Chaque automne, le « GM Survey » permet de connaître les favoris des dirigeants NBA pour la saison à venir. Un exercice qui réserve parfois des surprises… notamment lorsqu’on les confronte à la réalité.
Car en parcourant les archives de la NBA, qui remontent à 2002, un constat se dégage : les GM sont plutôt bons pour identifier les équipes dominantes, mais beaucoup moins pour anticiper l’émergence de nouveaux prétendants.
Sur les 24 dernières saisons, ils n’ont ainsi correctement désigné le futur champion qu’à neuf reprises, auxquelles s’ajoute une réussite partagée entre deux favoris. Soit moins de 40% de bons pronostics !
Des favoris de moins en moins fiables
Le contraste entre les époques est particulièrement révélateur. Entre 2005 et 2018, les dirigeants ont trouvé neuf fois le futur champion, profitant notamment des périodes de domination des Lakers, du Heat et des Warriors.
Mais depuis 2019, ils accumulent les erreurs ! En huit saisons, seul Boston, en 2024, a confirmé leurs attentes. Et encore, les Celtics partageaient alors le statut de favoris avec les Nuggets…
En 2019, 87% des GM misaient ainsi sur les Warriors, finalement battus par Toronto. Deux ans plus tard, 81% annonçaient un nouveau titre des Lakers, avant le sacre de Milwaukee.
Et le phénomène s’accentue. En 2025, Boston avait recueilli 83% des suffrages, mais Oklahoma City avait été sacré. Puis en 2026, le Thunder, favori à 80%, avait laissé sa couronne aux Knicks. Plus étonnant encore : sur les dix saisons où une équipe a recueilli au moins 70% des votes, elle n’a remporté le titre qu’à trois reprises…
Le MVP, un véritable casse-tête
Les dirigeants sont encore moins inspirés pour le MVP, avec seulement 6 réussites en 24 ans, soit 25% ! L’exemple de LeBron James est assez frappant. Entre 2014 et 2019, le « King » a été désigné favori six années consécutives, sans jamais remporter le trophée sur cette période.
| Saison | Favori des GM | MVP réel | Votes pour le MVP réel |
|---|---|---|---|
| 2004/05 | Shaquille O’Neal (57,1 %) | Steve Nash | 0 % |
| 2005/06 | Tim Duncan (58,3 %) | Steve Nash | 0 % |
| 2010/11 | Kevin Durant (66,7 %) | Derrick Rose | 0 % |
| 2014/15 | LeBron James (67,9 %) | Stephen Curry | 0 % |
| 2018/19 | LeBron James (30 %) | Giannis Antetokounmpo | ≈ 3,3 % |
Les GM semblent ainsi privilégier les valeurs sûres, quitte à sous-estimer l’émergence de nouveaux candidats. Stephen Curry, en 2015, ou Derrick Rose, en 2011, n’avaient même reçu aucune voix avant leur sacre !
À l’inverse, le trophée de Rookie de l’année reste plus facile à anticiper. Les GM ont trouvé 10 des 24 derniers lauréats, dont cinq des huit plus récents : Luka Doncic, LaMelo Ball, Paolo Banchero, Victor Wembanyama et Cooper Flagg.
Une réussite qui s’explique notamment par le système de la Draft, dont la hiérarchie permet d’identifier assez facilement les principaux prétendants et les attentes qui les entourent.
Un mauvais présage pour les Spurs ?
Ces chiffres mettent donc en perspective le GM Survey 2026/27, qui place les Spurs en tête des favoris pour le titre (50%), tandis que Victor Wembanyama écrase les suffrages pour le MVP (77%).
Les dirigeants ont-ils cette fois correctement identifié la prochaine équipe dominante ? Ou surestiment-ils la capacité de San Antonio à franchir une nouvelle étape ?
L’histoire rappelle en tout cas que le consensus ne garantit rien. Et que les dirigeants NBA semblent souvent meilleurs pour reconnaître une domination déjà installée que pour voir venir celle qui pourrait lui succéder. Même si, comme l’illustrent nos previews saison après saison, ils ne sont pas forcément les seuls dans ce cas…
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