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Interview Donovan Mitchell : « Comme je suis rookie, je dois apporter sa nourriture à Rudy »

Après la démonstration du Jazz face aux Blazers, Damian Lillard a été sans équivoque : pour lui, Donovan Mitchell doit gagner le titre de rookie de l’année. Auteur de 27 points, le rookie phénoménal du Jazz a effectivement signé une nouvelle prestation de très haut niveau face à un All-Star. Et avec Utah qui remonte au classement, le dossier de l’ancien de Louisville commence à peser de plus en plus lourd…

Quoi qu’il advienne, déjà clutch mais bien conscient de ses erreurs, Donovan Mitchell s’est confié à Basket USA sur sa saison rookie et son apprentissage de la Grande Ligue. Il est également revenu sur sa relation avec Rudy Gobert, et sur sa préparation avant le prochain concours de dunks qui arrive très vite !

« La seule présence [de Rudy] fait peur aux attaquants adverses »

Donovan, vous enchaînez une 9e victoire de suite avec le Jazz. Comment expliquez-vous ce succès face à Portland ?

« Le cinq avec Raul [Neto], Royce [O’Neale], AB [Alec Burks]… Euh… qui était aussi dans ce cinq quand on a retrouvé la marche avant et de l’énergie ? Je ne sais plus mais c’était bien. Mais c’est un peu l’histoire de ce match pour nous. On n’a jamais abandonné. Quand la balle a commencé à trop stagner, qu’on s’est tourné un peu trop sur de l’isolation, on a réussi à revenir à notre jeu. Le plus important, c’est qu’on arrive à retrouver notre jeu. On s’est à nouveau concentré sur la défense et on a réussi une belle série en début de 3e quart temps. Et c’est ça qui nous a beaucoup aidé pour aller chercher la victoire. »

Quel facteur Rudy Gobert joue-t-il dans ce redressement spectaculaire du Jazz ?

« Rudy est super important. Il contre beaucoup de tirs mais ce que les gens ne voient pas et ne comprennent pas, c’est que sa seule présence fait peur aux attaquants adverses. Damian Lillard a marqué 39 points mais avec lui plus Favors dans la peinture, on a un sacré duo. Et offensivement, tous deux sont capables de poser de très bons écrans, de s’ouvrir avec détermination vers le cercle et d’attraper la balle pour aller dunker sur n’importe qui. C’est énorme pour nous d’avoir cette présence intérieure. Et offensivement, Rudy continue de progresser. Il a confiance en son jeu et il élargit son arsenal. Ces deux-là nous aident énormément. »

Mais vous avez également été clutch, avec 10 de vos 27 points en dernier quart. En tant que rookie, comment gérez-vous ces moments chauds ?

« Ils ont fait un peu de pressing sur la fin de match et ça m’a rappelé l’époque de coach P [Pitino à Louisville] quand on faisait des 6 contre 5 pour apprendre à gérer ça. J’ai commis plusieurs erreurs pour le coup. J’ai filé à la balle à Royce mais il était dans un coin et il était bloqué avec la ligne de mi-terrain. C’est de ma faute ! Et puis, ma tentative de spin sur la prise à deux était une très mauvaise idée. J’ai eu de la chance que la balle touche la jambe de Dame [sur une autre action]. Il y a des moments où je ne suis pas encore sûr de bien protéger le ballon. Ça fait partie du processus d’apprentissage. Les équipes vont faire ça contre nous quand elles sont dos au mur. On doit s’y habituer. »

[ndlr : Pendant qu’il énumère ses erreurs, Mitchell se voit reprendre par Jonas Jerebko qui revient de la douche et dit : « Ce n’est pas bien grave, tu t’es largement rattrapé aussi ! »]

Le nouvel arrivé, Jae Crowder, finit à 15 points et 5 rebonds, quelle impression vous a-t-il laissé pour sa première sortie ?

