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La passation de pouvoir entre Rudy Gobert et Victor Wembanyama comme meilleur défenseur de la ligue ne se fait pas sans quelques remous. Alors que le pivot des Wolves avait profité de l’inéligibilité de son compatriote la saison dernière pour voir un de ses principaux concurrents hors-course, «Wemby» a pris une revanche éclatante en 2025-2026 avec le premier DPOY décerné à l’unanimité. Plus que la perte de son trophée, c’est sa quatrième place finale qui courrouce Gobert les Wolves.
Pour la franchise de Minnesota, ne pas voir son pivot parmi les finalistes pour cette récompense – Chet Holmgren (Thunder) et Ausar Thompson (Pistons) ont accompagné Wembanyama sur le podium – est difficile à digérer.
«Qu’il ne soit pas finaliste pour être défenseur de l’année, c’est une blague !» s’est emporté Chris Finch lundi en conférence de presse après la victoire contre les Nuggets. «A lui seul, Rudy est habituellement une défense parmi les cinq meilleures de la ligue. Si nous n’avions pas des problèmes de fautes ou de rebond, notre défense serait aisément dans le Top 5 (8e defensive rating avec 112,5 points pour 100 possessions, tout proche des Raptors 5e avec 112,1) et ce n’est pas seulement de son fait mais de toute l’équipe. J’ai trouvé ça incroyablement irrespectueux… C’est un défenseur exceptionnel, un professionnel exceptionnel, un être humain exceptionnel. Il ne se soucie que de faire les choses bien. Les conneries que peuvent dire certains sur Rudy sont ridicules, mesquines et insignifiantes.»
«Ce n’est pas la première fois qu’on me manque de respect, ce ne sera probablement pas la dernière.»
Entre Rudy Gobert et ce trophée de DPOY, la relation entre amour et haine se poursuit. Quadruple vainqueur, record historique, le Français a aussi parfois eu bien du mal à cacher sa frustration de ne pas recevoir davantage de considération, du grand public comme des médias. «Je sais qui je suis, ce n’est pas la première fois qu’on me manque de respect, ce ne sera probablement pas la dernière» a-t-il estimé devant les micros après le Game 2 à Denver. «S’ils veulent manquer de respect à l’excellence, la prendre pour acquise ou je ne sais quoi, ils se rendront compte de son impact tôt ou tard.»
Gobert l’assure toutefois, ne pas figurer parmi les trois finalistes pour ce trophée ne lui ont pas donné de «motivation supplémentaire«, alors qu’ils avaient été annoncés la veille de ce deuxième match face aux Nuggets. Devoir faire face à Nikola Jokic, le meilleur pivot de la ligue était un défi suffisamment grand pour cela. L’ancien joueur du Jazz s’en était tiré avec brio dans le quatrième quart-temps mardi, limitant le Serbe à un seul panier marqué. «J’ai eu de la chance parce que je ne suis pas l’un des trois meilleurs défenseurs de la saison », avait-il ironisé. «Je ne sais pas faire ça. Donc j’ai juste eu de la chance.«
Limiter Jokic, un défi de DPOY peu importe l’étiquette
Après l’annonce des résultats, tous les Wolves interrogés se sont montré unanimes, d’autant plus après la performance de leur dernier rempart dans la rencontre. «Je lui ai dit dans le vestiaire juste après le match que nous n’étions que la moitié de nous-mêmes quand il est sur le banc» avait lâché Anthony Edwards. «Jokic est peut-être triple ou quadruple MVP, mais qu’est-ce qu’il est ? Il a trois trophées de MVP, mais Rudy a été quatre fois défenseur de l’année pour une raison. Les gens doivent commencer à le respecter.»
«Rudy est notre Défenseur de l’année» avait insisté Donte DiVincenzo. «Ses chiffres l’ont montré toute la saison : le différentiel quand il est sur le terrain et quand il ne l’est pas, toutes ces choses… Nous avons toute la confiance du monde en lui et nous avons confiance en ce un-contre-un. Jokic est un sacré joueur, un candidat MVP, mais au final, nous faisons confiance à Rudy. Il s’est défoncé toute la saison.»
A défaut d’une récompense individuelle de plus, Rudy Gobert gagnerait sans doute un peu plus en estime s’il parvenait à limiter au mieux Nikola Jokic comme il a su le faire mardi. Sa performance déterminante avait largement participé à la victoire de Minnesota sur le parquet de Denver, avant deux prochains matchs à domicile pour les Wolves.
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