Le premier panier des Spurs au Madison Square Garden a donné le ton : Victor Wembanyama au alley-oop ! Ce n’était pas seulement une question d’agressivité retrouvée, mais aussi une question de géométrie.
Lors des deux premières manches, New York avait ainsi souvent réussi à densifier sa raquette au bon moment. Dès que Victor Wembanyama posait l’écran puis plongeait en direction du cercle, l’aide de l’opposé pouvait venir « tagger » sa course, couper la ligne de passe ou obliger le Français à recevoir la balle plus loin du cercle.
Fixer l’aide côté faible
L’objectif des Spurs était d’empêcher l’aide de venir s’interposer dans la course du Français. San Antonio a donc souvent modifié la géométrie de son attaque, en plaçant davantage ses joueurs vers la ligne de fond.
Mitch Johnson l’a résumé à sa manière en évoquant l’importance de Devin Vassell et Julian Champagnie dans ces configurations : « Ces gars apportent beaucoup d’espace à Victor, qui génère de la gravité à sa façon. » Le coach des Spurs parle de puzzle pour chaque cinq majeur ou rotation, mais dans ce cas précis, le puzzle avait un but plutôt simple : donner à Victor Wembanyama une piste d’atterrissage.
Côté Knicks, Josh Hart a reconnu le problème. « Quand Wemby roule vers le cercle, il amène beaucoup de monde avec lui », a-t-il expliqué, avant d’ajouter que New York devait « mieux contrôler le ballon » en amont et empêcher Stephon Castle et Dylan Harper d’arriver dans la raquette.
Car le changement des Spurs ne s’est pas limité à Victor Wembanyama. Stephon Castle et Dylan Harper ont aussi attaqué franchement le premier rideau, en visant clairement, et de façon répétée, Jalen Brunson.
Des tirs beaucoup plus rentables
Victor Wembanyama n’a toutefois pas présenté cela comme une grande découverte. « Le but est toujours d’aller à l’intérieur », a-t-il d’ailleurs rappelé. « Le meilleur tir du basket, c’est un alley-oop. Mais les équipes ne vous laissent pas faire. » La différence, au Game 3, c’est que San Antonio a mieux empêché New York de l’interdire.
La différence ne s’est d’ailleurs pas seulement vue dans l’adresse brute. Après deux premiers matchs à 17/42 aux tirs en cumulé, soit 45% d’eFG%, Victor Wembanyama est monté à 11/18 dans le Game 3, avec un eFG% de 67%. Surtout, 22 de ses 32 points sont venus au cercle ou sur la ligne des lancers-francs, avec un 7/9 près du panier. Résultat : il n’a ainsi pris que 22% de ses tirs à 3-points, contre 36% sur les deux premiers matchs…
Rien n’est évidemment figé. Les Knicks vont ajuster, peut-être en reculant davantage sur Stephon Castle et Dylan Harper ou en changeant leurs lignes d’aides. Mais les Spurs posent de vraies questions à New York : comment protéger la peinture sans libérer les shooteurs, et comment aider sur Victor Wembanyama sans se découvrir ?
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