Il y avait Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar, Isiah Thomas, Pat Riley, Chuck Daly, les « Bad Boys » et toute la pression d’un Game 7 des Finals. Mais le 21 juin 1988, c’est James Worthy qui a pris toute la lumière.
Les Lakers sont champions en titre, mais ils avancent avec une cible dans le dos depuis un an. Lors de la parade de 1987, Pat Riley a promis un doublé. « Garantir un titre a été la meilleure chose que Pat ait faite », racontera Byron Scott. Pour lui, le message était simple : « Travailler plus dur, être meilleurs. »
Sauf que Detroit n’a rien d’un figurant. La bande d’Isiah Thomas a déjà poussé Los Angeles dans ses retranchements lors du Game 6, avec les 43 points du meneur des Pistons malgré une cheville abîmée. « Detroit était un animal différent », résumera James Worthy des années plus tard. « Ils étaient physiques et durs. »
Dans ce Game 7, les Lakers ont pourtant besoin d’autre chose que de Magic ou Kareem. James Worthy s’en charge. Il attaque, coupe, court, prend les rebonds et punit chaque retard défensif. L’ailier termine avec 36 points, 16 rebonds et 10 passes. Son premier triple-double en carrière. Le seul, même, en saison régulière comme en playoffs !
« Je voulais juste tout donner », confiera-t-il ensuite. « Je savais que j’allais avoir tout l’été pour me reposer. »
Los Angeles s’impose 108-105 et devient la première équipe depuis les Celtics de Bill Russell à conserver son titre. Magic Johnson ajoute 19 points et 14 passes, Byron Scott 21 points, mais le trophée de MVP des Finals revient logiquement à James Worthy, auteur de 22.0 points, 7.4 rebonds et 4.4 passes de moyenne sur la série.
Longtemps, il a vécu dans l’ombre de ses deux partenaires de légende. « J’étais la troisième roue », dira-t-il. Mais ce soir-là, la troisième roue a porté tout le carrosse et « Big Game James » n’a plus jamais dû expliquer son surnom.
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