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Il y a 60 ans, Bill Russell brisait une barrière historique en NBA

Le 15 octobre 1966, Bill Russell dirigeait son premier match sur le banc des Celtics. Il devenait ainsi le premier entraîneur noir de l’histoire de la NBA, et ouvrait une nouvelle page du sport américain.

Bill RussellLe 15 octobre 1966, les Celtics dominent les San Francisco Warriors (121-113), mais l’essentiel est ailleurs. Pour la première fois, une équipe NBA est en effet dirigée par un entraîneur noir : Bill Russell.

À 32 ans, le légendaire pivot de Boston ne se contente pas de prendre place sur le banc. Il est aussi joueur, puisqu’il a accepté de succéder à Red Auerbach tout en poursuivant sa carrière. Une double casquette qui constitue un immense défi, même pour celui qui compte déjà neuf titres NBA à son palmarès.

Quelques mois plus tôt, Red Auerbach avait annoncé son intention de quitter le banc des Celtics après neuf titres en dix saisons. Pour lui succéder, il avait notamment envisagé Bob Cousy, Frank Ramsey et Tom Heinsohn. Mais aucun ne souhaitait reprendre les commandes de la dynastie. Confier les clés à Bill Russell s’était alors imposé.

« On ne m’a pas proposé ce poste parce que je suis noir »

« Je ne pensais pas que ce serait une bonne idée. J’avais vu ce que Red avait traversé pendant dix ans. Pourquoi aurais-je voulu m’infliger ça ? », racontera plus tard Bill Russell, qui avait initialement refusé la proposition.

Mais devant les difficultés à trouver un successeur et la perspective de voir arriver sur le banc de Boston un technicien avec lequel il ne souhaitait pas travailler, le pivot finit par accepter.

Sa nomination est officialisée le 18 avril 1966, dans une Amérique encore profondément marquée par la ségrégation raciale et les luttes pour les droits civiques.

« On ne m’a pas proposé ce poste parce que je suis noir, mais parce que Red estimait que j’en étais capable », déclare-t-il à l’époque. « Je n’ai pas accepté ce poste pour faire passer un message social. Je l’ai accepté parce que je pensais que c’était la bonne décision. J’étais le meilleur choix à ce moment-là. »

Une nomination qui dépasse pourtant le cadre du basket. En devenant le premier entraîneur noir de la NBA et de l’ère moderne des grandes ligues professionnelles américaines, Bill Russell fait tomber une nouvelle barrière.

Un entraîneur sans assistant

Reste à réussir sur le terrain. Car Bill Russell doit désormais gérer ses coéquipiers, dessiner les systèmes et prendre les décisions, tout en continuant à défendre, prendre des rebonds et organiser le jeu des Celtics.

Le tout sans entraîneur adjoint ! « Quand j’ai été nommé entraîneur des Celtics, les joueurs m’ont accepté sans aucune hostilité », expliquera-t-il rétrospectivement. « Ils me respectaient en tant que joueur et pour ma connaissance du jeu. Ils jouaient aussi dur pour moi qu’ils le faisaient pour Red Auerbach. »

Ce respect est essentiel pour celui qui doit désormais diriger des hommes avec lesquels il partage encore le vestiaire.

« C’était génial de jouer pour lui. J’adorais ce type », se souviendra notamment Don Nelson, l’un de ses coéquipiers à Boston.

Pour Red Auerbach, il n’est d’ailleurs pas question de garder le contrôle à distance. « Je ne m’assiérai pas près du banc. Ce sera lui le patron », assure-t-il au moment de passer le relais.

Deux titres pour entrer définitivement dans l’histoire

La première saison de Bill Russell comme entraîneur se termine pourtant par une déception. En 1967, les Celtics sont éliminés par les Sixers de Wilt Chamberlain en finale de la Division Est.

Leur série de huit titres consécutifs prend fin, mais le nouveau technicien ne tarde pas à répondre.

En 1968, Boston retrouve le sommet en battant les Lakers en finale. Puis les Celtics conservent leur couronne en 1969, à l’issue d’une nouvelle finale remportée face à Los Angeles, en sept matchs.

En trois saisons comme entraîneur-joueur, Bill Russell aura ainsi décroché deux titres NBA, avec un bilan de 162 victoires pour 83 défaites en saison régulière.

Il prend sa retraite à l’été 1969, avec onze bagues de champion comme joueur et une place à part dans l’histoire du sport américain.

Son parcours ouvre ainsi la voie à d’autres pionniers, comme Lenny Wilkens, Al Attles ou Earl Lloyd, tandis que son héritage dépasse les parquets. Déjà intronisé au Hall of Fame comme joueur en 1975, Bill Russell y fera d’ailleurs une seconde entrée en 2021, cette fois comme entraîneur.

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Coordinateur du site éditorial Dimitri Kucharczyk

Tombé amoureux de la balle orange au son de la voix de George Eddy et des arabesques de Penny Hardaway et Hakeem Olajuwon, Dimitri a intégré BasketUSA en 2008, avant d'en devenir rédacteur en chef

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