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Roman de l’été : Kobe Bryant, « Showboat » (5)

Qui se cache derrière Kobe Bryant ? Vous le découvrirez avec la biographie de Roland Lazenby dont Basket USA vous propose de larges extraits pendant tout l’été.

C’est désormais une tradition sur Basket USA : chaque été et chaque hiver, nous vous proposons la lecture de larges extraits d’un ouvrage de basket, soit pour vous distraire sur la plage (comme en ce moment), soit pour occuper les longues soirées au coin du feu.

Après Phil Jackson, Michael Jordan, Larry Bird, Magic Johnson, Allen Iverson et la « Dream Team », nous vous proposons de nous attaquer à un autre monument : Kobe Bryant, quintuple champion NBA qui a pris sa retraite il y a trois ans et qui attend toujours que les Lakers lui donnent un successeur.

Ce livre, « Showboat », est signé Roland Lazenby, l’auteur qui a rédigé la biographie fleuve de Michael Jordan.

Bonne lecture !

Première partie – Deuxième partie – Troisième partie – Quatrième partie

La Salle a pris un très bon départ en novembre 1973 et Mo Howard s’est dit qu’il fallait qu’il aille voir jouer les Explorers d’urgence (à cette époque d’avant le câble et les multiples retransmissions, les matches de La Salle n’étaient pas souvent diffusés à la télé). Howard a constaté que Paul Westhead ne semblait pas savoir où se trouvaient les freins et que de toute façon, il n’avait aucunement l’intention de les utiliser. Son équipe jouait à fond tout le temps, le style parfait pour Jelly Bean.

« C’était tout « JB ». C’était comme ça qu’il jouait, s’est souvenu Howard. Pour que ce soit une grande équipe, Joey devait faire ce qu’il savait faire. Westhead ne l’a jamais bridé. La Salle mettait une grosse pression, tout terrain, trois-quarts de terrain. Ils jouaient très vite parce que Joey courait comme un meneur. Souvent, il prenait le centre dans les contre-attaques. » Cette saison-là, le « Big Five » de Philadelphie était un terrain d’expérimentation pour les coaches de NBA avec Chuck Daly à Penn, Jack McKinney à Saint Joseph’s, Don Casey à Temple et Paul Westhead à La Salle. Le seul coach du « Big Five » qui ne soit pas monté en NBA est Rollie Massimino (qui œuvrait à Villanova). Cependant, celui-ci trônerait par la suite, pendant des décennies, parmi les meilleurs coaches universitaires. Bryant a fait de son mieux pour produire une bonne performance devant chacun d’entre eux.

Jelly Bean Bryant prend feu

Il a tourné à 18.7 points de moyenne et dominé le « Big Five » au rebond avec 10.8 prises par match durant cette première saison. « Big Joe » assistait à toutes les rencontres à domicile. La saison suivante, Jelly Bean a augmenté ces chiffres, les faisant passer à 20 points et 11 rebonds par match. « La poursuite de nos objectifs pour la saison prochaine passe par la maîtrise de l’immense talent de notre prodigieux géant », annonçait en préambule l’une des publications des étudiants de La Salle.

La deuxième saison universitaire de Bryant a été riche d’exploits : une victoire contre la puissante Clemson, de l’Atlantic Coast Conference ; un bouleversement de l’ordre hiérarchique par une victoire contre Alabama, classée 6e, pour remporter le tournoi des vacances, le Sugar Bowl Classic (et ce, grâce à une claquette de Bryant en toute fin de match) ; ses 34 points contre Memphis State et son tir de la gagne contre l’équipe de Penn de Chuck Daly.

A un moment dans la saison, La Salle s’est hissée à la 11e place des votes nationaux. En 1975, après avoir mené les Explorers à un bilan de 22 victoires pour 7 défaites et à un titre de champion de la saison régulière, Bryant et ses coéquipiers Bill Taylor et Charlie Wise ont été nommés dans la All-Big Five First Team (1). Mais à cette époque, le tournoi NCAA n’accordait que très rarement des places de rattrapage. La seule façon d’y participer était de gagner le tournoi de sa conférence.

