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Detlef Schrempf, les années Sonics

Premier joueur européen à devenir All-Star en NBA, Detlef Schrempf est un des pionniers du basket international. L’ailier allemand a vécu ses plus belles années à Seattle.

Tombé amoureux de la balle orange par le hasard d’un prof de sport arrivé dans son école allemande, Detlef Schrempf ne se destinait pas véritablement à une glorieuse carrière au plus haut niveau.

De son propre aveu, il voulait simplement faire sa scolarité américaine au lycée, pour voir comment c’était, et revenir au pays pour passer pro dans la ligue allemande. Mais Detlef Schrempf ne reviendra jamais…

Le « retour » à Seattle

Invité de dernière minute dans un programme d’échange à Centralia, dans l’État de Washington dans le grand Nord Ouest américain, après une option dans un lycée de Los Angeles qui n’aboutira pas, le jeune talent teuton va tout simplement remporter le tournoi de l’Etat, en terminant MVP de la compétition.

De quoi taper dans l’œil de la fac locale, l’Université de Washington à Seattle, où Detlef Schrempf se rendra bien volontiers. Progressant d’année en année, l’intérieur polyvalent sera drafté en NBA en 1985, au bout de son cursus de quatre ans, en 8e position par les Mavericks.

Peu utilisé à Dallas derrière Mark Aguirre qui monopolise le temps de jeu au poste d’ailier, il explosera véritablement du côté des Pacers, devenant notamment le meilleur sixième homme de la ligue deux fois de suite (en 1991 et 1992) avant de récolter sa première étoile l’année suivante… Sa dernière dans l’Indiana.

« Je n’étais pas très informé », explique Detlef Schrempf, interviewé par Sonics Forever. « J’avais entendu plusieurs fois qu’ils étaient peut-être en train d’explorer l’idée de m’échanger parce que j’étais devenu trop cher, ayant été nommé All-Star l’année d’avant. Indiana est une équipe dans un petit marché. Et puis, Larry Brown est arrivé en tant que head coach, et il n’avait pas l’air de m’apprécier beaucoup [rires]. Je n’avais pas entendu grand chose de concret jusqu’au dernier jour du camp d’entraînement en fait. »

« Après l’entrainement du matin, des reporters sont venus me voir et m’ont dit que j’étais en passe d’être échangé. Je n’en savais rien et on ne m’avait toujours rien dit. J’ai fait l’entraînement complet le soir, de 18h à 20h et on ne m’a rien dit. Toute l’équipe était dans les vestiaires et on se demandait tous ce qui se passait. Vers 21h30, on est tous partis en se disant que ce n’étaient que des rumeurs. Mais alors qu’on s’en allait, ils sont venus m’attraper pour me dire d’aller dans les bureaux. Et c’est là qu’ils m’ont annoncé que j’étais échangé. Pendant deux jours, ils ne m’ont rien dit et ils ont continué à m’entraîner. J’étais assez remonté d’ailleurs car j’aurais pu prendre l’avion dès l’après-midi. Je suis parti le lendemain matin. »

En plein « Sonic Boom »

Passé de 8 points et 4 rebonds de moyenne en quatre années à Dallas à 17 points, plus de 8 rebonds et 4 passes de moyenne chez les Pacers, Detlef Schrempf avait effectivement franchi un cap important dans sa carrière.

Cet échange vers Seattle lui offrira pour le coup l’occasion de poursuivre sa montée en puissance dans un club, lui aussi en pleine ascension à l’été 1993.

« De tous les endroits où j’aurais pu aller, j’étais content d’aller à Seattle. C’était déjà chez moi, on avait déjà une maison ici. J’étais soulagé aussi car parmi les équipes intéressées, j’avais entendu parler de New York. J’adore New York mais je ne pense pas que je suis le genre de gars qui veut y vivre non plus. J’étais heureux de revenir à Seattle mais il faut toujours un petit peu de temps pour s’adapter car je me voyais aussi rester [dans l’Indiana]. »

Alors dans la fleur de l’âge à 31 ans, Detlef Schrempf va apporter de la stabilité et toute sa polyvalence dans une équipe des Sonics encore en plein apprentissage et, littéralement, en chantier, avec des matchs « à domicile » dans la banlieue de Tacoma, où selon Shawn Kemp, la salle n’était vraiment pas adaptée pour le basket…

N’empêche, l’arrivée de Detlef Schrempf dans la cité Emeraude correspond au décollage des Supersonics. Le début du Sonic Boom.

