Champion NBA avec les Bucks en 2021, Pat Connaughton a de nombreuses cordes à son arc puisqu’il brillait également au baseball à l’université, et qu’il aurait pu faire carrière en MLB. À 33 ans, alors qu’il aborde la dernière partie de sa carrière, l’arrière des Hornets a en tout cas largement préparé sa reconversion.
L’ancien coéquipier de Giannis Antetokounmpo dirige ainsi Three Leaf Partners, une société immobilière dont le portefeuille de projets dépasse désormais les 600 millions de dollars.
« Le basket reste le métier dont je rêvais enfant, mais je peux aussi m’asseoir à la terrasse d’un café sans que personne ne me reconnaisse. J’ai le meilleur des deux mondes », sourit-il auprès de Boardroom.
Une discrétion qui contraste avec l’ampleur prise par son activité. L’an dernier, son entreprise a lancé pour 175 millions de dollars de projets immobiliers, levé 75 millions de dollars de capitaux et comptait plus de 1 200 logements en construction.
Des chantiers de son père aux résidences de plusieurs centaines de logements
L’histoire de Three Leaf Partners commence bien avant le titre NBA remporté par Connaughton. Fils d’un entrepreneur du bâtiment installé dans la région de Boston, l’arrière/ailier grandit sur les chantiers de son père et découvre très tôt les réalités du secteur.
À l’université de Notre Dame, il réalise sa première opération immobilière en rénovant puis en revendant une maison située près du campus. Il reproduit ensuite l’expérience pendant ses premières saisons NBA à Portland, avant de changer d’échelle après son arrivée à Milwaukee.
Connaughton comprend alors qu’il peut associer ses revenus de basketteur à des capitaux extérieurs. Pendant la bulle NBA de 2020, il lève ainsi 10 millions de dollars auprès d’athlètes et d’autres investisseurs. Un déclic qui l’amène à professionnaliser son activité aux côtés de son associé Matt Burow.
Aujourd’hui, Three Leaf Partners ne se limite plus à la rénovation de petites propriétés. L’entreprise se concentre sur des résidences comprenant entre 100 et 250 appartements, avec l’objectif de lancer quatre grands projets chaque année.
Soixante-deux sportifs professionnels parmi les investisseurs
Pour Pat Connaughton, l’immobilier répond à une problématique bien connue des sportifs professionnels : comment anticiper la chute de leurs revenus une fois leur carrière terminée ?
« Quand on arrête de jouer, les dépenses restent souvent les mêmes alors que les revenus diminuent brutalement », explique-t-il. « L’immobilier permet de construire un patrimoine qui continue ensuite de générer des revenus. »
Son entreprise rassemble aujourd’hui 240 investisseurs, dont 62 sportifs professionnels issus des quatre grandes ligues américaines. Seul CJ McCollum, présent dès les débuts du projet, a publiquement confirmé son implication.
« Il y a des joueurs qui viennent me voir au milieu du terrain après les matchs et qui me disent : ‘J’aimerais avoir ton numéro et te poser quelques questions sur l’immobilier.’ Certains n’ont encore jamais investi, mais ils en ont envie », raconte Connaughton.
Le joueur assure toutefois ne pas chercher à imposer un montant minimum à ceux qui souhaitent se lancer.
« Je leur réponds toujours : ‘Il n’y a pas de ticket d’entrée minimum. Je ne suis pas là pour vous dire qu’il faut investir 100 000 dollars pour faire partie de l’aventure.’ »
Connaughton insiste d’ailleurs sur la dimension pédagogique de son approche. Il invite régulièrement d’autres basketteurs à visiter ses chantiers afin qu’ils puissent comprendre concrètement le financement, le développement et le fonctionnement d’un projet immobilier.
Un autre héritage grâce à sa fondation
En parallèle de son activité entrepreneuriale, Pat Connaughton développe également sa fondation, créée dès sa première saison NBA.
Son projet phare consiste à construire ou à rénover des terrains de basket dans des quartiers défavorisés afin d’offrir aux jeunes des lieux adaptés à la pratique sportive. Le bilan est déjà conséquent : 38 terrains financés, 3,6 millions de dollars investis et près de 150 000 jeunes concernés par le programme !
« Le sport m’a appris le travail, le leadership, la discipline et le sens des responsabilités. Si un terrain peut transmettre ces valeurs à la génération suivante, alors l’investissement en vaut largement la peine », conclut-il.
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