C’est à cette occasion que Jelly Bean a laissé à Paul Westhead un souvenir très fort. « Les matches pour le titre de champion de la conférence se jouaient à Lafayette College, s’est souvenu Westhead. Nous arrivons en finale. Si on gagne, on va au tournoi NCAA. Nous sommes en finale contre Lafayette College. Il reste deux minutes à jouer et nous sommes devant, je dirais de 7 points. Joe Bryant intercepte une balle et part au panier pour un lay-up sans défenseur qui nous mettrait à plus 9. Il arrive dans la raquette et saute aussi haut qu’il peut. Il écrase un dunk et se retourne avec un grand sourire. A cette époque, le dunk n’était pas autorisé dans le basket universitaire. Il était illégal. » Les arbitres lui ont immédiatement sifflé une faute technique. Ils ont annulé le panier puis accordé à Lafayette deux lancers francs et la possession. Toujours tout sourire, Bryant s’est approché du banc et a dit à Westhead : « Coach, il fallait que je le fasse. » « Donc, une avance de 7 points se réduit à 4 points, me rappelle Westhead quarante ans plus tard, avec encore des signes d’incrédulité dans la voix. J’étais sidéré. Je ne peux pas dire que j’ai sauté de joie et que je lui ai tapé dans le dos en lui disant : « Joe, t’es mon gars ! » Je ne lui ai pas crié dessus. J’étais en état de choc. Il savait exactement ce qu’il faisait. Et je pense qu’il s’était probablement dit : « J’ai attendu toute l’année de pouvoir le faire et nous allons gagner ce match, donc, qu’est-ce que j’attends ? » » Pour Westhead, cet instant résumait la carrière de Jelly Bean. « Dans ce match, il a score environ une vingtaine de points et a pris plein de rebonds, m’a énuméré le coach. Je le vois encore interceptant ce ballon et filant au panier, avec personne devant lui. »

Douche froide contre Syracuse

La Salle s’est accrochée à la victoire et a été opposée, au premier tour, à l’équipe très en vue de Syracuse, à la Palestra, à Philadelphie. Joe Bryant a fait un match époustouflant mais il a raté le tir de la gagne à trois secondes de la fin et les Explorers ont perdu en prolongation. Syracuse est allée au Final Four.

Après la saison, Jelly Bean a annoncé qu’il se trouvait en difficultés financières et qu’il allait se présenter à la draft NBA au printemps. Paul Westhead a compris que le temps était venu. « Rétrospectivement, Joe Bryant était le premier meneur de 2,06 m d’Amérique, m’a dit le coach. Mais à cette époque, personne n’envisageait que les joueurs de cette taille puissent jouer meneurs ou qu’ils soient des manieurs de ballon. En fait, beaucoup de ceux qui ont vu jouer Joe pensaient qu’il avait trop d’énergie, qu’il faisait trop de choses, qu’il devait modérer son jeu pour se caler dans le rôle d’un ailier et ne pas se comporter comme un meneur. » Westhead a entendu cette critique de la part de recruteurs et d’autres coaches mais il n’était pas d’accord. Pour lui, ce Jelly mince comme un haricot avait une puissance qui devait s’exprimer. Et il savait que son meilleur joueur était prêt pour le basket professionnel. Avec l’adoration de tout le public de Philly qui résonnait dans ses oreilles, Joe Bryant était sûr qu’il était sur le chemin de la gloire. Qu’il puisse en être autrement était une pensée qui n’avait même pas effleuré son esprit.

