Il existe plusieurs manières de dominer un match, et face aux Blazers, Victor Wembanyama n’a pas immédiatement cherché à imposer la sienne. Bousculé sur chacune de ses prises de position et longtemps moins sollicité que d’habitude, le Français aurait pu réclamer davantage le ballon ou provoquer des tirs difficiles.
Il a choisi une autre voie, et Wemby a continué de courir, défendre, poser des écrans et créer des espaces pour ses partenaires. Lorsque la rencontre est finalement revenue vers lui, il était prêt à frapper.
Le résultat est spectaculaire : 29 points en seulement 24 minutes, à 9/13 aux tirs, dont 3/6 à 3-points, avec 8/9 aux lancers francs. Il a également ajouté 7 rebonds et 3 passes dans la large victoire des Spurs à Portland.
« Victor n’a pas lutté contre le match », résume Mitch Johnson. « Pendant un moment, il n’en était pas une partie très importante en attaque. Il y a eu des séquences durant lesquelles il touchait peu le ballon. Mais il a continué à jouer et a laissé le match évoluer naturellement. Il a eu de l’influence lorsque les occasions se sont présentées, sans jamais forcer. C’était énorme pour nous. »
Faire confiance au plan de jeu
Victor Wembanyama reconnaît que les Spurs ne parviennent pas toujours à conserver cette patience. La tentation peut être grande de s’appuyer systématiquement sur leur talent individuel lorsque l’attaque se dérègle.
« Nous sommes parfois victimes de notre propre talent. Nous devons faire confiance au plan de jeu et à nos coéquipiers. Parfois, le basket peut être aussi simple que cela, parce que nous savons que nous avons du talent. »
À Portland, les Spurs ont justement accepté que leur attaque passe d’abord par d’autres joueurs. Stephon Castle a donné le ton par son agressivité et sa puissance, Julian Champagnie a débloqué la situation par son adresse extérieure et Devin Vassell a sanctionné les espaces offerts par la défense.
Wemby a observé, participé sans monopoliser, puis attendu son heure. Son accélération dans le troisième quart-temps a définitivement brisé les Blazers et porté l’avance texane jusqu’à 33 points.
La profondeur comme arme collective
Pour Mitch Johnson, cette circulation des responsabilités est indispensable. San Antonio possède neuf joueurs qui ont déjà occupé un rôle offensif majeur en NBA et tous doivent donc se sentir impliqués.
« Si nous ne reconnaissons pas la valeur de la passe et si nous ne la célébrons pas, il nous sera difficile de trouver la bonne harmonie offensive », estime l’entraîneur. « Il faut que les joueurs se sentent impliqués, même lorsque l’un fait la première passe, qu’un autre transmet ensuite le ballon et qu’un troisième marque. Lorsque des joueurs aussi talentueux acceptent ce style, cela devient très difficile à défendre. »
Cette philosophie permet également aux Spurs de ménager leurs cadres. Sur la deuxième soirée d’un « back-to-back » avec déplacement, aucun titulaire n’a dépassé les 28 minutes. Victor Wembanyama, lui, n’a eu besoin que de 24 minutes pour terminer meilleur marqueur.
« La profondeur est l’une de nos forces », rappelle Mitch Johnson. « Nous possédons beaucoup de très bons joueurs et de nombreuses combinaisons capables de fonctionner. Cela doit devenir un avantage pendant toute la saison. »
« Nous sommes encore en construction »
Malgré huit succès consécutifs et un bilan de 8-2, Victor Wembanyama refuse toutefois de considérer les Spurs comme un produit fini. Finaliste la saison dernière, San Antonio aborde désormais chaque rencontre avec un statut différent et doit apprendre à répondre à des plans de jeu de plus en plus ciblés.
« Nous avons déjà été testés de plusieurs manières, mais il en reste encore beaucoup d’autres », prévient le Français. « Nous sommes dans une très bonne situation après dix matchs, mais nous sommes toujours en construction. Tout le monde est en train de comprendre son nouveau rôle. »
« Nous avons disputé plusieurs scénarios différents pendant cette série, mais nous avons également affronté certaines équipes plusieurs fois », ajoute-t-il. « La saison est longue. Nous rencontrerons des difficultés impossibles à anticiper, mais nous serons prêts. »
| Victor Wembanyama | Pourcentage | Rebonds | |||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Saison | Equipe | MJ | Min | Tirs | 3pts | LF | Off | Def | Tot | Pd | Fte | Int | Bp | Ct | Pts |
| 2023-24 | SAS | 71 | 29.7 | 46.5 | 32.5 | 79.6 | 2.3 | 8.4 | 10.6 | 3.9 | 2.2 | 1.2 | 3.7 | 3.6 | 21.4 |
| 2024-25 | SAS | 46 | 33.2 | 47.6 | 35.2 | 83.6 | 1.8 | 9.2 | 11.0 | 3.7 | 2.3 | 1.1 | 3.2 | 3.8 | 24.3 |
| 2025-26 | SAS | 64 | 29.2 | 51.2 | 34.9 | 82.7 | 2.0 | 9.5 | 11.5 | 3.1 | 2.4 | 1.0 | 2.4 | 3.1 | 25.0 |
| 2026-27 | SAS | 9 | 31.0 | 49.2 | 28.6 | 75.7 | 3.1 | 9.4 | 12.6 | 3.0 | 1.9 | 1.2 | 2.2 | 4.2 | 29.1 |
Comment lire les stats ? MJ = matches joués ; Min = Minutes ; Tirs = Tirs réussis / Tirs tentés ; 3pts = 3-points / 3-points tentés ; LF = lancers-francs réussis / lancers-francs tentés ; Off = rebond offensif ; Def= rebond défensif ; Tot = Total des rebonds ; Pd = passes décisives ; Fte : Fautes personnelles ; Int = Interceptions ; Bp = Balles perdues ; Ct : Contres ; Pts = Points.
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