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A 37 ans, Russell Westbrook possède suffisamment de lignes à son palmarès pour ne plus avoir grand-chose à prouver. MVP, champion olympique, recordman NBA des triple-doubles… Mais lorsqu’on lui demande quelle statistique compte vraiment à ses yeux, sa réponse n’a rien à voir avec le basket. Ce sont les vies qu’il aura réussi à inspirer.
« Mon héritage, c’est ce que j’aurai fait de ce que Dieu m’a donné pour aider les autres et avoir un impact sur leur vie », explique-t-il sur CNN.
Un héritage que Russell Westbrook construit depuis longtemps dans le sud de Los Angeles, là où tout avait commencé pour lui. Chaque année depuis 14 ans, l’ancien meneur du Thunder organise ainsi des camps de basket gratuits pour les enfants. Des milliers de jeunes en ont déjà profité. Et le lieu n’a évidemment pas été choisi au hasard : le Jesse Owens Park, où son père l’emmenait lorsqu’il était enfant.
« Je viens dans ce parc depuis que j’ai huit ans », raconte-t-il. « Pouvoir revenir ici trente ans plus tard et organiser quelque chose comme ça, année après année, c’est un véritable privilège. »
Investir dans l’expression «Why Not ?»
Le terrain sur lequel il a grandi porte désormais son nom. Parmi les enfants qui fréquentent ses camps, certains ont quasiment grandi avec le programme.
Tout part d’une formule : « Why not ? ». Une expression que Russell Westbrook utilisait déjà en plaisantant lorsqu’il était au lycée et qui est progressivement devenue sa devise, puis le nom de sa fondation : « Pourquoi pas nous ? Pourquoi pas toi ? Pourquoi pas moi ? Pourquoi ne pourrions-nous pas accomplir de grandes choses ? »
La Why Not? Foundation intervient désormais dans de nombreux domaines. Elle finance des espaces de lecture à travers les États-Unis, organise des distributions alimentaires et participe à des programmes de logements abordables. Elle propose également un accès gratuit à des services de santé mentale, un projet notamment inspiré par la formation de thérapeute de son épouse, Nina Westbrook. Un sujet auquel l’ancien MVP est particulièrement sensible.
« Quand j’étais enfant, je ne savais même pas ce qu’était une thérapie. Ne pas avoir accès à ces ressources, et même simplement ne pas pouvoir en parler, c’est quelque chose qui n’était pas abordé à l’école. »
Russell Westbrook a donc décidé d’aller encore plus loin avec la Westbrook Academy, une école publique destinée notamment aux enfants issus de quartiers défavorisés. L’objectif : leur donner accès à une éducation de très haut niveau, tout en proposant gratuitement un accompagnement psychologique. Une réalisation dont il semble encore avoir du mal à mesurer la portée.
« Avoir ma propre école, c’est fou », reconnaît-il. « Quand je suis là pour la remise des diplômes, que je vois à quel point ils sont heureux et connectés les uns aux autres, ça m’apporte énormément de joie. »
Agir plutôt que de parler
Son implication dans sa ville natale dépasse désormais largement sa propre fondation. Westbrook est également coprésident d’une initiative menée par l’incubateur de technologies propres de Los Angeles afin de réduire la pollution dans les quartiers les plus vulnérables de la ville à l’approche des Jeux olympiques. Un projet particulièrement symbolique puisque Westbrook a grandi à quelques rues de l’endroit où se trouve désormais l’Intuit Dome, qui accueillera les épreuves olympiques de basket en 2028.
« Cette ville, cette salle, ces gens… Ça va être extraordinaire pour Los Angeles. Je suis particulièrement enthousiaste parce que je suis d’ici » poursuit-il. « Ça m’empêche de dormir la nuit… Je cherche constamment de nouvelles façons d’avoir un impact sur les autres. »
Cette philosophie se retrouve également dans Russell Westbrook Enterprises. Son président, Dell Beverly, connaît Westbrook depuis leur adolescence puisqu’ils jouaient ensemble au lycée. À l’époque, aucun des deux n’aurait imaginé développer un jour une telle structure. Le principe est pourtant simple : l’entreprise n’investit que dans des sociétés qui acceptent elles-mêmes de réinvestir dans leur communauté. « Quand on parle de communauté, il s’agit surtout d’agir plutôt que de beaucoup parler. »
RW Digital travaille par exemple avec de grandes entreprises pour les aider à mieux communiquer auprès des minorités.
Prêt pour une 19e saison NBA
Westbrook a également développé sa marque de vêtements, Honor the Gift, dans laquelle il s’implique personnellement, jusque dans le choix des matières, du poids des tissus et de la coupe. Avec une priorité : conserver des prix accessibles.
Reste tout de même une activité que Russell Westbrook n’est pas encore prêt à abandonner : le basket. Après avoir disputé sa 18e saison NBA sous le maillot des Kings, l’ancien MVP est désormais free agent. Interrogé sur sa prochaine destination, il reconnaît ne pas encore vraiment savoir ce que lui réserve l’avenir. Mais lorsqu’on lui demande s’il souhaite continuer à jouer, sa réponse est beaucoup plus claire : « J’adore jouer au basket. Si ça se fait et que ça fonctionne, c’est mon plan. »
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