Chapitre 4 – Pam et Jelly

C’est dans ses années passées à La Salle que Joe Bryant est tombé sous le charme d’une impressionnante jeune femme sculpturale nommée Pam Cox, au grand dam du père de cette dernière. « Pam Cox aurait pu être avocate ou quelque chose comme ça, m’a indiqué John Smallwood, chroniqueur sportif depuis de longues années au « Philadelphie Daily News ». Au lieu de cela, elle s’est acoquinée avec le fantasque Joe Bryant. » Cela résumait plutôt bien l’opinion de son père, John Cox II. Il ne supportait pas l’idée que sa fille fréquente Jelly Bean. Les membres de la famille se rappellent l’avoir entendu se demander comment ce gars pourrait assumer le style de vie auquel elle avait été habituée. « Elle aurait pu faire tout ce qu’elle voulait, a reconnu Dick Weiss. Elle avait l’allure d’un mannequin, c’était une fille magnifique. Je suis sûr que son père s’attendait à ce qu’elle épouse un docteur ou un avocat. Il n’a jamais pensé qu’elle pourrait se marier à un basketteur pro de Southwest Philadelphie. » Cependant, leur union ferait fusionner deux patrimoines génétiques très propices à la pratique du basket. Le frère de Pam, John Arthur Cox III, surnommé Chubby, était un meneur lycéen All-American qui jouerait plus tard à l’université de Villanova et à l’université de San Francisco. Et Joe faisait déjà son trou en NBA. Pourtant, ni Joe, ni Chubby n’avaient la personnalité qui ferait de Kobe Bryant l’un des plus grands basketteurs de tous les temps. « Le tueur, enfin, la tueuse, c’était Pam Cox, mon gars, m’a confié Mo Howard en souriant, une opinion inlassablement répétée par les amis du couple. C’est une femme magnifique mais il y a en elle une facette de tueuse à sang froid. »

La maman de Kobe aime l’ordre et la discipline Pam Cox avait également une discipline personnelle hors du commun, un autre trait de caractère clé qu’elle transmettrait à son fils. « C’est la seule qui ait réussi à faire marcher Joe à la baguette, m’a dit Vontez Simpson. Joe est comme un grand enfant. On était obligés de l’aimer. » Certains de leurs amis m’ont dit qu’il n’y avait aucune coïncidence dans le fait que le coach de Bryant l’ait trouvé plus discipliné et concentré pendant son année junior (2), une fois qu’il a été en couple avec Pam. Paul Westhead a souri à l’évocation de cette idée. « Parce qu’il a commencé à la fréquenter, vous pensez qu’il a arrêté les passes dans le dos ?, m’a demandé le coach. Non, je n’ai pas relevé ça. Je plaisante. J’ai su, quand je l’ai rencontrée, qu’elle était une bonne personne et donc, qu’elle allait lui apporter beaucoup. » Pour certains observateurs, un tel couple semblait improbable. Tout d’abord, leurs familles étaient très différentes. Alors que les Bryant étaient arrivés relativement tard dans la ville (des réfugiés de Géorgie qui s’étaient immédiatement retrouvés dans une situation financière très tendue), les Cox étaient une vieille famille de Philadelphie. Le genre de famille dont les mariages et les autres événements sociaux étaient commentés dans les pages du « Philadelphie Tribune », l’un des plus anciens journaux afro-américains du pays.

John Cox premier du nom, qui s’était marié en 1933, était un pilier de la paroisse St. Ignatius, une institution de la vieille école de West Philadelphie qui avait été tenue par des immigrés allemands depuis sa fondation dans les années 1890. Cox s’était également investi dans la paroisse Saint-Sauveur, une paroisse de tradition catholique qui avait été fondée en 1924 pour les Afro-Américains de West Philly. Mais la population germanophone de cette aire géographique a connu un net déclin et en 1928, la congrégation blanche de St. Ignatius s’est rapprochée de celle de Saint-Sauveur pour fusionner.

Après cette fusion, St. Ignatius a grandi pour devenir une paroisse importante avec des objectifs ambitieux, dont une école et une crèche. John Cox Senior est devenu le gérant de la friperie de St. Ignatius, dont les profits étaient redirions vers la crèche et d’autres projets. Dans les années 1950, la friperie était si prospère – et si bien gérée par Cox – que la paroisse n’a pas eu besoin de fonds extérieurs de l’archidiocèse de Philadelphie, comme l’a rapporté le « Tribune ».

L’afflux de migrants afro-américains a créé des tensions sociales et raciales dans la ville pendant des décennies mais St. Ignatius agissait comme un facteur d’intégration face à ces conflits. Une illustration de ce fait est apparue en 1956 quand, des années après avoir été « oublié », John Arthur Cox Senior a finalement été l’un des premiers Noirs admis chez les Chevaliers de Colomb, une association caritative catholique.

