À 46 ans, Natalie Nakase est devenue championne WNBA avec les Valkyries, seulement deux ans après la création de la franchise. Un accomplissement historique pour une coach qui ne manque ni d’ambition ni de caractère.
Mais pour conduire Golden State jusqu’au titre, elle a dû remettre en question ce qui faisait justement sa force : son obsession du détail et sa volonté de tout contrôler !
« Une partie de mon ADN, c’est d’être une extrémiste obsessionnelle. C’est pour ça que je veux tout gagner aussi rapidement », expliquait-elle. « Je peux répéter la même chose encore et encore jusqu’à la perfection. C’est probablement pour ça que je pensais pouvoir concevoir le plan de jeu parfait et gagner immédiatement. »
« Je me mets un F moins pour les trois premiers matchs »
Mais après trois rencontres dans ces Finals WNBA, Golden State était mené 2-1 par Atlanta. Les pertes de balle s’accumulaient et l’attaque manquait de fluidité. Alors, plutôt que d’accabler ses joueuses, Natalie Nakase a commencé par s’interroger sur ses propres méthodes.
« J’étais parfois confuse. Je me mets un F- pour les Games 1, 2 et 3. Ma communication était mauvaise », a-t-elle reconnu. « J’ai dû écouter mes joueuses, comme Kiah Stokes, qui m’a dit : ‘C’est une longue série, coach. Respire.’ Écouter mes mentors, qui me disaient : ‘Ce sera une bataille, pourquoi ne pas prendre un instant ?’ Parfois, être extrémiste ne fonctionne pas très bien dans une série de sept matchs. »
Habituée à vouloir résoudre chaque problème, Natalie Nakase a compris qu’elle devait simplifier ses consignes.
« Il faut transmettre mon message un peu plus lentement, un peu plus clairement. C’est toujours ma responsabilité. Tout dépend de la manière dont l’entraîneuse principale transmet son message. »
Des choix forts et aucune place pour les ego
Cette remise en question s’est également traduite sur le parquet. Avant le Game 4, Natalie Nakase a notamment intégré Tiffany Hayes et Kaila Charles dans son cinq majeur, à la place de Kayla Thornton et Cecilia Zandalasini. Et Golden State a remporté les deux rencontres suivantes.
« Le plus beau avec notre équipe, c’est que personne ne se soucie de savoir qui commence les matchs. Personne. Nous pouvons faire ça parce que nous avons une équipe vraiment altruiste, sans ego », s’est-elle félicitée.
Une souplesse qui n’empêche pas les décisions difficiles. Janelle Salaün, pourtant élue meilleure sixième joueuse de la saison à l’unanimité, a ainsi progressivement disparu de la rotation, jusqu’à ne pas entrer en jeu lors des trois dernières rencontres des Finals…
« Sa volonté de nous écouter sur ce que nous faisons le mieux et ce que nous pouvons apporter, c’est quelque chose qui m’a particulièrement marquée », souligne Kiah Stokes. « Elle sait s’adapter à ses joueuses. »
Apprendre à faire confiance
Natalie Nakase n’a pourtant rien perdu de son exigence. Dès le début du training camp, elle avait consacré trois journées entières à la défense, sans même laisser ses joueuses toucher un ballon. Une obsession qui a toutefois contribué à faire des Valkyries la meilleure défense de WNBA.
Mais au fil de la saison, l’entraîneuse a compris que son exigence devait aussi s’accompagner d’écoute et de confiance. Une évolution décisive lors du Game 7, lorsque Gabby Williams, limitée à deux points en première période, a inscrit 28 points après la pause pour offrir le titre à Golden State (68-63).
« Natalie m’a dit de rester patiente. Je lui ai fait confiance », a raconté la Française après la victoire.
Lors de son entretien d’embauche, Joe Lacob avait d’ailleurs annoncé à Natalie Nakase son ambition de remporter un titre en cinq ans. Elle n’aura finalement eu besoin que de deux saisons. Et d’une leçon qu’elle n’avait peut-être pas anticipée : pour atteindre la perfection, il faut parfois accepter de ne pas tout maîtriser.
Suivez toute l'actualité NBA sur la
Suivez nous également sur