« Jae a déjà été un élément important sur ce match. Il a rentré des tirs importants et il a bien aidé en défense. Il est super costaud et je peux vous le dire après l’avoir affronté deux fois ! Mais c’est surtout un gros compétiteur. Il a joué très dur sur le terrain, il nous apporte beaucoup d’énergie. Les défenses adverses doivent respecter son tir extérieur mais aussi son jeu au poste bas. Il a bien fait circuler le ballon, ce dont on avait besoin [sans Ricky]. »

Comment présagez-vous son apport pour la défense de votre équipe, qui est déjà votre point (très) fort ?

« Oui, on s’est rapidement rendu compte qu’il allait bien s’intégrer avec nous. Il comprend très vite. Il a passé une moitié de saison à Cleveland où ils font beaucoup de changements en défense. Ici, on a tellement plus de schémas défensifs et ça en dit long sur son QI et sa polyvalence. Il y a eu beaucoup d’actions où il a fait les bons choix sans savoir. Il a super bien défendu et c’était impressionnant de voir ses réactions parfaites durant le match. Quand le coach lui dit un truc, il l’applique directement. Je vais pour sûr discuter avec lui et apprendre de son expérience. C’est super de l’avoir avec nous. »

« Quand tu te dis que c’est un moment clutch, c’est là que tu te mets trop de pression « 

Vous avez déjà évoqué l’importance de Rudy, mais comment sentez-vous votre duo pour l’avenir du Jazz ? 

« Rudy est super. Il pose de très bons écrans et s’ouvre bien vers le cercle. Défensivement, il donne une sensation de sécurité. Même quand tu te fais déborder par ton joueur, tu sais qu’il est derrière. On s’entend super bien, c’est mon gars. Le plus important, c’est qu’on continue à prendre du plaisir sur le terrain. On est deux compétiteurs et parfois [à l’entraînement], l’esprit de compétition prend le meilleur et on se chauffe un peu mais ça se termine toujours bien car c’est de la passion. Et on est tous les deux investis dans cette équipe. C’est mieux d’avoir ce type de communication qu’aucune communication. C’est un très bon coéquipier et j’espère qu’on va faire de grandes choses ensemble. »

Vous avez pris la température de la NBA sans tarder, êtes-vous surpris par votre explosion dès votre première saison ? 

« Oui, à 100% ! Il s’agit d’apprendre pour moi. J’apprends encore à chaque match. Il y a des matchs où je m’en sors bien et d’autres où ça ne marche pas. Mais même quand je m’en sors bien, il y a toujours des erreurs desquelles je peux apprendre. Et c’est ce que j’essaie toujours de faire : je veux construire sur mes erreurs plutôt que de ne retenir que les choses que je fais bien. »

Avez-vous toujours été aussi calme dans les moments chauds ? Quel est votre secret ?

« Je prends ça comme si c’était une possession comme les autres. Le problème, c’est que quand tu te dis que c’est un moment super important, c’est là que tu te mets trop de pression et ça peut affecter ton jeu. Il faut rester concentré. [Hier], ils ont essayé de me blitzer et il y avait eu un match avant la saison où j’avais un peu craqué face à ça. Je m’étais dit après ce match que je devais garder mon sang-froid et continuer à faire les bons choix. Et c’est ce que je pense avoir fait. »

Vous allez participer au concours de dunks au All Star Weekend (et c’est une très bonne nouvelle), avez-vous déjà pu commencer à préparer l’événement ?

« C’était un peu compliqué car la décision a été prise tardivement. Mais j’ai quelques idées déjà. J’y réfléchis et je vais commencer à m’entraîner très rapidement. J’en ai déjà parlé à mon gars Chuck [Millan] que je connais depuis le lycée. Ça va être sympa ! »

Enfin, quelles sont vos obligations en tant que rookie ? 

« Je dois apporter sa nourriture à Rudy. »

Ah, vous a-t-il demandé des spécialités françaises, des croissants et des trucs comme ça ?

« Non, il ne m’a pas encore fait ça [rires] ! Avant chaque vol, je lui amène sa bouffe. Rien de bien méchant. »

Propos recueillis à Portland

Basket USA

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