En quelques années, l’environnement de la NBA s’est profondément transformé. Deux éléments ont notamment pris une place considérable autour de la Grande Ligue : les paris sportifs et les réseaux sociaux.
Aujourd’hui, il semble en effet presque impossible de faire abstraction des paris sportifs, alors que de nombreux joueurs et la NBA elle-même s’associent à des sociétés de « betting ». Une réalité bien différente de celle qu’a connue Michael Jordan dans les années 1980 et 1990.
« Je ne peux pas me préoccuper des paris des gens, ni des statistiques. Je ne m’en suis d’ailleurs jamais soucié », explique l’ancien des Bulls. « Tout ce qui m’importe, c’est le résultat final du match. Si nous gagnons, je me fiche complètement de savoir qui a remporté son pari ou qui l’a perdu. Moi, je sais que j’ai gagné le match. Au bout du compte, c’est la seule chose sur laquelle je me concentre. Malheureusement, du point de vue des athlètes, les choses ont évolué et tous ces éléments entrent désormais en ligne de compte. »
« Personne ne savait ce que je faisais avant ou après un match »
À l’époque, les joueurs bénéficiaient aussi d’une exposition bien moindre de leur vie privée.
« Je me souviens qu’autrefois, personne ne savait ce que je faisais avant ou après un match », se rappelle-t-il. « Aujourd’hui, tout se sait. Cela s’explique par la volonté des supporters de se sentir encore plus proches des joueurs. Mais certains utilisent également ces informations pour analyser les paris et fixer les cotes. »
Si les jeux d’argent faisaient bien partie des passions de Michael Jordan, les paris sportifs autour de ses propres performances ne faisaient alors pas partie de l’équation.
« Si je compare mon époque à aujourd’hui, j’aime penser que je serais resté concentré sur mon adversaire : ses qualités, sa tendance à partir à gauche ou à droite, ce genre de choses. Je ne me serais jamais préoccupé de savoir qui pariait sur les Bulls ou contre eux, ni qui était le favori du match. Cela aurait peut-être fait partie de l’environnement général, mais un athlète ne peut réellement influencer qu’une seule chose : ce qu’il accomplit sur le terrain. Tout le reste échappe à notre contrôle », explique-t-il.
« La pression est plus forte aujourd’hui »
Dans la NBA actuelle, la manière dont les joueurs construisent leur carrière a également beaucoup évolué. En plus d’être des basketteurs, les stars doivent désormais gérer leur image et développer leur propre marque.
Un domaine dans lequel Michael Jordan était d’ailleurs un pionnier, lui qui a largement contribué à transformer le joueur NBA en véritable marque mondiale. Mais l’environnement de son époque lui permettait, selon lui, de séparer davantage ces enjeux de ses performances sur le terrain.
« La pression est plus forte lorsque l’on tient compte de tout ce qui entoure désormais un match », estime-t-il. « À mon époque, les choses étaient très simples : soit vous gagniez, soit vous perdiez. Nos seules préoccupations étaient les suivantes : ‘Est-ce que je veux faire des Chicago Bulls la meilleure équipe possible ? Est-ce que je veux gagner un titre ? Si j’en remporte un, puis-je recommencer ? Puis-je conserver la même concentration ?’ Aujourd’hui, il faut développer sa propre marque et surveiller ses statistiques, car elles déterminent la récompense financière que vous pourrez obtenir à la fin de votre contrat. Tous ces éléments entrent désormais en ligne de compte. Il faut réunir toutes ces informations et produire différentes analyses pour déterminer comment faire prospérer son activité en fonction de ce qui se passe sur le terrain. C’est très différent d’il y a vingt ans. »
S’il est persuadé qu’il aurait été capable de conserver la même concentration, le sextuple champion NBA reste donc bien heureux de ne pas avoir eu à évoluer dans l’environnement actuel de la Grande Ligue.
« Le monde du sport comporte aujourd’hui une composante totalement différente, et je ne les envie pas. Je suis heureux d’être né à mon époque. Aurais-je agi différemment aujourd’hui ? Je suis profondément fidèle au jeu, donc je ne pense pas que mon regard sur le basket aurait changé. Les opportunités en dehors des terrains auraient peut-être été différentes, mais ma passion sincère pour le basket serait restée la même », conclut-il.
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