bonheur des Mavericks. Autant que celui des Warriors, qui semblent avoir trouvé en Yaxel Lendeborg un profil aussi complet qu’attachant.
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