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[Reportage] Episode 2 : Gueule de bois à Washington

Par  — 

wiz01Comme chaque année, l’un de nos photographes, Thomas Savoja, effectue un « road trip » aux Etats-Unis, et cette fois-ci, il a choisi de parcourir la côte Est. Après Brooklyn, direction le sud vers Washington.

9 Novembre 2016

WASHINGTON, DC – Il faut environ 4 heures pour rejoindre Washington depuis New York City. Au lendemain de l’élection de Donald Trump, l’Amérique a la gueule de bois. Pendant que je badigeonne mon Bagel de « Philadelphia Creem Cheese », je feuillette « USA Today » qui fait ses gros titres du résultat surprise d’hier soir. Autour de moi les mines sont fermées, New York étant le chantre d’un électorat traditionnellement Démocrate.

Je quitte donc Brooklyn à la fraiche pour tenter d’échapper au Rush matinal des « commuters ». Je réussie à m’en extraire sans trop d’encombres pour raccrocher l’Interstate 95 direction plein sud. La traversée du New Jersey, de la Pennsylvanie et du Maryland serait parfaitement fluide si il n’y avait ces innombrables péages où je lâche sans compter des liasses de billets verts. Il est un peu plus de 12h lorsque je débarque dans la capitale fédérale. Je m’installe au Nord de Downtown dans le quartier d’affaire de NOMA. Un « Five Guys Burger » agrémenté d’une montagne de frites me fera office de déjeuner. Je potasse en parallèle la meilleure façon de rejoindre ce soir le centre ville pour assister à la rencontre NBA entre les Wizards et les Celtics.
J’opte finalement pour le Métro car les options de Parking sont très onéreuses en centre ville et D.C. est copieusement embouteillée en fin de journée ! Pour faciliter les choses, la station NOMA est au pied de mon hôtel et il n’y a que trois arrêts pour rejoindre « Chinatown ». Le « Verizon Center » est en effet bordé au Nord par le quartier chinois de la capitale et à l’ouest par des Musées et une multitude de restaurants et de magasins.
J’ai un peu de temps devant moi avant le match et je décide de pousser la porte du « Smithonian American Art Museum » qui se trouve juste en face de la salle. La visite du Musée est gratuite et elle offre un superbe panorama sur l’art américain du XVIIIème siècle à nous jour. Franchement, je vous conseille l’expérience d’autant qu’au dernier étage il y a une galerie intitulée « Champion » totalement dédiée au Sport qui comme chacun sait tient une place privilégiée dans la culture américaine. On y retrouve notamment des œuvres mettant en scène Oscar Robertson ou encore Larry Bird !

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Il est désormais temps de penser au match du soir. Situé au croisement de la 7e rue et de la rue F, le « Verizon Center » est la sale attitrée des Wizards de Washington depuis la saison 1997-98 où elle s’appelait encore le « MCI Center ». L’année précédente, les Bulls de Chicago balayaient les Washington Bullets 4-0 au premier tour des Playoffs. C’est dans la foulée de cette cuisante défaite que les propriétaires décidèrent de rebaptiser la franchise de Bullets en Wizards et de déménager en centre ville. Le 2 Décembre 1997, les nouvellement nommés « Magiciens » battront donc pour leur premier match dans leur nouvelle salle les Supersonics de Seattle sur le score sans appel de 95-78 devant une foule extatique de 20 647 spectateurs !

Après cette parenthèse « historique », je pars à la recherche de l’entrée media avant de découvrir qu’elle se situe à l’exact opposé d’où je me trouve. Du coup, je passe par le centre commercial « Gallery Place » qui touche l’enceinte et qui s’avère un excellent raccourci pour éviter de faire le grand tour. Après les contrôles d’usage je m’engouffre dans l’escalier qui me mène à la salle de presse. Et là c’est la douche froide ! Je ne vois pas mon nom sur le plan de positionnement des photographes. Je fais appeler un membre du staff et on m’informe que je n’aurai pas de place sous les panneaux comme à l’accoutumée mais que je pourrais shooter depuis une plateforme attenante au parquet !

