Les Warriors sortent d’un été frustrant. Après une saison très compliquée, conclue sans playoffs pour la quatrième fois en sept ans, les dirigeants ont pourtant fait le choix de la continuité, n’enregistrant que deux renforts secondaires : Georges Niang et Brandon Williams.
Et pour cause, la priorité des dirigeants n’était pas de chambouler l’effectif, mais de s’assurer de conserver Stephen Curry. À 38 ans, le quadruple champion NBA a prolongé pour 116 millions de dollars sur deux ans.
Un investissement conséquent, même si le meneur a accepté de renoncer à environ 20 millions de dollars par rapport au maximum auquel il pouvait prétendre. De son côté, le propriétaire de la franchise, Joe Lacob, espère que ce geste permettra de conserver Stephen Curry jusqu’à la fin de sa carrière.
« Nous allions prendre soin de lui et faire en sorte qu’il reste, quoi qu’il arrive », a déclaré le propriétaire au San Francisco Chronicle. « Heureusement, nous avons réussi à le convaincre de consentir un effort s’il souhaitait aider l’équipe… Il en a compris l’intérêt. Nous lui en sommes évidemment très reconnaissants. S’il acceptait encore moins, nous serions encore plus heureux (sourire). Mais nous apprécions vraiment son geste. La plupart des joueurs n’acceptent jamais de réduire leurs prétentions, et rien ne l’y obligeait. S’il avait exigé l’intégralité de la somme, nous la lui aurions versée. Il la mérite… Le plus important, c’est qu’il reste un Warrior à vie, car il compte énormément pour cette franchise. »
« La continuité est parfois sous-estimée »
Malgré cette décision de sécuriser l’avenir du visage de la franchise, les fans ont de quoi être frustrés. Sans renfort majeur, les dirigeants prennent le risque de voir les dernières années de Stephen Curry se dérouler sans véritable perspective de titre. Une critique que Joe Lacob comprend, même s’il reste convaincu d’avoir fait les bons choix.
« Je peux comprendre ces critiques et pourquoi les supporters peuvent voir les choses ainsi s’ils ne connaissent pas tous les éléments », explique-t-il. « La continuité est parfois sous-estimée, alors qu’elle est importante. Nous avons de bons jeunes joueurs. Et, que les gens veuillent bien l’admettre ou non, nous avons également de très bons joueurs plus âgés… Il y a des moments où il faut effectuer des mouvements et d’autres où il vaut peut-être mieux ne rien faire. Parfois, les meilleures opérations sont celles que l’on ne réalise pas. Nous pourrions conclure un très mauvais transfert et tout le monde serait satisfait parce que nous aurions, entre guillemets, ‘fait quelque chose’. Mais ce ne serait pas nécessairement la bonne décision. »
Avec les prolongations de Draymond Green, Al Horford ou encore Kristaps Porzingis, Golden State possède l’un des effectifs les plus âgés de la ligue. Là encore, pas de quoi inquiéter l’homme d’affaires, qui rappelle que les situations peuvent rapidement évoluer en NBA…
« S’il y a bien une chose que j’ai apprise en 16 ans ici, c’est que beaucoup de choses évoluent bien plus vite qu’on ne peut l’anticiper », poursuit-il. « Ce sont des êtres humains. Ce n’est pas de l’intelligence artificielle ou du code, rien n’est écrit à l’avance. Certains joueurs sont parfois meilleurs que prévu ou progressent plus rapidement qu’on ne l’imaginait. D’autres vieillissent plus vite et régressent. On ne peut tout simplement pas savoir. »
D’autant que les Warriors pourraient retrouver une certaine flexibilité financière dans les prochains mois, entre les contrats qui arrivent à expiration et les mouvements envisageables avant la « trade deadline ».
« À l’heure actuelle, oui, plusieurs contrats arrivent à expiration et nous pourrions disposer d’une importante marge sous le plafond salarial. C’est un scénario possible, tout comme nous pourrions aussi effectuer des transferts à la deadline. Ou alors Jimmy [Butler] pourrait revenir en pleine forme et nous pourrions prolonger des joueurs comme lui. Pour l’instant, nous n’en savons rien. »
Yaxel Lendeborg, le pari de la jeunesse
Les Warriors se rapprochent donc d’un tournant de leur histoire, et l’un des futurs protagonistes pourrait bien être le rookie Yaxel Lendeborg. À 24 ans, le 11e choix de la dernière Draft arrive en effet avec un physique déjà taillé pour la NBA et pourrait rapidement trouver une place importante dans la rotation.
D’autant plus qu’avec les absences de Jimmy Butler et Moses Moody, qui manqueront encore de longs mois de compétition, l’ancien joueur de Michigan devrait bénéficier de nombreuses opportunités dès le début de saison. Également élu MVP de la Summer League, le jeune ailier possède déjà toute la confiance de ses dirigeants.
« Nous sommes convaincus qu’il va devenir un très bon joueur. Ses débuts semblent nous donner raison, mais ne lui mettons pas trop de pression. Laissons-le progresser. Il va avoir de nombreuses occasions de s’exprimer, ce qui sera, je pense, très bénéfique pour lui », conclut Joe Lacob.
En attendant de savoir si ce pari sur la jeunesse portera ses fruits, les Warriors devront surtout démontrer que la continuité peut encore rimer avec compétitivité autour de Stephen Curry.
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