Il fallait bien une soirée comme celle-ci pour chasser les premiers doutes. Battus lors de leurs trois premières sorties, les Warriors ont débloqué leur compteur avec la manière sur le parquet des Nuggets.
Au cœur de cette démonstration : un Stephen Curry d’une efficacité redoutable et un Yaxel Lendeborg de plus en plus incontournable. Le rookie a signé son record personnel avec 31 points, 12 rebonds et 6 passes, tandis que son illustre coéquipier a compilé 24 points sans manquer le moindre tir : 8/8 au tir, 3/3 à 3-points et 5/5 aux lancers francs !
Pourtant, Stephen Curry n’avait pris qu’un seul tir en première mi-temps. Une discrétion pleinement assumée dans le cadre des ajustements offensifs opérés par Golden State.
« Il fallait simplement rester patient », explique-t-il. « Nous travaillons sur une approche offensive où je sais que j’attire beaucoup l’attention. J’essaie de ne pas forcer. Nous avons créé beaucoup de bonnes situations en première mi-temps et je savais qu’à un moment, j’aurais mes opportunités. Je ne pensais pas vivre une soirée parfaite comme celle-là, mais je suis heureux que tout se soit mis en place. »
Stephen Curry a finalement inscrit 21 de ses 24 points après la pause, dont 17 dans le troisième quart-temps. Golden State a alors pris le large en inscrivant 40 points dans la période pour repousser Denver à seize longueurs (100-84).
Curry et Green lui ont donné le feu vert
Mais le double MVP a surtout tenu à saluer la performance de Yaxel Lendeborg, dont la maturité le surprend.
« Son calme m’impressionne », souligne le meneur de jeu. « Il sort d’un parcours qui l’a mené au titre NCAA et cette sérénité se voit. Sa taille pose naturellement des problèmes, mais il n’est jamais pressé. Il commence à très bien lire le jeu. Il distribue, attaque le cercle, va sur la ligne des lancers francs et prend des rebonds offensifs. Il possède vraiment toute la panoplie. Nous voulons qu’il continue à jouer avec agressivité. »
Même limité à 1/8 derrière l’arc, le rookie n’a jamais renoncé à attaquer le cercle. Une détermination récompensée par 13 lancers francs obtenus, dont 12 convertis.
« Je me suis surpris, surtout avec ces 13 lancers francs. C’est complètement fou pour moi », reconnaît-il. « Alors que je n’arrivais pas à mettre un seul tir à 3-points, c’est probablement mon meilleur match jusqu’ici. C’était frustrant, mais je suis surtout heureux d’avoir décroché notre première victoire. Je crois que j’en aurais pleuré si nous avions encore perdu. »
Yaxel Lendeborg attribue son changement d’attitude à la confiance affichée par Stephen Curry et Draymond Green. Encore timide durant la présaison, le rookie craignait de perturber le fonctionnement des cadres. Ces derniers l’ont au contraire encouragé à se libérer.
« Je leur ai demandé des conseils et ils m’ont dit d’avoir confiance, d’être agressif et de jouer malgré mes erreurs », raconte-t-il. « Je ne voulais pas gâcher ce qu’ils avaient mis en place, mais ils m’ont donné carte blanche. Depuis, je me suis promis d’être un peu plus agressif chaque soir. »
Draymond Green lui transmet une grande quantité d’informations, parfois jusque sur le banc, afin de l’aider à comprendre les subtilités défensives. Et Lendeborg ne compte surtout pas demander au vétéran de « fermer le robinet ». « J’ai besoin du plus d’informations possible. J’apprécie vraiment qu’il prenne le temps de me donner des conseils et d’être un leader pour moi. »
L’apprentissage de la patience
Pour son quatrième match seulement, le rookie estime déjà mieux maîtriser le tempo en attaque. Plutôt que de se jeter et d’improviser une fois en l’air, il cherche désormais à lire les aides et à choisir le bon moment pour décoller.
Cette patience s’est notamment vue en fin de rencontre, lorsqu’il a préféré servir ses coéquipiers plutôt que de partir à la chasse aux statistiques.
« Je n’ai jamais été quelqu’un qui cherche à gonfler ses stats », explique-t-il. « Je ne voulais pas devenir trop agressif pour battre mon record et risquer de faire perdre le match. À Memphis, j’avais trop forcé et perdu plusieurs ballons de suite. Draymond m’a dit de rester calme, de contrôler la rencontre et de la gagner. »
Les progrès défensifs restent plus difficiles à corriger, notamment sur l’aide côté faible, mais Yaxel Lendeborg assume ses erreurs et promet de travailler à la vidéo. L’apprentissage se poursuit également auprès de Steve Kerr, dont il apprécie particulièrement la patience.
« Il ne me hurle pas dessus. Il me parle comme à un être humain », sourit-il. « C’est un entraîneur très intelligent et il va me donner les bons outils. À moi d’écouter et d’essayer d’appliquer ses conseils dès l’action suivante. »
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur