En échangeant Ja Morant à Portland puis en chamboulant une grande partie de son effectif, Memphis lançait une vraie reconstruction. Six rencontres plus tard, les Grizzlies sont pourtant la dernière équipe invaincue de NBA.
Si Cameron Boozer incarne l’avenir de la franchise, Jerami Grant et Isaiah Stewart lui apportent l’expérience et la dureté nécessaires. Tous les deux arrivés cet été, le premier dans l’échange impliquant Ja Morant, le second en provenance de Detroit, ils se sont immédiatement intégrés au collectif de Tuomas Iisalo.
Face aux Kings, les deux recrues ont encore joué un rôle majeur dans la démonstration de Memphis (136-105). Isaiah Stewart a signé son meilleur match de la saison avec 24 points en seulement 21 minutes, à 8/9 aux tirs, tandis que Jerami Grant a ajouté 14 points et 2 contres. De quoi largement contribuer aux 81 points inscrits par le banc.
Une liberté offensive nouvelle pour Isaiah Stewart
Surtout réputé pour son activité, sa défense et son goût du combat pendant ses six saisons à Detroit, Isaiah Stewart découvre à Memphis une liberté offensive qu’il n’avait encore jamais vraiment connue.
« C’est vraiment la première fois de ma carrière que j’ai un entraîneur qui me pousse à apporter autant en attaque », explique-t-il. « Il m’avait prévenu que ce serait la saison durant laquelle j’en ferais le plus en attaque. Il me donne de l’énergie, de la liberté et de la confiance. »
Face à Sacramento, « Beef Stew » a parfaitement répondu à cette confiance. Il a sanctionné près du cercle, provoqué des fautes et même inscrit deux de ses trois tentatives à 3-points. Mais son influence est d’abord restée conforme à son ADN : imposer une présence physique et contribuer à limiter Domantas Sabonis à 11 points.
« Tout commence par la défense », rappelle-t-il. « Quand nous faisons le travail de ce côté du terrain, ça se traduit en attaque. Nous obtenons des stops, nous partons en transition et nous pouvons jouer notre ‘murderball’. »
Jerami Grant, l’expérience au service du collectif
Jerami Grant aurait lui aussi pu rechigner à sortir du banc après avoir été titulaire pendant l’essentiel de sa carrière. Habitué à disposer de davantage de responsabilités offensives à Portland, l’ancien Blazer a pour le moment bien accepté de se fondre dans une rotation particulièrement profonde.
Son rôle est différent de celui de Stewart, mais tout aussi précieux. Capable de défendre sur plusieurs postes, de sanctionner à l’extérieur ou de créer son propre tir, il offre à Tuomas Iisalo une solution supplémentaire sans avoir besoin de monopoliser le ballon. Surtout, son expérience permet d’encadrer un groupe largement renouvelé, dans lequel les jeunes joueurs occupent une place importante.
« Nous faisons simplement ce que nous sommes censés faire », résume-t-il. « Il faut rester constants et conserver le bon état d’esprit. C’est ce que le staff nous répète. »
Cette capacité à accepter des responsabilités différentes de celles qu’ils occupaient auparavant constitue justement l’une des forces des nouveaux Grizzlies. Malgré ce départ historique, certes aidé par un calendrier tout de même relativement clément, Isaiah Stewart refuse cependant de regarder trop loin.
« Nous ne pouvons pas nous installer dans le confort », prévient-il. « Nous n’avons encore rien accompli. » Une prudence parfaitement raccord avec le discours de Tuomas Iisalo.
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