Les trois Françaises du Liberty entre déception et fierté

WNBA – Éliminées en demi-finales par Atlanta, Marine Johannès, Marine Fauthoux et Pauline Astier ont dressé le bilan de leur saison. Entre frustration, apprentissage et fierté, les trois Françaises repartent de New York avec des sentiments contrastés.

Marine Fauthoux et Marine JohannèsSi près, et en même temps si loin ! New York n’aura finalement pas réussi à prendre un match à Atlanta, pourtant privé de l’un de ses meilleurs éléments, Allisha Gray. La lutte aura été acharnée jusqu’au bout, mais à chaque fois, c’est le Dream qui a su finir plus fort pour se qualifier pour les Finals, en « sweepant » le Liberty (3-0).

Une élimination qui laisse forcément un goût amer, en particulier à Marine Johannès, dont le temps de jeu et l’influence ont progressivement diminué. Pour sa cinquième saison sous le maillot new-yorkais, l’arrière française voit une nouvelle occasion de décrocher le titre lui filer entre les doigts.

« On est toutes déçues. Ce n’est jamais bien de finir la saison comme ça. On a au moins pu finir en jouant un match à la maison, c’est bien pour les fans qui ont été incroyables avec nous toute la saison », a-t-elle toutefois nuancé. « J’ai raté la saison quand l’équipe est allée au bout (en 2024). C’est dur. Je pensais que cette saison aurait pu être la bonne. On espère toujours que la saison se termine bien, parce que tout le monde bosse toute la saison pour ça. Remporter un titre WNBA, c’est quelque chose d’énorme. Et aussi, peu de joueuses françaises ont eu l’opportunité de le faire. Si ce n’est pas moi, j’espère que ce sera une autre Française… »

Marine Johannès fière de ne pas avoir lâché

MJ pensait sans doute à Gabby Williams, qui a décroché son billet pour les Finals quelques heures plus tard, en compagnie de Janelle Salaün avec les Valkyries.

Au moment de faire le bilan, Marine Johannès préfère toutefois retenir ses progrès sur le plan mental. Car sa saison aura été mouvementée, de ses débuts tonitruants en l’absence de Sabrina Ionescu à un rôle de plus en plus réduit en sortie de banc, jusqu’à quasiment disparaître de la rotation lors des derniers matchs de playoffs…

Une situation difficile à vivre, mais qui ne l’a jamais poussée à baisser les bras.

« Je n’ai pas lâché. Ça a été une saison dure, avec beaucoup de hauts et de bas. Bien sûr, pour moi le début de saison a été différent par rapport à maintenant. Mais je pense que j’ai fait de mon mieux, je suis venue chaque jour, je me suis entraînée, je n’ai pas du tout relâché. Je suis fière de moi, pour ne pas avoir lâché », a-t-elle ajouté.

L’arrière a également pu compter sur ses proches et sur la présence des deux autres Françaises du Liberty pour traverser les moments difficiles.

« Avoir Marine et Pauline cette saison, ça a été différent. Parler français avec d’autres personnes, c’est clair que c’est sympa. Il y a aussi mes amis proches, ma famille, Gabby me parle aussi beaucoup. Ils m’aident tous sur l’aspect mental. Ce n’est pas facile. Je parle à des gens, des thérapeutes… Je pense que ça m’a aidée cette saison. »

Un apprentissage accéléré pour Marine Fauthoux et Pauline Astier

Forcément, le bilan est différent pour Marine Fauthoux et Pauline Astier, qui découvraient la WNBA.

La seconde a rapidement trouvé sa place dans la rotation, grâce à son apport des deux côtés du terrain, au point de figurer dans la All-Rookie Team de l’Associated Press. La première a dû prendre son mal en patience après une grave blessure, avant de parvenir à se montrer, notamment lors de cette dernière série de playoffs, avec un record personnel de 20 points dans le Game 2.

Pour Marine Fauthoux, cette première expérience américaine aura surtout été une épreuve de persévérance.

« Pour moi, ça a été davantage en dehors du terrain », a confié la fille du sélectionneur de l’Equipe de France. « J’ai beaucoup appris sur moi. Être dans ce genre de positions, ça a été très dur toute cette saison. Les gens ne peuvent pas voir ce qu’on fait tous les jours. En ce qui me concerne, ça fait un an que je travaille tous les jours. J’ai l’impression que ça fait dix ans, parce que c’était tellement long ! Mais maintenant je suis fière de moi. »

Une satisfaction qui ne l’empêche pas de mesurer le chemin qu’il lui reste à parcourir : « Je dois encore bosser sur chaque aspect de mon jeu : physiquement, le maniement du ballon, le tir, je dois progresser partout. »

Pauline Astier ne s’attendait pas à jouer autant

Pour Pauline Astier, la déception de l’élimination ne doit pas faire oublier une première saison particulièrement encourageante. Il y a quelques mois encore, elle regardait Breanna Stewart à la télévision. Désormais, elle a partagé son vestiaire pendant près de six mois, tout en gagnant progressivement la confiance de son staff.

« Sur le moment, c’est dur, mais dans l’ensemble ça a été une bonne expérience d’apprentissage », a-t-elle résumé. « Pour moi, ça a été beaucoup de choses, d’émotions. J’ai beaucoup appris donc je suis très contente de ça. »

La meneuse française reconnaît d’ailleurs avoir été surprise par l’importance de son rôle.

« Au début quand je suis arrivée, je me suis dit que j’allais voir comment ça allait se passer. Je ne m’attendais pas à jouer autant, mais je reste une compétitrice, et je veux être sur le terrain, jouer pour mon équipe et faire du mieux que je peux pour mon équipe. Je ne m’attendais pas à ça, mais je suis très contente de la façon dont j’ai joué et dont j’ai pu aider l’équipe. »

Les cadres du Liberty ont également joué leur rôle pour accompagner les plus jeunes, en montrant l’exemple à l’entraînement comme dans le vestiaire. Et même après cette élimination douloureuse, Sabrina Ionescu, Breanna Stewart et Jonquel Jones ont tenu à adresser un dernier message positif à leurs coéquipières.

« D’être fières », a rapporté Pauline Astier au sujet du discours prononcé dans le vestiaire. « Ça n’a pas été une saison facile, donc juste d’être fières de ce qu’on a fait. Aussi parce qu’on s’est beaucoup battues sur les deux derniers matchs. On garde la tête haute même si bien sûr que c’est dur, parce qu’on a perdu 3-0. Mais on doit rester fières, parce qu’on a fait du bon boulot tout au long de la saison. »

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