« Ils nous ont mis une droite d’entrée de jeu. Ça fait deux matchs d’affilée. » À San Antonio lors du Game 4 hier, Shai Gilgeous-Alexander et le Thunder ont de nouveau bégayé leur entame de match face à l’intensité déployée par les Texans. Mais à la différence de la rencontre précédente, OKC, mené de 9 points après 12 minutes (28-19), n’a pas été en mesure de réagir pleinement cette fois.
Le champion en titre n’est jamais parvenu à imposer son rythme en attaque, ou de signer un « run » pour reprendre les choses en main. Dix-neuf points à chacun des deux premiers quart-temps, 22 pour chacun des deux suivants, un banc qui a globalement souffert (1/10 pour Jared McCain, 2/11 pour Aaron Wiggins, zéro pointé pour Alex Caruso…), 33% de réussite générale dont 18% de loin…
Les hommes de Mark Daigneault, qui n’avaient pas marqué moins de 108 points dans cette campagne, ne s’étaient jamais montrés aussi maladroits cette année, saison régulière comprise. Le Thunder qui, cette nuit, en plus de Jalen Williams, était privé d’Ajay Mitchell. Mais le coach sait qu’il a suffisamment de profondeur pour compenser.
Pas la bonne approche du Thunder
« On en est capables (de faire sans eux). J’ai trouvé qu’on avait vraiment laissé à désirer de ce côté du terrain ce soir. On n’a pas eu le tranchant, l’impact ou la précision nécessaires pour les faire craquer. Et ils ont été excellents en défense, dans leur énergie comme dans leur dimension physique. On s’y attendait un peu en venant ici : ils sont menés et ils jouent à domicile, c’est le genre de chose prévisible. Mais c’est autre chose quand on est sur le parquet », juge Mark Daigneault.
Le technicien d’OKC analyse ainsi les deux faces d’une même pièce. Avec d’un côté, une défense étouffante de la part de San Antonio, menée par ses deux capitaines en la matière, Victor Wembanyama bien sûr (3 contres, 2 interceptions), mais également Stephon Castle, qui n’a pas lâché « SGA » de la soirée. Et de l’autre, une attaque en manque d’imagination.
« Globalement, notre approche offensive ce soir n’a profité à personne. C’était plutôt un problème collectif, un problème d’ensemble de notre part. Et encore une fois, San Antonio a très bien défendu ; c’est une combinaison de nous qui n’avons pas été aussi tranchants, et de San Antonio qui a été excellent. Je ne sais pas quel système j’aurais pu annoncer ce soir qui aurait changé la donne », poursuit le coach.
Les Spurs ont passé la soirée à sanctionner
Lors des toutes premières minutes de jeu, son équipe était pourtant parvenue à identifier un schéma de jeu favorable, en insistant avec un Isaiah Hartenstein déchaîné avec ses « floaters » (4/4 pour démarrer) devant l’épouvantail français d’en face.
Mais la suite a été moins reluisante en raison de la pression physique des locaux qui a alimenté les nombreuses punitions : 18 points en contre-attaque pour les Spurs, et 25 points sur les ballons perdus. Le Thunder, lui, malgré la maladresse texane (39%), n’a pas été capable d’en faire autant.
« À partir de là, ils jouent vite, marquent des paniers faciles, puis mettent leur défense en place. Et peu importe l’adversaire, c’est toujours plus dur de scorer face à une défense placée. […] C’est vraiment un effet boule de neige. Quand tu débutes avec la bonne énergie, ce genre de choses se goupille bien et l’attaque est fluide. On n’a pas entamé le match avec la bonne énergie, tout en a découlé. Derrière, on a été complètement amorphes des deux côtés du terrain », regrette « SGA ».
Comme le dit ce dernier, le Thunder va devoir tirer les leçons de ce match sans, alors que la série, désormais à 2-2, revient dans l’Oklahoma pour une cinquième manche. « Quand on perd, beaucoup de ces leçons résonnent un peu plus fort, c’est notre façon de voir », philosophe le Canadien, quand son coach rappelle une évidence : « On a joué douze matchs de playoffs, ils ne vont pas tous être des chefs-d’œuvre. »
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