Le manque d’intégration au sein de cette branche locale a longtemps été un sujet de débat dans la congrégation, bien que Cox en ait minimisé la portée dans une interview au « Tribune », en professant un optimisme constructif : « Il n’est pas difficile de rejoindre l’association ou d’y rester, a-t-il déclaré en parlant des Chevaliers de Colomb. Nous savons qu’il y a de l’animosité dans le coeur de certaines personnes mais elle est battue en brèche chaque jour. »

L’armée puis les pompiers

Son fils, John Arthur Cox Junior, attira l’attention à la fin des années 1940 et au début des années 1950 pour ses exploits de boxeur. Et aussi en jouant au basket au sein d’équipes de la communauté. Mais c’était une époque où les opportunités restaient très limitées pour les jeunes Noirs. Au lieu d’aller à l’université, le jeune Cox est parti à l’armée.

En 1953, c’était un soldat de 20 ans qui était rentré à la maison pour se marier rapidement à Mildred Williams, une beauté de 17 ans, au cours d’une messe qui eut lieu à St. Ignatius à 7h30 du matin, a rapporté le « Tribune ». Le mariage a été célébré tellement vite qu’il n’y a même pas eu de réception. Le couple a prononcé ses vœux lors de la cérémonie du petit-déjeuner et le soldat Cox est reparti en toute hâte pour l’Alaska, afin de servir dans la police militaire.

John Arthur « Chubby » Cox III serait leur premier enfant, très vite suivi par sa sœur Pam. Une fois son service militaire accompli, John Cox II est rentré à Philadelphie et il a commencé une carrière de pompier, au moment où cette institution était confrontée aux premières et difficiles années d’intégration raciale. Il gravirait les échelons pendant les pénibles années de l’administration Rizzo pour devenir l’un des tout premiers lieutenants noirs, ce qui n’était pas un mince exploit. Il portait en lui cette dureté de Philly.

« M. Cox, c’était un gars de la ville, m’a expliqué Mo Howard. Il avait grandi à West Philly. Il n’était pas né avec une cuillère en argent dans la bouche ni aucun truc dans le genre. Lui et sa femme, ils ont construit un certain standing pour Pam et Chub. Quand j’ai rencontré Chubby et Pam pour la première fois, ils vivaient à Fairmount Park, qui est le plus grand parc urbain du monde. Avoir une maison près de Fairmount Park, c’est une sacrée réussite, particulièrement pour des Noirs. » Cette zone urbaine, familièrement connue sous le nom de Parkside, marquait une profonde différence par rapport au quartier de West Philly où John Cox avait grandi. « C’était bien mieux, a poursuivi Howard. Je pense que pour M. et Mme Cox, le fait de grandir là-bas leur a donné la détermination et la motivation dont ils avaient besoin pour réussir comme ils l’ont fait. »

Le papa de Pam est décrit comme dur et condescendant John Cox a été décrit comme un homme dur, souvent condescendant, de nature conflictuelle, même au sein de sa propre famille. Gail Williams, très proche de Mildred Williams Cox, a écrit un récit fictif sur la famille d’une star du basket. Celui-ci dressait un portrait peu flatteur des personnages représentant Pam Cox et son père. En interview, des amis de la famille ont confirmé certains aspects problématiques des personnalités du père et de la fille. Mais beaucoup de connaissances ont aussi parlé des qualités très louables qui venaient les compenser.

Une curiosité dans leur histoire : « Big Joe » Bryant, un homme aux moyens très limités, a été très souvent mentionné et photographié dans les journaux locaux, tandis que John Arthur Cox II – un homme d’un certain accomplissement et d’un certain rang dans le corps des pompiers – n’a semble-t-il jamais été cité ni photographié, alors qu’il était le parent d’un fils, d’un beau-fils et d’un petit-fils de renom. C’était comme s’il avait soigneusement évité d’apparaître en public.

John Cox n’a sans doute pas apprécié de voir sa fille se mettre en ménage avec Jelly Bean mais cette union durerait des décennies et « produirait » trois enfants qui connaîtraient une très grande réussite. L’histoire personnelle de Pam et Jelly deviendrait un élément central et déterminant de la vie de leur célèbre fils, de sa tendre enfance à l’intense conflit qui marquerait plus tard leurs vies.

