Pour Pat Beverley, les médias ont précipité la retraite de Russell Westbrook

Ancien rival puis coéquipier de Russell Westbrook, Patrick Beverley estime que le MVP 2017 avait encore largement sa place en NBA. Selon lui, son passage aux Lakers et le traitement médiatique qui l’a accompagné ont durablement détérioré son image auprès des dirigeants.

beverley westbrook

Patrick Beverley et Russell Westbrook ont longtemps incarné l’une des rivalités les plus féroces de NBA. Avant de devenir coéquipiers aux Lakers et, contre toute attente, de nouer une véritable amitié. Forcément, l’annonce de la retraite de Russell Westbrook a particulièrement touché « Pat Bev », futur joueur de Boulazac en France. D’autant qu’à ses yeux, le meneur de 37 ans avait encore largement les qualités nécessaires pour continuer sa carrière.

« Je vais être honnête, je pensais qu’il avait encore beaucoup de basket en lui », a-t-il expliqué dans son podcast. « Je trouve qu’il a vraiment bien joué la saison dernière. Je pense que les médias ont tué son jeu. »

Pour Patrick Beverley, le discours autour de Russell Westbrook a fini par modifier la perception de ses performances, jusque dans les bureaux des franchises.

« Je pense que les médias sont tellement puissants qu’ils ont permis aux fans de lui donner des surnoms et d’avoir certaines opinions sur son jeu, ce qui a aussi poussé les propriétaires, les GM et les présidents à le regarder d’une certaine manière. »

« Si Lonnie Walker peut avoir une place, Russell Westbrook aussi »

Patrick Beverley prend même l’exemple de Lonnie Walker, qui vient de signer un contrat non garanti avec les Nuggets, pour illustrer son incompréhension. « Sans manquer de respect aux joueurs qui sont actuellement dans les équipes, quand on parle de Lonnie Walker, c’est un bon ami à moi, mais s’il peut avoir une place dans une équipe NBA, alors Russell Westbrook peut en avoir une, sans aucun doute. »

Un constat qui s’appuie également sur la dernière saison de « Brodie ». Pour son ultime exercice avec Sacramento, Russell Westbrook tournait encore à 15,2 points, 6,7 passes décisives et 5,4 rebonds en 64 rencontres. Le jeune retraité aurait d’ailleurs reçu des propositions des Kings et des Wizards durant l’intersaison. Mais leurs conditions n’étaient visiblement pas suffisamment intéressantes pour le convaincre de poursuivre une 19e saison.

Russell Westbrook a donc préféré partir selon ses propres termes.

Le passage aux Lakers comme point de rupture

Pour Patrick Beverley, il existe surtout un moment précis qui a fait basculer la perception de Russell Westbrook : son passage aux Lakers. Arrivé durant l’été 2021 pour former un « Big Three » avec LeBron James et Anthony Davis, le MVP 2017 n’avait jamais réellement trouvé sa place. Entre les blessures, les problèmes de complémentarité et les mauvais résultats collectifs, il était progressivement devenu l’un des principaux boucs émissaires des difficultés de Los Angeles.

« Je pense que tout a changé lorsqu’il est arrivé aux Lakers, puis lorsqu’il en est parti », poursuit Patrick Beverley. « Il avait comme un nuage noir au-dessus de la tête. Les équipes ne savaient plus s’il était un joueur collectif. Elles ne savaient plus s’il était un bon gars dans un vestiaire. »

Une perception que Patrick Beverley juge particulièrement injuste puisqu’il a justement pu observer Russell Westbrook de très près pendant leur saison commune à Los Angeles et la situation avait quelque chose d’assez improbable.

Pendant des années, les deux hommes s’étaient détestés. Leur inimitié remontait notamment aux playoffs 2013, lorsque Patrick Beverley avait blessé Russell Westbrook au genou en tentant de lui voler un ballon alors qu’un temps-mort venait d’être demandé.

Neuf ans plus tard, ils se retrouvaient dans le même vestiaire, avec Patrick Beverley titulaire et l’ancien MVP relégué sur le banc.

« Il a été mon coéquipier et c’est l’un de mes coéquipiers préférés », assure désormais Patrick Beverley. « On parle quand même d’un MVP qui accepte de se sacrifier. Et n’oubliez pas que lui et moi avions un contentieux. Ils me faisaient débuter et lui sortait du banc ! Aujourd’hui, je peux en rire parce que c’est assez drôle, mais ils avaient Russ sur le banc et Pat Bev titulaire devant lui… »

Malgré son statut et son immense palmarès individuel, Patrick Beverley assure n’avoir jamais vu Russell Westbrook se comporter autrement qu’en professionnel.

« Il est resté fidèle à lui-même. Il est resté professionnel. Il venait et faisait tout ce qu’il fallait. Tous les dîners d’équipe, toujours à l’heure, tous les étirements avec l’équipe… Il faisait tout correctement. Tout. »

D’ennemis à amis

Un témoignage qui prend forcément une autre dimension venant de Patrick Beverley.

Les deux hommes avaient multiplié les accrochages pendant près d’une décennie. Russell Westbrook avait notamment lâché en 2019 une phrase devenue célèbre sur son rival : « Pat Bev vous trompe tous. Il court partout sans défendre sur personne. »

Puis leur passage commun aux Lakers avait totalement bouleversé leur relation, et c’est donc avec beaucoup d’affection que Patrick Beverley voit désormais partir celui qui fut autrefois l’un de ses plus grands ennemis sur les parquets.

« Je ne parle là que de ce qu’il a fait sur le terrain », ajoute-t-il. « Je ne parle même pas de tout le reste. Je ne parle pas de ce qu’il a rendu aux communautés, de ce qu’il a fait pour Los Angeles. Je parle uniquement de basket. Respect à toi, Russ. Tu mérites tout ça, mon frère. Ça me fait mal de te voir partir aussi tôt. Je sais que tu as encore énormément de basket en toi. Énormément. Toujours beaucoup d’amour. »

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Coordinateur éditorial du site Fabrice Auclert

Depuis 1994, Fabrice encadre la rédaction de Basket USA. Editeur, il co-dirige une agence de presse qui fournit du contenu pour la presse spécialisée (sciences, sport, politique, high-tech, automobile...).

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