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Washington : et si John Wall était le problème ?

« Mon but est d’être MVP. Je me fiche d’être le meilleur joueur de l’Est. Si je n’ai pas de problèmes de santé, je pense que je peux aisément être MVP. » S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à John Wall, c’est bien de ne pas avoir sa langue dans sa poche. Cette déclaration, il l’a faite cet été lors de sa série dédiée à BallisLife et consacrée à son intersaison.

Quatre mois plus tard, elle paraît déjà bien lointaine. Sur le papier, John Wall fait du John Wall : 21.5 points à 46.1% aux tirs, 7.6 passes et 2.5 interceptions en 35 minutes par match, peu de joueurs NBA peuvent se targuer de ces chiffres.

Une machine à statistiques trompeuse

Pour autant, les statistiques sont trompeuses : en premier lieu, John Wall n’est toujours pas une menace extérieure. Avec 28.6% de réussite derrière l’arc, il est sur les bases de sa deuxième plus mauvaise saison en carrière dans ce secteur. Il n’a certes jamais fait partie de l’élite du genre mais il est bien loin de son record de la saison passée (37.1% à 3-pts). De plus, il n’a jamais été aussi peu distributeur : ses 10.1 passes sur 100 possessions par match constituent son plus faible ratio en carrière, un fait que l’on peut certes modérer par les difficultés de ses coéquipiers. Mais d’autres scories apparaissent : ses 71.2% de réussite sur la ligne des lancers-francs sont indignes d’un joueur aussi dépendant de la percussion et, défensivement, il affiche aussi son plus mauvais ratio défensif en carrière (114 points encaissés sur 100 possessions).

Enfin, les Wizards sont actuellement avant-derniers de la conférence Est, juste avant Cleveland, avec un bilan de 2 victoires pour 8 défaites, similaire à celui des Suns… Pour l’heure, John Wall est loin de pouvoir candidater au trophée de MVP.

De par son historique avec la franchise (drafté en 2010 par les Wizards, il est le membre le plus ancien de l’équipe) et son statut (quintuple All-Star), il apparait aux yeux de tous comme le leader de Washington, mais on peut légitimement se demander si un départ du joueur ne serait pas bénéfique aux deux parties.

Un leadership questionnable

Outre les mauvais résultats, l’ambiance est tout aussi morose du côté de la capitale fédérale. Le joueur l’a lui-même reconnu au sujet de la saison passée.

« Tout le monde n’a pensé qu’à soi l’an passé. C’est ce que j’ai ressenti. Ce n’était pas comme l’année précédente, où nous nous amusions » avait-il expliqué alors qu’il a manqué la moitié de la saison. « C’était dur de s’amuser sur le terrain. Il n’y avait pas de sourire ou d’excitation. Je ne sais pas pourquoi, c’était juste bizarre. Si vous ne comprenez pas votre rôle, tout le monde veut être le leader et quand on fait ça, ça cause des problèmes. »

Un constat qui serait beaucoup moins alarmant si John Wall ne tenait peu ou prou le même discours aujourd’hui.

« Tout le monde se concentre sur ses propres objectifs alors que quand on fait les choses comme une équipe, on a montré à quel point nous pouvions être bons. Mais on en revient à essayer de gérer les choses individuellement, surtout en défense. On ne s’aide pas, on ne va pas au rebond en équipe. Ça nous tue. »

Alors que la saison vient à peine de démarrer, rien ne semble avoir réellement changé du côté du Capitole, en dehors de quelques éléments de l’effectif. Les Wizards déjouent et si la responsabilité ne peut être imputée au seul John Wall – après tout, Scott Brooks, Otto Porter, Kelly Oubre ou Austin Rivers peuvent aussi être ciblés – il est naturel de s’interroger sur l’influence du leader autoproclamé dans les résultats d’une équipe.