Pam s’est rappelé que ses premiers souvenirs de Joe remontaient à quand il était enfant, parce que leurs grands-parents étaient voisins. A l’époque, Jelly Bean n’était certainement pas quelqu’un qui l’intéressait, a-t-elle déclaré à un journaliste. « Joe a toujours connu Pam par l’intermédiaire de Chubby », m’a expliqué Gilbert Saunders. Son frère et Joe Bryant avaient des personnalités agréables et un immense talent. Jelly et Chubby s’appréciaient et voyaient le monde de la même manière quand ils étaient jeunes joueurs. Chubby avait une classe de retard sur Jelly Bean et Mo Howard à l’école. Ils étaient souvent en compétition contre lui et avec lui, aussi. « Le truc de Chubby, c’était : « Je veux être aussi bon que vous, les gars. Tout ce que vous faites, je veux le faire. » Pour faire ça, tu dois mettre des paniers, mon gars. Joey avait l’une des moyennes les plus hautes en Public League ; Chubby était juste derrière lui au scoring et il était une classe derrière nous. Chubby était un très, très bon joueur », m’a relaté Howard.

Il jouait avec une confiance affirmée. Des années plus tard, Howard a vu le jeune Kobe Bryant et ça lui a rappelé le frère de Pam. « Au début de sa carrière, Kobe avait ce « swag » de Chubby Cox », a ajouté Howard. Le truc inhabituel qui semblait attirer l’attention de tout le monde, c’était combien Pam prenait soin de son frère. « A ses yeux, Chubby était un véritable petit saint », s’est souvenu Vontez Simpson.

Des chouchous constamment choyés par leurs familles Avec le temps, il est devenu clair que Chubby Cox était gâté par ses parents et sa sœur, au point que son père a appelé Sonny Hill à la rescousse pour l’aider à gérer la situation. « La famille Cox me l’a amené, m’a raconté Sonny Hill. Chubby venait d’une famille issue d’une classe sociale aisée. C’était un enfant gâté et sa famille est venue me l’apporter dans ma ligue. Je suis devenu un élément très important dans la vie de Chubby en termes de structure, de discipline et de basket. » Ce n’était pas seulement le swag et le style que Chubby Cox avait en commun avec son neveu Kobe : ils étaient tous les deux des chouchous, constamment choyés par les membres de leurs familles. Chubby et Pam ont commencé à se fréquenter à Philadelphie, au lycée Overbrook. Mais la famille a élu domicile sur la Main Line, en périphérie de Parkside, donc Pam et Chubby ont dû aller au lycée Roxborough, une école avec un historique basket en dents de scie, où Chubby a pu d’emblée devenir une star.

Les Cox achetèrent un pavillon de banlieue qui avait autrefois appartenu à Mohamed Ali. C’était une maison de standing, avec une piscine et un poolhouse, une propriété que la famille pouvait s’offrir grâce à la position de John Cox chez les pompiers et au poste de sa femme, Mildred, au gouvernement fédéral. « Les Cox étaient des gens qui travaillaient dur. Ils ont pu offrir à leurs enfants un mode de vie élevé, a observé Howard. Ils ne pensaient pas être meilleurs que d’autres. Ils se comportaient de la même façon avec tout le monde. Quand je les ai rencontrés, ils gagnaient bien leur vie. » Certains pensaient que la maison de Chubby et sa séduisante sœur étaient une attraction pour Jelly Bean, au point qu’il trouvait fréquemment le temps de rendre visite aux Cox. Cependant, Mo ne partage pas ce point de vue : « Je ne pense pas que le succès matériel attirait Joey. Joey était le même gars, qu’il soit riche ou pauvre. Leur maison avait tous les équipements qu’on pouvait imaginer. Et Joey faisait avec, vous voyez ? Ces choses-là ne définissaient pas qui il était. » Dans le même temps, M. Cox avait acquis la réputation d’être quelqu’un qui n’aimait pas que des gens se réunissent chez lui et nagent dans sa piscine. Il n’y avait pas que la piscine que John Cox surveillait. « M. Cox ne voulait pas que des gens viennent dans sa maison pour dîner avec la famille et fréquenter sa fille », m’a confié Gilbert Saunders.

