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À Golden State, tous les voyants sont au Green

Le deuxième quart-temps de la rencontre opposant Golden State à Minnesota vient de débuter. L’intensité des deux équipes laisse à désirer quand, soudain, Draymond Green réalise une action défensive comme lui seul sait les faire.

Après être venu en aide pour dissuader Tyus Jones d’un lay-up tout cuit, forçant le meneur à ressortir sur Anthony Tolliver ouvert dans le corner à 3-points, il s’aperçoit que Jonas Jerebko est en retard et il poursuit son effort pour suppléer son coéquipier, et non seulement contester le tir du Wolf mais également le contrer !

Si ce n’est pas la première fois que l’ancien de Michigan State réalise ce genre de double sauvetage défensif (Noah Vonleh en sait quelque chose), ça faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu avec un tel niveau d’engagement défensif si tôt dans la saison. Pour lui, c’est simplement la transcription de l’état d’esprit retrouvé de son équipe. Après avoir trainé les pieds pendant toute la saison dernière en attendant les playoffs, les Warriors ont redécouvert leur joie de jouer et la différence est flagrante, particulièrement sur le plan défensif.

« Cette année, on prend du plaisir alors que la saison dernière nous avions le mauvais état d’esprit. Au lieu de profiter des 82 matchs pour monter en puissance, nous nous sommes dit « C’est reparti pour un tour, vivement les playoffs, » confesse-t-il. « Cette saison, en revanche, notre approche est différente. Nous profitons de l’opportunité de pouvoir progresser à chaque match au lieu d’appuyer sur le bouton au moment des playoffs. C’est beaucoup plus plaisant et je pense que vous pouvez le voir dans notre façon de jouer. »

Un énorme impact sur les matchs sans marquer de points

Golden State a en effet débuté ce nouvel exercice tambour battant, avec des performances individuelles exceptionnelles de Stephen Curry, Kevin Durant et Klay Thompson. Si Curry et Durant veulent d’ailleurs prouver que la discussion autour du trophée de MVP ne peut pas avoir lieu sans mentionner leurs noms, Draymond Green a lui déjà clamé haut et fort qu’il voulait récupérer son titre de défenseur de l’année, et son début de saison nous montre que sa fierté n’est pas mal placée.

« Il a annoncé vouloir aller chercher le trophée de meilleur défenseur de l’année, et il a montré pourquoi dans le dernier quart temps, » commentait Stephen Curry après la victoire des Dubs sur Minnesota. « Draymond (Green) a été incroyable. Il était partout ! »

Son tour de force contre les Wolves n’était pas son premier de la saison. Malgré deux semaines d’arrêt pendant la pré-saison, c’est lui qui avait permis aux Warriors de stopper le retour du Thunder lors du match d’ouverture. C’était la même chose trois jours plus tard à Utah. Si tout le monde se souvient du feu d’artifice offensif de part et d’autre, c’est Draymond Green qui a lancé le retour des double champions en titre en réveillant leur défense pour limiter le Jazz à 42 points en deuxième mi-temps.

La liste d’exemples de ce genre est déjà longue et les chiffres le confirment. D’après Cleaning The Glass, lors des dix premiers matchs de la saison, la défense de Golden State encaisse huit points de moins par 100 possessions quand Draymond Green est sur le parquet. Après l’avoir qualifié de « meilleur joueur sur le terrain » contre les Pelicans, Steve Kerr n’a d’ailleurs pas hésité à surenchérir vendredi après le match face aux Wolves.

« Depuis que je suis là, je ne crois pas l’avoir vu mieux jouer qu’en ce moment, » décrit-il. « Aujourd’hui avec le nombre de tentatives à 3-points, vous devez couvrir tellement de distance et Draymond a la capacité de contester un tir extérieur mais aussi de défendre poste bas et de venir aider cinq fois entre les deux. Pour de nombreuses raisons, dans la plupart des match, notre niveau dépend directement de sa performance. »

A-t-il déjà mieux joué qu’en ce moment ?

Comment fait-il toutefois pour dépenser autant d’énergie tous les soirs pour diriger la défense de son équipe d’une main de maître mais également pour venir seconder ses coéquipiers en cas d’erreur ? À cette question, Stephen Curry et Kevin Durant partagent la même réponse.

« Il n’a pas changé son nom, il est toujours Draymond Green, numéro 23 des Warriors, » rigole Stephen Curry. « C’est Draymond Green… C’est un All Star, » rétorque Kevin Durant, avant de continuer. « Son jeu, son énergie, être omniprésent en défense, c’est sa force. Je suis persuadé que chaque matin de match, il se réveille avec cette envie de tout casser. »

L’intéressé a lui une explication un poil différente.

« Je pense que l’une de mes qualités est mon QI basket car je vois les choses avant qu’elles n’arrivent et ça m’aide à anticiper, » explique-t-il. « Je regarde beaucoup de vidéos et je regarde beaucoup de basket pendant mon temps libre. Je sais ce que nos adversaires veulent faire et je connais leurs habitudes. Ce travail de préparation est primordial. Je suis un étudiant du jeu et ça m’aide beaucoup sur le terrain pour être au bon endroit au bon moment. »

Ainsi, c’est cette combinaison de travail, de connaissance, de volonté et d’énergie qui rend l’intérieur aussi indispensable. Si Stephen Curry est l’âme de Golden State, Draymond Green en est lui le poumon. Il est donc peu surprenant que l’Oracle considère ses deux joueurs comme ses chouchous. La bronca qui accompagne les flèches de l’un est tout aussi assourdissante pour célébrer les prouesses défensives de l’autre.

« C’est sûr que quand je réalise un gros stop, ça enflamme la salle mais aussi mes coéquipiers. C’est mon boulot. Ça nous donne un boost d’énergie et ça nous permet de transformer notre défense en attaque, » sourit Draymond Green…

Propos recueillis à Oakland.

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