Tous les voyants semblent au vert pour Marine Johannès cette saison en WNBA. Dans un entretien de plus de 20 minutes accordé à « Taille 6 », l’arrière internationale française a expliqué pourquoi cette nouvelle campagne avec le Liberty est sans doute celle où elle se sent le mieux depuis son arrivée outre-Atlantique.
Il y a évidemment une meilleure maîtrise de l’anglais, travaillée au fil des années, mais également tout l’environnement mis en place par New York afin que les joueuses puissent se concentrer uniquement sur le basket. Et puis, cette saison, Marine Johannès peut aussi compter sur un petit bout de France dans le vestiaire.
Un « french corner » qui fait du bien
Avec Pauline Astier et Marine Fauthoux à ses côtés, la Normande reconnaît que son quotidien a changé.
« Ça me change énormément », a-t-elle confié. « Les années précédentes, il n’y avait pas forcément de Françaises, mais aussi de coéquipières que je connaissais vraiment. C’est rare d’avoir des complicités, surtout dans cette ligue, parce qu’il n’y a pas beaucoup de repas d’équipe par exemple. Même quand on va à l’hôtel, on ne fait pas grand-chose ensemble. Donc c’est vraiment dur, je trouve, de se créer des liens, plus qu’en Europe ou en France. »
Un fonctionnement très différent de celui qu’elle connaît sur le Vieux Continent.
« Des fois, même en France, c’est un peu trop : c’est matin, midi, soir avec l’équipe, l’heure du petit-déjeuner est programmée, tu n’es pas vraiment libre de faire ce que tu veux. Là, le fait de retrouver Marine et Pauline en club, ça change sur le terrain et en dehors. Ça fait vraiment du bien, même de pouvoir rigoler, vanner en français. Donc c’est vraiment cool de les voir. En plus, Pauline fait une super saison, Marine signe son contrat, donc c’est vraiment une bonne saison. »
Son confort se ressent sur le terrain. Entre l’arrivée de Chris DeMarco sur le banc, le départ de Natasha Cloud et la blessure de Sabrina Ionescu en début de saison, Marine Johannès a obtenu davantage de responsabilités.
Même si elle manque encore parfois de régularité, la Française a déjà signé plusieurs coups d’éclat, notamment deux rencontres à 25 puis 27 points, avec à chaque fois sept paniers à 3-points. Mais son apport ne se résume plus seulement à son adresse extérieure : elle attaque davantage le cercle, crée davantage balle en main et continue évidemment d’apporter les gestes spectaculaires dont elle a le secret.
Plus de liberté pour attaquer
« Les années précédentes, c’était un peu le même rôle : sortir du banc, prendre mes shoots… C’est un peu différent de ce que j’ai pu connaître avec Galatasaray cette saison, où je sens que je vais vraiment plus jouer des ballons, essayer de plus créer, que ce soit pour moi ou pour les autres », explique-t-elle.
À New York, le message est en tout cas clair : pas question pour elle de jouer avec le frein à main.
« Ici, ils adorent quand, dès la première minute, je suis agressive. Sans parler de forcer, ils sont plutôt contents quand justement je montre que je suis agressive, donc c’est ce qu’ils attendent de moi ici. »
Marine Johannès connaît néanmoins les contraintes inhérentes à un effectif aussi riche.
« C’est aussi le prix à payer quand on vient jouer à New York. On sait qu’on joue à côté de trois superstars : Sabrina Ionescu, Stewie et Jonquel Jones. Donc on sait aussi que c’est un rôle qui va être différent de ce qu’on connaît en Europe et on s’adapte à ça. »
Une profondeur au niveau de l’effectif qui constitue justement, selon elle, l’une des grandes forces du Liberty.
« Franchement, ce n’est pas pour nous mettre là-haut, mais je pense, un peu comme l’idée de Golden State, qu’on a vraiment des joueuses qui pourraient être dans le cinq majeur d’un autre club. »
La Coupe du monde, un défi de plus à relever
Un peu moins en vue lors de ses dernières sorties, Marine Johannès doit désormais mettre la WNBA entre parenthèses. Arrivée en Allemagne ce week-end pour retrouver l’Équipe de France, « The Wizard » s’apprête à vivre une situation totalement inédite : disputer une Coupe du monde en pleine saison WNBA.
Avec forcément très peu de temps pour retrouver les automatismes collectifs avant l’entrée en lice des Bleues.
« On va devoir s’adapter », prévient-elle. « Notre premier match, ce ne sera peut-être pas nos meilleures minutes parce qu’on sera là trois jours avant le premier match, et ce sera le cas pour tout le monde. Je pense qu’on doit aussi se rassurer sur le fait qu’on a quand même pas mal de vécu ensemble maintenant. En tout cas depuis les dernières années, même par rapport aux JO 2024, où on sait qu’on est capables de faire de bonnes choses. »
Pas vraiment le temps de souffler puisque le premier rendez-vous arrive dès vendredi, face à la Hongrie.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur