Interview Sylvain Francisco : « Sur cette fenêtre, l’idée est d’apprendre à jouer avec Victor »

Equipe de France – Passé tout près de la NBA cet été, Sylvain Francisco se concentre désormais sur les Bleus, avec un objectif : apprendre à jouer avec Victor Wembanyama.

Sylvain FranciscoIl devait être l’une des têtes d’affiche du nouveau projet très ambitieux de l’Asvel de Tony Parker. Il aurait également pu traverser l’Atlantique pour découvrir la NBA, notamment du côté de Chicago. Finalement, Sylvain Francisco ne jouera ni à Lyon, ni chez les Bulls la saison prochaine.

Après la réduction du budget de Villeurbanne, le meneur tricolore, qui sort de la meilleure saison de sa carrière avec le Zalgiris Kaunas (16 points et 7 passes de moyenne en Euroleague), a rapidement rebondi au Panathinaïkos.

Avant de se tourner vers ce nouveau défi, le Français de 28 ans revient sur son été mouvementé, son opportunité manquée en NBA et son rôle grandissant en Equipe de France, où il doit apprendre à évoluer avec Victor Wembanyama.

Sylvain, racontez-nous votre intersaison à rebondissements : vous étiez prêt à signer pour l’ambitieux projet de l’Asvel, avant de changer de cap et de rejoindre le Panathinaïkos, tandis que certaines rumeurs vous envoyaient également en NBA…

Ce n’était pas à moi de m’occuper de cette situation, donc j’ai davantage laissé mes agents s’en charger. C’était un peu dur, on va dire. Quand la DNCG arrive et qu’ils sont stricts comme ça, c’est difficile. Le projet qu’il y avait en place avec l’Asvel était très intéressant. Avec l’équipe qu’on aurait eue, on aurait pu faire quelque chose dès la première année, pour devenir ensuite une grosse équipe, réputée, capable de faire les playoffs et le Final Four de l’Euroleague.

Quand on a su que l’Asvel allait prendre du temps pour faire son budget, j’ai dit à mes agents : « Il faut qu’on parte. » Je pense qu’on a bien parlé avec Tony, il a été carré là-dessus. Il a beaucoup bossé, a voulu être carré, mais il y a certaines choses que tu ne peux pas contrôler. Le processus a pris un peu plus de temps et je me suis dit que c’était le moment de partir.

Et concernant ces rumeurs NBA, y avait-il un réel intérêt ?

J’ai eu cinq ou six équipes qui étaient intéressées et qui me proposaient des contrats garantis de deux ans. J’ai eu une opportunité avec les Bulls, mais le transfert qu’ils voulaient réaliser était un peu bloqué parce que tout le monde attendait [la décision] de LeBron [James]. C’est ça qui a bloqué [rires].

J’avais fixé ma deadline au 20 juillet et [LeBron] a annoncé sa signature trois jours plus tard… C’est là que les franchises ont pu faire leurs échanges. C’est dommage, j’étais un peu saoulé et énervé, mais c’est quelque chose que je ne peux pas contrôler. C’est un mal pour un bien, je reste en Europe.

Un nouveau statut chez les Bleus

Comment concevez-vous désormais votre rôle en Equipe de France, alors que vous n’êtes plus un débutant et que vous sortez d’une excellente saison d’Euroleague avec Kaunas ?

J’ai un rôle différent, mais j’ai toujours la même approche. Je veux toujours prouver parce que, du jour au lendemain, tout peut partir. Je veux laisser de la place à mes coéquipiers, mais en même temps montrer que je peux apporter à l’équipe.

Maintenant, c’est vrai que j’ai 28 ans et certains gars de l’équipe me voient comme un vétéran. C’est un rôle différent, mais je veux apporter mon expérience et mes qualités.

Quel est votre regard sur la construction du collectif dans un laps de temps aussi réduit, et malheureusement sans certains joueurs cadres ?

C’est très positif. Après, j’ai l’impression que chaque année, il y a quelque chose qui change. Ce ne sont pas les mêmes joueurs et c’est difficile. Je me disais avant de venir que ça allait être bien d’avoir tout le monde, mais il n’y a pas Guerschon, Elie, Bilal, Zacch, donc c’est un peu différent.

À chaque rassemblement, on peut toujours se montrer et découvrir de nouvelles choses. Sur celui-ci, l’idée est évidemment d’apprendre à jouer avec Victor. On met en place des systèmes, mais le plus important, c’est encore de communiquer, de parler et de savoir ce qu’on peut faire pour progresser.

Qu’avez-vous pensé du duel entre Victor Wembanyama et Nikola Jokic à Belgrade, avant la revanche ce soir à Orléans ?

Victor n’a que 22 ans, donc il va encore progresser. Il est déjà l’un des meilleurs joueurs du monde et il va l’être [à terme]. Jokic a un QI incroyable, il nous a un peu choqués, je dois dire.

[Les Serbes] ont joué contre nos qualités athlétiques et c’était très malin de leur part. De plus, ils ont des joueurs qui sont ensemble depuis plus longtemps, donc ils ont déjà ces relations que nous, on veut construire. C’est un très beau duel à suivre en tout cas, entre deux talents énormes.

Propos recueillis à Orléans

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Rédacteur Emmanuel Laurin

Journaliste à Basket USA depuis 2009, Emmanuel Laurin a été correspondant à Oklahoma City puis à Portland. Il a couvert de nombreux playoffs, Finales NBA, ainsi que la Summer League et le All Star Weekend, sans oublier l'Equipe de France depuis l'Euro 2015. Il a collaboré avec de nombreux magazines, dont Basket Le Mag, Total Basket, Maxi Basket, 5 Majeur ou encore le mag de la FFBB.

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