S’il est toujours délicat de comparer des contextes aussi différents, il semble que la vision du leadership de John Wall soit bien éloignée de celle d’un Stephen Curry, double MVP et capable de laisser la lumière à ses coéquipiers, et plus particulièrement Kevin Durant depuis. Longtemps en bisbille avec Marcin Gortat, le meneur des Wizards a aussi longtemps eu du mal à accepter la présence de Bradley Beal, visiblement obsédé par le gros contrat décroché par son camarade.

« Je pense qu’à de nombreuses reprises, on a tendance à se mépriser l’un et l’autre sur le terrain (…) Je veux toujours que cela repose sur moi. Dans le même temps, je veux qu’il soit là, juste à mes côtés. C’est mon lieutenant. Je suis l’Alpha. C’est l’Alpha bis. Il est juste à côté… »

Des propos certes tenus il y a deux ans et depuis tempérés par des déclarations de soutien mutuel, mais il n’empêche que la propension du meneur à s’engager délibérément dans des questions de statut ou d’objectifs individuels interpelle. D’autant qu’en son absence, Bradley Beal a prouvé l’an passé qu’il pouvait assumer le leadership pour éviter aux Wizards de sombrer.

John Wall n’est évidemment pas le seul joueur de la ligue prompt aux erreurs de communication mais on ne parle pas d’un rookie, et celles-ci sont toujours plus dommageables en provenance d’un vétéran. Dans une ligue où les joueurs connaissent les coulisses adverses, ce n’est sans doute pas anodin si un joueur comme J.J. Barea n’a, dans le cadre d’un conflit avec le Wizard, pas d’autre répartie que de le qualifier de « mauvais coéquipier ».

Un futur contrat déjà… toxique ?

Alors que les Wizards ne gagnent plus, l’influence de John Wall est donc questionnable. Vient ensuite la question de son contrat : c’est à partir de l’an prochain que sa prolongation de contrat à hauteur de 170 millions de dollars sur 4 ans s’exécutera. En 2023, alors qu’il aura 33 ans, il touchera la bagatelle de 47 millions de dollars s’il active sa « player option ». Dès la saison prochaine, il sera rémunéré à hauteur de 38 millions de dollars, un salaire à la limite conforme aux nouveaux émoluments mais qui signifie que les Wizards mobiliseront 92 millions de dollars pour Bradley Beal, Otto Porter et lui, un trio qui n’a toujours pas fait ses preuves aujourd’hui.

Cette prolongation était-elle une erreur ? Dans le contexte de l’été 2017, non. Washington sortait premier de sa division, 4e de la conférence Est et d’une demi-finale de conférence. Mais après avoir prolongé Bradley Beal, la franchise aurait pu attendre…

Qui voudrait d’un meneur au salaire maximum avec un shoot extérieur faible ?

Ce qui est aujourd’hui certain, c’est qu’un an après, cette prolongation apparait comme un poids énorme pour l’avenir de la franchise. Les Wizards régressent et leur star y est pour beaucoup. Dans une ligue orientée à ce point vers le jeu extérieur et la cohésion collective, le profil de John Wall semble anachronique. Dans ce contexte, quelle équipe serait encline à s’attacher ses services alors que son contrat pèsera 35% du salary cap ? Pire encore, un contrat qui comporte une clause de transfert (un « trade kicker ») de 15%, un facteur quasi-rédhibitoire comme le rappelle ESPN.

En clair, sa valeur marchande n’a sans doute jamais été aussi basse alors que dans l’optique d’un virage à 180° pour relancer la franchise, le départ de John Wall semble le plus logique. Mais le meneur All-Star n’est pas le seul fautif de ce départ terrible de Washington et la clémence du propriétaire avec les choix du président Ernie Grunfeld mériterait d’être discutée. En place depuis 2003, le GM (prolongé en toute discrétion l’an passé) n’a pour bilan que quatre demi-finales de conférence en huit participations en playoffs. C’est aussi maigre que l’adresse à 3-points de John Wall.

Basket USA

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