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Steve Kerr dévoile les secrets de la philosophie offensive de Golden State

Dans une NBA souvent décrite comme une ligue de copieurs, où les entraineurs s’inspirent des systèmes mis en place par leurs collègues, ou comme une ligue pauvre tactiquement, l’attaque de Golden State est unique en son genre.

D’après NBA.com, la saison dernière, 70.5% des paniers marqués par les Warriors sont arrivés après une passe décisive (la moyenne NBA était à 57.9%), soit la plus haute marque des treize dernières années et la cinquième depuis 1957 ! C’est ce jeu de passes, pourtant encore perfectible, qui leur a permis d’établir la meilleure évaluation (113.2) et le meilleur pourcentage de réussite effectif* (56.3%) de l’histoire de la ligue.

Steve Kerr s’est récemment confié sur la genèse de son attaque et, sans surprise, on retrouve les influences des entraineurs qu’il a côtoyés pendant sa carrière de joueur et de GM.

« Alors à TNT, et deux ans avant de devenir coach, je me suis mis à construire une bibliothèque vidéo d’actions qui me plaisaient. Je suis arrivé à mon premier camp d’entrainement avec ces ressources mais également avec les concepts que j’ai appris pendant ma carrière, » explique-t-il à nos confrères de BBallBreakdown, avant d’entrer les détails. « Les coupes que nous faisons quand la balle est au poste viennent du triangle de Phil Jackson et de Tex Winter, le mouvement côté faible vient de Gregg Popovich, on joue aussi beaucoup de systèmes venant d’Alvin Gentry et de Mike D’Antoni quand ils étaient à Phoenix, on a aussi des éléments de la « corner » attaque d’Adelman. On a créé une attaque hybride à partir de tous ces concepts et petit à petit c’est devenu notre identité. »

Mouvement, rythme, et spacing sont donc les fondations de cette attaque, mais pour mettre en place un tel système, Steve Kerr avait besoin d’un effectif rempli de créateurs. Là où la plupart des équipes doivent se contenter de deux ou trois joueurs capables de créer pour les autres, les Warriors ont eux le luxe d’en posséder le double, et ça va de Stephen Curry à Draymond Green, en passant par Andre Iguodala ou encore Shaun Livingston.

Le mouvement des joueurs et de la balle préféré au classique pick-and-roll

Cette richesse se traduit dans les chiffres. Alors que la NBA est dominée par le pick & roll, Golden State verse dans l’excès inverse et maximise les qualités de son effectif pour dérouler ce que Kobe Bryant avait appelé la « démocratie dorée« .

« La saison dernière, nous étions derniers en NBA en terme de volume de pick & roll joués, et la raison principale vient du nombre de créateurs et de passeurs que nous avons dans l’effectif, » confirme Steve Kerr. « C’est une force de pouvoir inclure tout le monde dans votre attaque. Chez nous, tout le monde peut toucher la balle, couper, bouger, passer. On pourrait mettre KD et Steph dans le pick & roll sur chaque action mais les trois autres joueurs resteraient statiques dans le corner. Ça saperait le moral et l’énergie des autres joueurs. On veut que David West puisse distribuer le jeu depuis la ligne des lancers, on veut que Livingston ou Iguodala puissent avoir la balle en main. Ce genre de participation vous donne une force collective qui affecte votre défense, votre énergie et bien d’autres choses. »

Les Warriors délivrent dix passes décisives secondaires (la passe précédant la passes décisive) par match, loin devant le reste de la NBA. Cet altruisme leur permet de générer des tirs plus faciles que leur adversaires, et quand des joueurs de la trempe de Stephen Curry ou Kevin Durant se retrouvent ouverts, la sanction est sans appel.

Des bases à répéter sans cesse

En passant du Thunder et d’un système basé sur l’isolation à celui de Golden State, Kevin Durant a ainsi vu son pourcentage de catch & shoot passé de 36% à 46%. La saison dernière, le MVP des finales affichait une réussite effective sur ce genre de tir de 63.7%, le plaçant dans le top 10 des joueurs avec au moins 200 tentatives.

Stephen Curry faisait lui encore mieux. Avec une marque à 67.6%, il se classait quatrième du même classement, bénéficiant d’une passe décisive sur plus de la moitié de ses paniers marqués. C’est, sans surprise, le plus haut ratio de tous les meneurs NBA.

Si tout semble facile pour les Warriors, Steve Kerr souligne un travail de tous les jours pour arriver à ce genre de finalité.

« Plus que tout, notre but est d’inculquer, de remémorer des principes simples à nos joueurs. Pousser la balle en transition pour trouver un tir ouvert. Si ce n’est pas possible, nous voulons du mouvement, nous voulons mettre la balle au poste et couper, bouger, et se faire des écrans, » résume-t-il. « On travaille sur ça tous les jours sans exception car c’est ce qui fait ce que nous sommes. »

*Le pourcentage de réussite effectif est une statistique qui prend en compte la valeur ajoutée du tir à trois points alors que le pourcentage de réussite classique attribuent la même valeur à tous les paniers.
Pourcentage de réussite effectif = (paniers marqués + paniers marqués à 3pts X 0,5) / nombre de tentatives de tirs
Pourcentage de réussite classique = (paniers marqués / nombre de tentatives de tirs).
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