Si certains doutent encore de l’engouement que peut susciter le sport féminin, ils auraient dû venir au Chase Center samedi après-midi. Dans une salle à guichets fermés, les Golden State Valkyries et l’Atlanta Dream se sont ainsi livré une bataille de tous les instants, dominée par deux défenses à l’intensité décuplée.
Et les comparaisons avec la NBA sont clairement à l’avantage de la ligue féminine. Les Valkyries et les Warriors évoluent en effet dans la même enceinte, mais l’atmosphère y est bien différente. Lorsque Stephen Curry et ses coéquipiers jouent, l’ambiance accompagne généralement le scénario de la rencontre, avec ses hauts et ses bas. Quand les joueuses de Natalie Nakase entrent sur le terrain, le Chase Center se transforme en « Ballhalla ».
Une forteresse où les Valkyries ont remporté 17 de leurs 22 rencontres de saison régulière, puis leurs quatre matchs de playoffs à domicile.
Un rugissement venu des tribunes
Les 18 000 personnes présentes au Chase Center, samedi après-midi à San Francisco, étaient prêtes à en découdre plus de 25 minutes avant le début du match. Vêtus de violet, les supporters des Valkyries étaient déjà debout, répondant à l’appel lancé par Natalie Nakase quelques jours plus tôt.
« Quand je suis dans mon match, je fais abstraction de tout le reste, mais le bruit de fond… c’était différent. On aurait dit un rugissement », racontait la coach des Valkyries après la victoire de son équipe.
Malgré ce soutien assourdissant dès les premières minutes, les Valkyries ont eu du mal à entrer dans la rencontre.
« Il y avait un peu d’excitation et de nervosité en début de match », reconnaissait Gabby Williams après la rencontre. « Ça faisait une semaine qu’on n’avait pas joué et le ballon avait du mal à rentrer, mais on s’en est remis à notre défense pour rester dans le match et l’emporter sur la fin. »
Les Valkyries ont également l’habitude de s’appuyer sur leur profondeur de banc, mais celle-ci leur a fait défaut, du moins sur le plan offensif. Tiffany Hayes (1/12 aux tirs) et Kaila Charles (3/10) ont été maladroites, tandis que Janelle Salaün, après un passage compliqué dans le premier quart-temps, a été limitée à cinq minutes de jeu.
C’est donc « Ballhalla » qui a pris son rôle de sixième joueuse très au sérieux.
Une ferveur à la hauteur de l’événement
À chaque effort défensif, à chaque ballon arraché, le Chase Center montait encore d’un cran. Les 10 rebonds de Kaila Charles en sortie de banc, les précieuses minutes de Laeticia Amihere face à Angel Reese ou encore les quatre contres de Kiah Stokes ont ainsi entretenu la ferveur d’un public qui n’a jamais cessé de pousser son équipe.
Même lorsque Golden State courait après le score, dans le troisième quart-temps puis au début du quatrième, les tribunes continuaient de croire au retour de leurs joueuses.
Et les Valkyries ont fini par trouver les ressources pour terminer plus fort que leurs adversaires. Grâce à leurs 12 rebonds offensifs et à une défense qui a limité le Dream à 2/19 aux tirs en dernier quart-temps, elles ont réussi un véritable hold-up (68-64), prenant les commandes de ces Finals avant le Game 2, dans la nuit de lundi à mardi.
Si les 26 points de Gabby Williams ont été déterminants, « Ballhalla » peut aussi revendiquer le titre de MVP de ce premier match.
Les deux équipes méritent de vivre une telle atmosphère pendant toute la série. C’est aussi pour cette raison que le Dream ne pouvait plus se contenter d’une salle de 4 000 places pour accueillir ses matchs lors de ces Finals.
La WNBA a changé de dimension, et le Chase Center en a offert une nouvelle démonstration. Le temps où ses plus grandes affiches pouvaient se satisfaire de petites enceintes semble bel et bien révolu.
Propos recueillis à San Francisco.
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