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C’est une première pour moi et j’accuse un peu le coup. Heureusement, j’ai un Téléobjectif de 400 mm qui devrait me permettre de limiter la casse et cela me permettra de changer un peu de perspectives ! Du coup, je décide de filer rapidement sur le parquet pour profiter de l’échauffement. Je suis surpris d’y retrouver Ian Mahinmi dans une séance d’entrainement personnalisée. Toujours blessé il ne jouera pas ce soir mais il est clairement en phase de reprise et c’est une bonne nouvelle. Je prends quelques libertés avec le protocole et me retrouve au milieu du parquet. Je lève alors les yeux vers le plafond et tombe sur les nombreuses bannières commémorant les exploits des équipes évoluant en ces lieux : Bullets, Capitals et les Georgetown Hoyas en NCAA. Je contemple admiratif 6 bannières de Champions de la Conférence Est et un titre NBA. Les numéros de Wes Unseld, Gus Johnson et Earl « the pearl » Monroe ont également été retirés.

Je monte ensuite dans les coursives. Au premier niveau, on retrouve les concessions classiques permettant aux fans de se sustenter et se désaltérer. Au « Hard Time » café, la sélection de bières est impressionnante ! Je fais alors un crochet par le « Greene Turtle Sports Bar and Grill ». L’endroit très sympa est bondé de fans qui dinent avant le début du match dans une ambiance conviviale. Sachez que c’est « the place to be » à la mi-temps si vous voulez boire un coup sans faire une queue phénoménale !
Me voici devant l’entrée principale. Une jeune femme tout sourire, habillée de la tête aux pieds aux couleurs de la franchise accueille les fans posée sur des gigantesques échasses ! Un peu plus loin je tombe sur une vitrine montrant l’évolution des maillots de la franchise au cours du temps ainsi que le trophée de la finale NBA 1978. Il serait peut être temps de rajeunir un peu tout cela avec un nouveau coup d’éclat !

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Puis me voilà en face du « Fan Shop ». Le merchandising tourne à plein régime avec une touche très internationale si j’en crois les maillots estampillés « Los Wizards » ou ceux qui affichent un logo en chinois célébrant le nouvel an asiatique, proximité avec Chinatown oblige !
Il est temps de retourner sur le terrain. La plateforme d’où je suis supposé shooter est un plateau surélevé par des échafaudages dans l’angle sud-ouest du terrain. L’escalier qui y mène est « casse gueule » à souhait. Elle est constituée de deux rangées de tables et je prends place au second rang à côté d’un journaliste Polonais venus superviser son compatriote Marcin Gortat. Je resterais debout tout le match pour avoir une vue plus plongeante sur le parquet.

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Gorcat est d’ailleurs l’un des premiers joueurs à débarquer pour l’échauffement. Il travaille ses fondamentaux sous le panier avec l’un des membres du staff. Il est accompagné d’un John Wall qui cherche à rester dans sa bulle sous son Casque « Beat ». Puis le reste de l’effectif débarque en force. Je suis frappé par le charisme d’un Kelly Oubre. Avec sa gueule d’ange, le gars pourrait faire du cinéma. Est-ce bien le même joueur qui a écopé de 15.000 USD d’amende l’an dernier pour un geste obscène à l’encontre du public de San Antonio ?

Puis c’est la séquence émotion lorsque les Wizards rendent hommage à Greg Ballard, membre de l’équipe de 1978 championne NBA et décédé plus tôt dans la journée à l’âge de 61 ans. A l’approche du 11 Novembre, l’hymne est interprété par une chorale militaire et on enchaine avec la présentation des deux équipes. C’est à ce moment précis que le « Verizon Center » se pare de ses habits de lumière avec une multitude de spots multicolores qui agrémentent l’entrée des joueurs. Des flammes sont même projetées du parquet pour intensifier le rendu. Et cela a l’air de stimuler Marcin Gorcat qui semble surmotivé à l’entame de la rencontre !

