Interview Timothé Luwawu-Cabarrot : « On a arrêté de courir »

Equipe de France – L’ailier a fait du bien aux Bleus face à la Serbie, avec 19 points, son nouveau record personnel en équipe nationale.

Timothé Luwawu-CabarrotArrivé samedi à Orléans parce que son nouveau club du Real Madrid voulait le garder quelques jours supplémentaires, Timothé Luwawu-Cabarrot n’a pas tardé à retrouver ses marques. L’ailier français a ainsi claqué un record en Equipe de France face à la Serbie, en terminant à 19 points à 4/7 aux tirs et 9/10 aux lancers.

Timothé, quel est votre sentiment après ce succès étriqué, mais succès quand même ?

C’est une victoire aux deux visages. C’est vrai pour les deux équipes. Eux en première mi-temps n’étaient pas satisfaits. Nous, on était dans l’ensemble plutôt satisfait, mais on savait qu’on devait faire encore mieux en deuxième [mi-temps]. Ce qu’on n’a pas su faire. Ils ont été plus agressifs et ils ont mieux attaqué, et mieux défendu. On a moins bougé la balle, on s’est mis dans la difficulté, ils sont bien revenus, mais on finit quand même par gagner, et c’est une belle victoire.

Comme à Belgrade, ça a bloqué en troisième quart, avec seulement 14 points inscrits. Comment expliquez-vous ce nouveau trou d’air au retour des vestiaires ?

C’est une bonne question. On les a laissés être plus agressifs et développer leur jeu plus facilement. On a arrêté de courir, de prendre des rebonds. Ils ont pris plus de rebonds offensifs et ça nous a perturbé, ils ont eu des tirs ouverts, plus d’occasions, ont provoqué plus de fautes. Dans l’ensemble, ils ont été plus agressifs. On les a laissés développer cette agressivité tout au long du troisième et en quatrième, ils étaient en plein dedans.

Comment avez-vous vécu cette dernière action, celle du layup victorieux de Jaylen Hoard, en pleine confusion ?

De base, tout le monde fait pause. On pensait qu’il allait y avoir temps-mort, comme c’est le cas habituellement. Au final, Victor prend la balle, donne à Sylvain (Francisco) et on se met tous à courir, par réflexe. Jaylen (Hoard) a couru dans l’axe, et moi j’étais sur l’extérieur. J’avais un beau panorama [sur l’action], c’était vraiment pas mal [rires] ! Il a récupéré la balle, je pense même qu’il aurait pu la dunker, mais il l’a déposé. Comme il avait raté un dunk en Serbie, je pense qu’il ne voulait pas prendre de risque. Il finit pile poil au buzzer. C’est une magnifique action, où Sylvain attire deux joueurs et Jaylen joue intelligemment le coup.

Timothé Luwawu-Cabarrot déjà dans le rythme

Vous êtes arrivé tardivement dans le groupe, est-ce que ça a été difficile de retrouver le rythme de compétition directement ?

On avait discuté avec Freddy Fauthoux du retard que j’allais avoir, c’était prévu. En amont, j’avais reçu les systèmes, mais ce sont les mêmes qu’en juillet, donc je les connaissais déjà. Au final, je connais le groupe, j’ai joué avec tout le monde sauf Victor (Wembanyama), ce qui est un peu différent aussi. Dans l’ensemble, ça s’est plutôt bien passé puisque c’était dans la continuité de la fenêtre de juillet. Retard ou pas retard, au final, le rôle reste le même. Aujourd’hui, j’ai été un peu plus en réussite mais c’est parce que j’ai eu plus d’occasions et d’opportunités.

L’adresse à 3-points est encore très variable d’une mi-temps à l’autre, comment l’expliquez-vous ?

On a arrêté de courir. Je pense qu’en première mi-temps, on a eu pas mal de positions de tirs sur les deuxièmes transitions, parce qu’on se faisait les passes, on avait des passes sur Vic à l’intérieur pour fixer la défense, des tirs ouverts ou des décalages. On a arrêté [ce jeu rapide] et on a été plus sur du demi-terrain. Mais sur jeu fixe comme ça, si on n’a pas de décalage par le système ou qu’on les laisse être plus agressif, on a moins d’avantages à jouer et les shoots sont plus difficiles à prendre.

Vous venez de signer au Real, est-ce une sorte de consécration pour vous d’intégrer ce club si prestigieux ? 

Ce n’est pas une consécration en soi. Si on gagne l’Euroleague par contre, oui ! C’est juste une superbe opportunité pour le club, comme pour moi. J’arrive dans mes meilleures années donc c’est une bonne chose pour le club. Et ça l’est aussi pour moi parce que c’est un club qui veut gagner chaque année. On a des super joueurs et une super infrastructure pour bosser tous les jours, donc c’est génial. La mentalité est de gagner, de ne jamais perdre deux matchs de suite. C’est la mentalité que je vais adopter aussi et j’espère qu’on va réussir une grosse saison.

Victor Wembanyama a été nommé capitaine sur cette fenêtre, comment l’avez-vous trouvé dans ce nouveau rôle pour lui ?

Il a été parfait. Il a communiqué comme il fallait. Ce n’est pas facile d’arriver et d’être capitaine à son âge. Il le fait avec une belle maturité. Il pousse à chaque instant. Il est agressif et il veut prendre ses responsabilités en attaque, et ça lui va bien. Nous, on suit son exemple. Aujourd’hui, il a été parfait, il a été calme, il a laissé le jeu venir à lui, il a plus joué à l’intérieur, ce qui l’a aidé à avoir plus de lancers, et ce qui nous a aidé aussi car il attire les mecs à l’intérieur, ce qui crée des tirs ouverts à 3-points ou des décalages. Il a été dans son rôle de leader et de meilleur joueur de l’équipe.

Propos recueillis à Orléans

WhatsAppSuivez toute l'actualité NBA sur la chaîne WhatsApp de Basket USA

Google ActualitésSuivez nous également sur Google Actualités

Rédacteur Emmanuel Laurin

Journaliste à Basket USA depuis 2009, Emmanuel Laurin a été correspondant à Oklahoma City puis à Portland. Il a couvert de nombreux playoffs, Finales NBA, ainsi que la Summer League et le All Star Weekend, sans oublier l'Equipe de France depuis l'Euro 2015. Il a collaboré avec de nombreux magazines, dont Basket Le Mag, Total Basket, Maxi Basket, 5 Majeur ou encore le mag de la FFBB.

Le fil info en direct