« Je suis littéralement arrivé à Seattle, et sans entraînement, j’étais titulaire pour le match le lendemain, et on a commencé la saison 10-0. Au cours de la saison, on a commencé à connaître des problèmes d’alchimie, avec des joueurs qui ne s’entendaient pas bien et qui étaient mécontents de ne pas avoir plus de tickets shoot. Il y avait un peu d’inquiétude mais je savais qu’on pouvait gagner des matchs. Je crois qu’on en a gagnés 63 ma première année. J’ai dû m’habituer à une défense différente avec les Sonics, où on prenait des risques sur nos rotations, avec des prises à deux et on changeait beaucoup. C’était une saison assez excitante. »

Le crash de 1994 dans les Rocheuses

Malheureusement, cette première année enivrante va se terminer en eau de boudin, avec une sortie honteuse au premier tour des playoffs. Premiers de la conférence Ouest, les Sonics se font dégager par les Nuggets, huitièmes et derniers qualifiés… après avoir pourtant mené 2-0 dans la série ! Un upset retentissant !

« Je ne vois pas ça comme quelque chose d’horrible. C’est décevant, c’est clair mais ça fait partie de la vie. Parfois, tu te foires et il faut avancer. Mais j’avais vu venir le truc avec les gars qui se plaignaient de ne pas avoir assez de tirs ou de minutes. On est tombé face à une équipe qui nous jouait très bien. Les choses n’ont pas tourné en notre faveur, comme ça aurait pu être le cas en saison régulière, et on a commencé à se pointer du doigt les uns les autres. On s’est retrouvé dans un trou. »

Malmenés par un Robert Pack intenable, et des Nuggets transcendés par Dan Issel, les Sonics vont bien essayer de terminer le travail. Mais le terrain était miné. Le vestiaire de Seattle était trop explosif selon l’Allemand au sang froid.

« On a essayé de se remobiliser, en écoutant les vétérans qui voulaient montrer le bon exemple, mais il y a eu deux échauffourées dans les vestiaires. On a eu un autre incident à Denver après notre première défaite. On n’avait pas prévu de revenir, on était à 2-0 et on n’avait pas préparé nos valises pour un deuxième match à Denver. On a repris l’avion pour rentrer [à Seattle] avant de le reprendre pour le quatrième match à Denver. Ce n’était pas un bon moment mais je ne dirais pas non plus que c’était de la complaisance. C’était surtout à cause de problèmes d’alchimie. »

Ricky Pierce et Gary Payton n’étaient ainsi pas près de passer leurs vacances ensemble, une histoire de flingues ayant même été évoquée en l’occurrence. De même, Kendall Gill n’a jamais été complètement intégré dans le vestiaire de Seattle, Coach Karl n’appréciant pas tellement son caractère de « diva »…

Le « bain de sang » face à Utah

En tout état de cause, ce crash particulièrement violent a engendré des décisions fortes pour la franchise de Seattle, amenant notamment la réussite de 1996. Exit Ricky Pierce et Kendall Gill et bienvenue à Hersey Hawkins, David Wingate et Frank Brickowski. Coach Karl voulait des vétérans pour apaiser son vestiaire, il a été servi.

« C’était une bonne année pour nous », reprend Detlef Schrempf. « On avait eu quelques bonnes années auparavant durant les années 90 mais on avait mal fini en playoffs, mais cette année-là, on avait atteint la finale de conférence face à Utah, on développait du beau jeu. C’était l’une de ces séries très disputées, très physiques, c’était un bain de sang. Il y avait beaucoup de gars qui se poussaient, qui s’accrochaient et qui se battaient. On a fini par remporter le Game 7 à domicile et c’était une superbe sensation car les fans et nos familles sont descendus sur le terrain. C’était un moment suspendu, un moment dont tu es fier d’avoir pu faire partie. »

Pourtant, les Sonics se sont encore fait peur dans cette finale de conférence. Rapidement à 2-0 et même 3-1, Seattle a ensuite perdu les matchs 5 et 6, respectivement à domicile et dans l’Utah avant de faire sauter le verrou pour de bon lors d’un Game 7 sous haute tension à la Key Arena.

« Je ne pense pas que la pression était vraiment sur nous pour ce Game 7 », relativise pourtant Detlef Schrempf. « À vrai dire, on avait plus de pression pour passer le premier tour, contre Sacramento. Le premier tour était toujours notre principal obstacle, mais on savait qu’on avait une grosse équipe. Après ce premier match [perdu], on a très bien joué. Par la suite, on ne ressentait pas de pression, on visait le titre évidemment et on a fini par échouer tout près du but. »

« On avait un peu le sentiment d’avoir enfin brisé la malédiction. Perdre au premier tour contre Denver pour ma première année a été très dur à avaler parce qu’on avait fait une belle saison et on avait une grosse équipe mais on avait trop de problèmes en interne et ça nous a tués en playoffs. Ils ont continué à modifier l’effectif année après année en enlevant parfois des joueurs importants et finalement, en 1996, on avait enfin trouvé la bonne alchimie. »

L’acmé de 1996

Moins fous et moins spectaculaires, les Sonics de 95-96 avaient néanmoins gagné en maturité et en régularité. Et puis, la folie ne pouvait s’être complètement évaporée avec Gary Payton et Shawn Kemp… Detlef Schrempf avoue une pointe de regret par rapport à la santé de Nate McMillan, un autre joueur clé du dispositif des Sonics.

« On était plus matures, on avait une meilleure équipe en interne. On avait évidemment Gary et Shawn qui étaient là depuis un moment, et moi aussi après, et puis on a ajouté Hersey [Hawkins] qui était non seulement un joueur très solide mais un être humain plus stable encore. À côté de ça, on avait des vétérans comme Sam Perkins et Nate McMillan. On aurait même pu faire un meilleur résultat si Nate avait pu être en état de jouer car il était notre véritable meneur de jeu. Il a été blessé toute la saison et il jouait quelques minutes par ci par là seulement. On avait une très bonne équipe, on s’entendait bien, on sortait souvent ensemble hors parquet. On avait une très bonne alchimie cette année-là. »

Malheureusement, toutes ces années d’effort pour construire un effectif capable d’aller soulever le trophée vont être anéanties par les Bulls de Michael Jordan. Et pas n’importe lesquels : ceux de la saison record à 72 victoires, l’année du retour en force de « His Airness » qui annoncera le début de la deuxième trilogie de Chicago.

Pour Detlef Schrempf, placer Gary Payton sur Jordan ne semble pas être la question la plus intrigante de la série… 

« Je ne sais pas si ça aurait changé le résultat. On n’avait pas très bien joué lors des deux premiers matchs à Chicago, mais on avait quand même eu une chance de l’emporter. C’était des matchs très serrés mais on n’avait pas bien joué offensivement. Défensivement, on avait plutôt bien tenu le coup, ils ne nous avaient pas vraiment fait mal, on avait réussi à bien les ralentir. Michael n’a pas très bien shooté pendant toute la série, mais ils arrivaient à compenser avec [Dennis] Rodman qui dominait au rebond offensif pour leur donner des possessions supplémentaires. Je me souviens que je n’étais pas dans un bon rythme au scoring. En tant qu’équipe, on avait tourné au-dessus des 100 points marqués cette saison-là et sur la Finale, on est resté dans les 90. Et puis, une fois que tu te retrouves mené 0-3, c’est une toute autre paire de manches. On a changé des trucs mais ça n’a pas suffi… C’est comme ça. »

Fugace assistant coach en 2006

Après une fin de carrière toute aussi frustrante du côté de Portland, notamment en finale de conférence Ouest en 2000, Detlef Schrempf va raccrocher pour de bon en 2001 après un dernier petit bout de saison. Alors installé à Seattle, le vétéran fait les allers-retours avec l’Oregon mais les Blazers vont vendanger leur potentiel à cause de leur immaturité et leur volatilité.

Quelques années plus tard pourtant, il fait un retour très souvent oublié en NBA… en tant qu’assistant coach ! En janvier 2006, il est effectivement engagé par Bob Hill, son ancien coach chez les Pacers, en tant qu’assistant à Seattle. Mais le courant ne passe pas entre les deux hommes qui ne partagent clairement pas la même philosophie.

L’expérience tourne court.

« J’aime le jeu et j’aime enseigner. C’était une bonne occasion de revenir dans l’équipe, mais je ne crois pas que j’étais un très bon assistant [rires]. J’étais souvent en désaccord avec ce qu’on voulait faire collectivement, en défense notamment. En général, ce n’est pas ce que doit faire un assistant. Mais on avait un plan défensif, qui changeait dès que le match commençait. On changeait notre dispositif en cours de match alors même qu’on ne s’était pas entraîné pour ça. J’ai toujours joué au basket en utilisant une approche rationnelle. En défense, je jouais les pourcentages et je voulais enseigner le jeu comme ça aussi mais ça n’a jamais été le cas. »

Désormais ambassadeur de la NBA à l’internationale, Detlef Schrempf a somme toute retrouvé son rôle d’origine : celui du pionnier qui prêche la bonne parole de la balle orange par-delà le monde. Des années 1980 (voire 1970 si l’on compte ses compétitions jeunes avec l’Allemagne de l’Ouest), Detlef Schrempf a connu une carrière au long cours, qui s’étend jusqu’après l’an 2000 et pendant toute la décennie 90, celle de l’expansion mondiale du basket NBA.

« Ce sont de bons souvenirs. Les fautes, les bagarres, les inimitiés, c’était une ère différente. Je me souviens de nombreux hématomes et de coups que je ressens encore aujourd’hui. C’étaient de très bons moments, on a connu beaucoup de succès à Seattle, on avait une très belle équipe et on était compétitif chaque saison. On a eu plusieurs chances d’aller jusqu’au bout. »

Detlef Schrempf lors de cette fameuse finale de conférence Ouest en 1996

Grant Hill revient sur la carrière de Detlef Schrempf

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