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C’est donc parti pour le match. Les Celtics font un début de partie catastrophique avec un 4 sur 22 au tir dont un 0 sur 8 derrière la ligne des 3 points ! Bilan des courses les Wizards se retrouvent avec une avance de 26 points à la fin du premier quart temps un record cette saison. Les 8 points inscrits pas les Celtics représentent le plus faible score marqué par la franchise depuis 1974.
« Je ne crois pas que nous ayons manqué d’envie ou de concentration » lâchera Brad Stevens en conférence d’après match « Nous avons juste été un peu trop timide en attaque ».

Côté Wizards c’est l’ancienne vedette des Georgetown Hoyas Otto Porter qui prend les choses en main et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a la main chaude ! Il faut dire qu’il est ici dans son jardin depuis ses années de College et il enquillera 34 points et 14 rebonds soit un record en carrière !

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L’ambiance dans la salle est familiale et vraiment sympa. « G-Wiz », l’étrange mascotte de l’équipe ne ressemble pas à grand-chose. Elle se balade dans les tribunes pour rameuter les supporters et cela marche plutôt bien ! Les Cheerleaders font quelques apparitions sporadiques sur le parquet lors des temps mort mais elles pourraient en faire plus à mon goût !
Après quelques années de disette, le public est de retour à DC en témoigne la forte affluence de ce soir et les matchs à guichet fermé sont désormais chose courante. L’amélioration des résultats sportifs n’est pas étrangère à ce regain de popularité mais les véritables supporters se plaignent de l’arrivée de « pseudo fans » qui passent plus de temps sur leur téléphone portable qu’à regarder la rencontre !

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Côté Celtics, le pivot Canadien aux allures de bucheron Kelly Olynyk jouera la bagatelle de 25 minutes pour son premier match de la saison après son opération à l’épaule de mai dernier. On sent bien qu’il n’est pas encore dans son assiette !

Pour l’anecdote, l’équipe de Washington a la particularité d’avoir vu défiler dans ses rangs les deux plus grands joueurs de l’histoire de la NBA (Gheorghe Muresan et Manute Bol) mais également les deux plus petits (Mugsy Bogues et Earl Boykins). Au regard du match de ce soir, elle semble avoir hérité du plus impulsif et du plus fragile ! John Wall prend certes régulièrement de vitesse la défense de Boston mais il est soudainement pris par un accès de folie lorsqu’il effectue une prise de Judo sur le rugueux Marcus Smart ! Il est expulsé dans la foulée pour faute flagrante alors qu’il reste un peu plus de 5 mn à jouer. C’est la 5e expulsion de sa carrière mais la seconde en deux matches ! Il écopera d’une amende de 25.000 USD au passage ! Bradley Beal quand à lui auteur d’un grand écart mal maitrisé a laissé un adducteur dans l’histoire et il doit rentrer prématurément au vestiaire.

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Mais ne nous mentons pas, le match est plié depuis bien longtemps et sous l’impulsion d’un Porter au four et au moulin, rien ne peux plus arriver aux Wizards ce soir. En fin de rencontre, des chants s’élèvent même des tribunes pour lui dresser des louanges au leader technique du soir : « Otto, Otto » crie la foule en liesse ! Washington s’impose donc 118 à 93 dans un match qui n’en a jamais vraiment été un !

Alors que je descends tranquillement de ma plateforme pour regagner la salle de presse, j’en suis empêché « manu militari » par un vigile zélé qui cherche à protéger la sortie des joueurs et des arbitres ! Je la joue « zen », attendant patiemment la fin de l’interview d’Otto Porter pour aller faire un tour en conférence de presse d’après match puis remballer mon matériel. Il est près de 22h lorsque je mets le nez dehors.

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La nuit est étonnamment douce pour cette période de l’année. Un artiste de rue improvise un concert de batterie sur des poubelles en plastique. Je m’engouffre dans la bouche de Métro pour rejoindre mon hôtel à contre sens du flot de spectateurs. Encore une belle soirée de Basket vécue de l’intérieur. Promettez moi si vous êtes du côté de Washington de faire un crochet par le « Verizon Center », vous ne le regretterez pas !

Toutes les photos de la rencontre c’est ici : Washington – Boston

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