« Joe était un diamant brut que Pam a poli »

Pam Cox elle-même a rappelé un jour que ses sentiments pour Jelly Bean étaient apparus un soir où l’équipe de son frère, Villanova, jouait à La Salle. Les familles étaient dans des camps opposés. Quand elle s’est levée pour aller saluer « Big Joe » Bryant, elle s’est aperçue que Jelly Bean se dirigeait dans la direction opposée pour dire bonjour à ses parents à elle. Ça a été un moment clé, a-t-elle reconnu plus tard.

Pam suivait des études brillantes à l’université de Pittsburgh. Elle est brusquement partie à Villanova avant le début de sa troisième année. Elle a dit plus tard que Joe n’était pas la raison pour laquelle elle était retournée à Philadelphie. Le simple fait qu’elle ait dû expliquer cela nourrissait davantage de questions, sans parler des inquiétudes de son père.

A l’époque, Jelly Bean réussissait très bien à La Salle mais pour les observateurs extérieurs, il partait un peu dans tous les sens. « Joe était un diamant brut, m’a précisé Gilbert Saunders. Pam l’a poli. JB n’était pas le choix numéro un de son père. Quoi qu’il en soit, il acceptait d’être poli. Pam l’a poli. Pam s’est affirmée en devenant sa femme. » A un moment donné, Jelly et Pam ont décidé d’emménager ensemble dans un appartement. « Ils vivaient dans un petit appartement minuscule à Germantown alors qu’elle aurait pu rester dans la maison luxueuse de ses parents sur City Line Avenue, a ajouté Saunders. Elle l’aimait suffisamment pour l’accepter comme il était, sans se préoccuper de ce que son père pouvait penser. » La tension est un peu retombée quand Jelly Bean a été drafté en NBA, au premier tour (14e choix, par Golden State, au mois de juin). Les Warriors venaient de gagner le titre et ils étaient coaches par Al Attles, un meneur à fort tempérament qui avait été pro chez les anciens Philadelphie Warriors, avec Wilt Chamberlain. Cela semblait être l’endroit parfait pour Jelly Bean, le meilleur spot où démarrer sa carrière.

La famille Bryant était aux anges et Al Attles dirait plus tard qu’il était très enthousiaste à l’idée de coacher Joe Bryant. Mais apparemment, les discussions de l’équipe avec l’agent Richie Phillips ne se sont pas bien passées. Les Warriors envisageaient une rémunération d’environ 100 000 dollars (3) par an. Ce n’était pas ce que souhaitait Phillips.

Alors que l’été arrivait, les Californiens étaient restés étrangement silencieux à propos du contrat. Durant cette période d’incertitude, Pam et Joe se sont mariés. Très vite, leurs amis ont appris qu’elle était enceinte. « On aurait dit qu’ils n’étaient ensemble que depuis une minute, s’est souvenu Vontez Simpson. Les choses sont arrivées très vite… » Pendant des décennies, les mariages de la famille Cox avaient été des événements très formels, tous détaillés dans les pages sociétales du « Tribune ». Pam et Jelly Bean, eux, se sont mariés discrètement chez Virgil Davis, un ami qui vivait à West Philly. Ça a été un petit événement, non relayé par une annonce payante dans le « Tribune ».

  1. La All-Big Five First Team est une sélection, par un panel, du meilleur cinq parmi les joueurs des universités faisant partie du « Big Five ».
  2. Etudiant en troisième année à l’université.
  3. Environ 85 000 euros.

A suivre…

Paru chez le même éditeur

Phil Jackson, « Un coach, onze titres NBA » (14 mai 2014)

Roland Lazenby, « Michael Jordan, The Life » (17 juin 2015)

Jack McCallum, « Dream Team » (8 juin 2016)

Kent Babb, « Allen Iverson, Not a game » (9 novembre 2016)

Jackie MacMullan, « Larry Bird-Magic Johnson, quand le jeu était à nous » (31 mai 2017)

Julien Müller et Anthony Saliou, « Top 50 : Les légendes de la NBA » (10 octobre 2018)

Marcus Thompson II, « Stephen Curry, Golden » (31 octobre 2018)

Julien Müller et Elvis Roquand, « Petit quiz basket » (28 novembre 2018)

George Eddy, « Mon histoire avec la NBA » (6 mars 2019)

Jackie MacMullan, « Shaq sans filtre » (3 juillet 2019)

Talent Editions : http://www.talenteditions.fr

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