Spurs un jour, Spurs toujours. Huit ans après son départ de la franchise texane, où il a remporté quatre titres de champion NBA, Tony Parker est devenu entraîneur principal de l’ASVEL, dont il est aussi le président.
Une double casquette qui a fait grincer pas mal de dents. D’autant plus après l’imbroglio du mercato villeurbannais, marqué notamment par la signature avortée de Sylvain Francisco, parti pour le Panathinaïkos alors qu’il s’était initialement engagé avec Villeurbanne suite à un budget drastiquement réduit.
Mais TP a su retomber sur ses pattes. Passée la déception, l’ASVEL a tout de même réalisé un joli recrutement. Suffisant pour concocter l’un des meilleurs effectifs de Betclic Élite, articulé autour de deux anciens NBAers, Jae Crowder et Patty Mills, dont l’impact s’est rapidement fait sentir.
« On essaye de trouver le meilleur tir »
« Par rapport aux joueurs que je voulais recruter, j’avais une hiérarchie en tête. Mais ça s’est aussi fait naturellement. Quand tu as des gros joueurs comme Patty Mills ou Jae Crowder, ils prennent tout de suite le leadership. On a beaucoup discuté, j’ai envie de construire les choses avec eux. On essaye de tout bien expliquer, avec beaucoup de séances vidéos. On a la sensation qu’un groupe est en train de se créer », explique-t-il.
L’ancien meneur de jeu a évidemment une relation spéciale pour l’Australien, avec qui tout est plus facile. « Sur Patty, on a joué longtemps ensemble, il connaît déjà la culture que je veux mettre en place, c’est en quelque sorte mon extension sur le terrain », apprécie l’entraîneur.
Il faut dire que les deux hommes se sont côtoyés à San Antonio et ont remporté un titre en 2014 avec les Spurs du « Beautiful Basketball ». Une équipe restée célèbre pour sa circulation de balle, ses mouvements permanents et sa recherche du meilleur tir, dont Tony Parker reconnaît aujourd’hui s’inspirer dans son coaching.
« J’ai envie de jouer vite, mais de manière contrôlée aussi », détaille-t-il. « Être sûrs qu’on contrôle nos balles perdues, le rebond offensif. En attaque, on joue ensemble, c’est important pour moi. On essaye de toujours trouver des bons tirs. C’est ce dont je sors avec les Spurs. On essayait toujours de trouver le meilleur tir. Ça se ressent avec cette équipe, où chacun a envie de jouer ensemble. C’est une chose sur laquelle j’ai beaucoup insisté. »
L’influence de Gregg Popovich ne se limite d’ailleurs pas au jeu proposé. Sur le banc, Tony Parker n’hésite pas à hausser le ton, comme lors de son coup de gueule face au Paris Basketball, après neuf ballons perdus dans le premier quart-temps. Des recadrages filmés et mis en avant par l’ASVEL, tandis que l’ancien meneur a aussi adopté le style lapidaire de son mentor lors d’une très courte interview en bord de terrain. De quoi rappeler les célèbres sorties de « Pop », même si cette ressemblance donne parfois l’impression d’être un peu surjouée…
Mettre fin à la disette
Cette philosophie semble toutefois prendre. Malgré un bilan de deux victoires pour trois défaites en Euroleague, l’ASVEL propose un jeu collectif séduisant, dans lequel le partage du ballon occupe une place centrale. Et cela se traduit déjà par de bons résultats en Betclic Élite, où les Rhodaniens sont encore invaincus après trois journées.
Une première étape dans la quête de TP, qui ambitionne de remporter un titre dès cette saison avec Villeurbanne, dont le dernier trophée remonte à 2023. Une éternité à l’échelle du club le plus titré de l’histoire du basket français.
« On est un club historique, bien sûr on a envie de gagner. Le dernier trophée, c’était la Leaders Cup en 2023. Pour un club comme l’ASVEL, ça peut sembler long. J’en ai bien conscience. Moi aussi je n’ai pas envie de décevoir. Je veux faire plaisir aux gens, remplir la salle, que les gens aiment voir jouer mon équipe. »
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