Le gros orage qui s’est abattu sur San Antonio au petit matin du Game 2 s’est transformé en douche froide en fin de journée, après la deuxième victoire des Knicks au Frost Bank Center pour débuter ces NBA Finals. Avoir éliminé le champion en titre lors de la finale de conférence Ouest devait cimenter le début de l’ère Wembanyama.
C’était écrit. Tout était sous contrôle… avant que New York n’en décide autrement. Cette nuit, le bon début de match de San Antonio a été effacé en quelques minutes.
En fin de deuxième quart-temps, une action a ainsi symbolisé la domination des Knicks. Altruistes et précis, les joueurs de Mike Brown ont déroulé leur système. Ils ont forcé Victor Wembanyama à défendre un pick-and-roll, avant d’utiliser contre lui la stratégie des Spurs, qui consiste à vouloir le garder près du cercle.
Les Knicks font courir Wemby
Les quatre autres Spurs ont multiplié les sprints et les changements de direction pour effectuer leurs rotations défensives. Victor Wembanyama a tenté de combler les trous alors que les 24 secondes s’égrainaient à leur avantage.
Les Knicks savaient exactement quoi faire une fois leur adversaire en retard : attaque de cercle, passe à l’extérieur. Nouvelle attaque de cercle, nouvelle passe, encore et encore, jusqu’à trouver Mikal Bridges à 3-points dans le corner. L’ailier a pris son tir juste avant le buzzer des 24 secondes. Swish.
« On sait ce qu’on doit faire », nous disait Mohammed Diawara dans le vestiaire après la rencontre. « Il faut fatiguer Wemby. Il faut le faire courir, il faut être physique avec lui, il faut lui faire faire le plus de mouvements possibles sur le terrain. Tout le monde le cible, mais ses coéquipiers doivent aussi redoubler d’efforts et on essaie de prendre ça à notre avantage. »
Ce genre de séquence s’est répétée à de nombreuses reprises dans ce Game 2. Dans leur vestiaire, les Spurs ont une citation du réformateur et journaliste Jacob Riis, symbolisant leur approche : « Regardez le tailleur de pierre frapper son rocher cent fois sans qu’une seule fissure n’apparaisse. Pourtant, au cent-unième coup, la pierre se fendra en deux, et je sais que ce n’est pas ce dernier coup qui a tout fait, mais tous ceux qui l’ont précédé. »
C’est exactement ce que les Knicks leur ont infligé.
« On n’a jamais eu le contrôle du match, on a couru après le match toute la soirée. Ils ont mis des tirs vraiment difficiles, parfois à la fin des 24 secondes, et je pense que ça nous a affectés mentalement », concédait Mitch Johnson. « Comme lors du Game 1, nous nous sommes éloignés de notre identité de jeu. »
Direction l’enfer du Madison Square Garden
New York est méthodique dans son approche depuis le début de la série, et même depuis le début des playoffs. C’est la raison pour laquelle les Knicks ont désormais remporté 13 matchs de suite. À l’inverse, les Spurs oscillent.
Ils ont joué comme ils le voulaient dans le premier quart-temps, marquant 18 points dans la raquette. Ils ont déjoué par la suite, n’en inscrivant que 30 lors des trois dernières périodes.
« Nous n’avons pas été assez constants dans notre façon d’exécuter notre plan », déplorait l’entraîneur des Spurs.
Le contraste entre les deux équipes a continué après la rencontre. Malgré leur victoire, le vestiaire des Knicks était calme. Leurs propos mesurés.
« On a montré un peu d’excitation à la fin du match après le tir raté de Wemby parce que la pression est redescendue. Une fois dans le vestiaire, on est passé à autre chose », nous confirmait Mohamed Diawara. « On sait qu’il en reste encore deux à aller chercher donc on reste concentrés. On sait quel est l’objectif et on célébrera à la fin, quand on sera champions. »
Côté Spurs, le vestiaire a vite fermé ses portes. La recherche de solutions avant le Game 3 était sur toutes les lèvres.
« Ce n’est pas la première fois qu’on voit ce genre de stratégie contre Victor et contre nous. On doit trouver une solution », disait De’Aaron Fox. « Entre KAT, la façon dont ils font vivre la balle et le fait qu’ils peuvent tous tirer de loin… On doit trouver comment contrer ça. »
« Nous n’avons pas été à notre niveau lors de ces deux premiers matchs », résumait simplement Mitch Johnson. « New York joue mieux que nous et ils ont réussi à nous mettre mal à l’aise. Si on retrouve notre identité, ça ira. »
Les Spurs ont donc trois jours pour trouver une parade aux Knicks, mais aussi aux près de 20 000 fans qui les attendent avec impatience au Madison Square Garden. Pour couronner le tout, aucune équipe ayant perdu les deux premiers matchs des NBA Finals à domicile n’est ensuite revenue remporter le titre…
Propos recueillis à San Antonio.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur