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Du Luxembourg au champion NBA, le nouveau chapitre du conte de fées d’Alfonzo McKinnie

Alors que les Warriors battaient le record des Bulls avec 73 victoires en saison régulière lors de la campagne 2015-2016, Alfonzo McKinnie dominait lui… la deuxième division luxembourgeoise. Trois ans plus tard, contre toutes attentes, il se retrouve dans le roster des champions NBA avec un rôle qui prend de l’ampleur match après match.

Si pour certains, tous les chemins mènent à Rome, la bonne étoile du néo-Warrior semble lui systématiquement le ramener à Chicago, sa ville natale. Après une carrière universitaire tronquée par des blessures à répétition à un ménisque du genou droit, la NBA n’était plus un rêve et encore moins une option pour Alfonzo McKinnie. La D-League non plus, comme toutes les autres ligues d’ailleurs, à l’exception du Luxembourg, puis du Mexique. Il y a un an, nous l’avions croisé à Portland, et nous lui avions demandé ce qui l’avait marqué au Luxembourg.

« Honnêtement, j’ai découvert beaucoup de choses, ne serait-ce qu’à mon arrivée, je suis monté dans une voiture et c’était une boîte de vitesses manuelle. Je n’avais jamais vu ça » nous avait-il raconté. « Et puis, beaucoup d’autres choses étaient complètement nouvelles pour moi dont la langue évidemment. La transition a été plutôt délicate au début mais le Luxembourg est un pays plutôt sympa. Je m’y suis fait et je pense y avoir passé un bon séjour au final. »

Sélectionné dans l’équipe américaine de 3 x 3

De retour à Chicago, c’est cette fois une opportunité de jouer en 3 x 3 qui va lui ouvrir les portes de la NBA. Car nous ne parlons pas du Big 3 mais bien d’un essai pour représenter la NBA au championnat du monde de 3 x 3 organisé par la FIBA. L’entraineur en charge de ses essais n’est autre que Randy Brown, ancien coéquipier de Michael Jordan lors du second triplé des Bulls et actuel assistant coach de Fred Hoiberg sur le banc de Chicago.

« J’ai refusé trois fois leur invitation de faire un essai pour le 3 contre 3, » confie-t-il à The Athletic. « J’ai fini par accepter leur quatrième demande seulement parce que coach Randy Brown des Bulls était en charge de l’entrainement et je me suis dit que si je jouait bien, ça pourrait peut-être m’ouvrir des portes. Et, c’est ce qui s’est passé… »

Après une campagne intéressante pour Team USA, Randy Brown, à la recherche de joueurs pour aider les Bulls à jouer à cinq contre cinq pendant l’été, rappelle alors Alfonzo McKinnie. Le voilà donc face à Jimmy Butler, Dwyane Wade et Rajon Rondo !

Cet été débouchera finalement par une place dans l’effectif des Windy City Bulls, l’équipe de D-League de Chicago. All-Star de la ligue de développement cette année là, aux côtés de son futur coéquipier aux Warriors Quinn Cook, Alfonzo McKinnie finit par se faire remarquer par plusieurs franchises NBA avant de signer avec Toronto la saison passée.

« J’ai vraiment pris ça comme une super expérience. Simplement parce que j’étais de nouveau à la maison et que je pouvais jouer devant des proches et des membres de ma famille » nous avait-il expliqué. « Le fait que j’aie réussi une bonne saison, que j’aie commencé à faire parler de moi auprès des scouts NBA, c’était génial. En D-League, il y a toujours au moins un scout NBA dans la salle même si on ne sait jamais de quelle équipe il s’agit. Ça m’a beaucoup aidé à me motiver toute la saison. Et en fin de saison, j’ai pu étudier les différentes propositions qu’on m’avait faites. Et celle de Toronto me semblait la meilleure. »

Steve Kerr : « C’est une énorme surprise »

Coupé finalement par les Raptors après la dernière Summer League, il rebondit chez les Warriors en acceptant, lors d’un déjeuner à… Chicago, une invitation à leur training camp pour glaner l’un de leurs deux « two-way contracts ». À l’image de JaVale McGee en 2016, et de Quinn Cook en 2017, Alfonzo McKinnie finit par non seulement se faire une place dans l’effectif de Golden State mais également d’y intégrer la rotation de Steve Kerr.

« C’est une énorme surprise pour nous cette année, » expliquait l’entraineur après le match face à Minnesota la semaine dernière. « Il a su saisir sa chance. Il prend beaucoup de rebonds, il est athlétique, et il sent les bons coups. Et puis, il est adroit de loin. Je suis super content pour lui… et pour nous »

Si l’ailier n’avait pas dépassé les quelques minutes de jeu par match après les sept premières rencontres de la saison, le huitième, à… Chicago, allait complètement changer la donne. Si l’histoire retiendra à juste titre les 14 tirs à 3-points de Klay Thompson, Alfonzo McKinnie en a lui un souvenir différent.

« C’était un jour spécial pour moi parce que le matin j’ai acheté une maison pour ma mère. C’était l’un des meilleurs moments de ma vie, » raconte-t-il. « Et puis le soir, j’ai réalisé mon premier double double en NBA, devant ma famille et mes amis, chez moi et face à une franchise, les Chicago Bulls, avec qui j’ai grandi. C’était le plus beau jour de ma vie. »

Pour Kevin Durant, c’est un vrai Chicagoan

Ses 19 points et 10 rebonds en 27 minutes n’étaient que le début d’une incroyable série de quatre matchs à au moins 27 minutes de jeu, tout en tournant à 60% de réussite de loin. Alors que les Warriors étaient à la recherche de shooteur en sortie de banc, l’éclosion d’Alfonzo McKinnie tombe à pic et ses MVP de coéquipiers apprécient ce qu’ils voient.

« Il n’hésite pas dès qui rentre sur le terrain, même s’il ne sait pas ce que sera son temps de jeu, et il essaie d’avoir un impact sur le match, » décrit Stephen Curry. « Que ce soit prendre des rebonds, défendre dur, ou mettre ses tirs ouverts, j’adore sa confiance. Il sait qu’il est à sa place et qu’il peut nous aider à gagner des matchs. »

À l’instar de Stephen Curry, Kevin Durant apprécie la confiance grandissante de son nouveau coéquipier mais plus que ça, c’est… Chicago qu’il voit en lui.

« Son adresse à 3-points, c’est ce que j’aime le plus. Les rebonds offensifs, la défense, jouer dur sur chaque possession, c’est une seconde nature pour lui. Il me rappelle un autre gars de Chicago avec qui j’ai joué à OKC, DeAndre Liggins, et qui avait dû gagner sa place dans l’effectif, » commente KD. « Mais je suis heureux de le voir tirer avec confiance parce que défensivement, les mecs de Chicago peuvent jouer les yeux fermés. »

C’est pourtant avec les yeux grands ouverts qu’Alfonzo McKinnie profite de sa nouvelle renommée. Et il faudra surement le pincer pour lui faire croire qu’il ne vit pas un rêve éveillé.

Propos recueillis à Portland et Oakland.

Alfonzo McKinnie Pourcentage Rebonds
Saison Equipe MJ Min Tirs 3pts LF Off Def Tot Pd Fte Int Bp Ct Pts
2017-18 TOR 14 4 53.3 33.3 66.7 0.1 0.4 0.5 0.1 0.6 0.1 0.2 0.1 1.5
2018-19 GOS 16 16 51.3 48.4 53.8 1.2 2.6 3.8 0.5 2.0 0.3 0.4 0.2 6.3
Total   30 10 51.6 45.0 56.2 0.7 1.6 2.3 0.3 1.3 0.2 0.3 0.1 4.0
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