Décalé Magazine News

Dumb and Dumber : le cinq majeur des champions NBA les plus improbables

On ne les avait pas vus venir, et pourtant, ils sont devenus champions NBA. Sur les quinze dernières années, nombreux sont les Ovnis, ces joueurs à la carrière imprévisible, qui ont terminé leur trajectoire sur la plus haute marche du podium. Ils évoquent tous en nous un souvenir partagé, entre tendresse et stupéfaction, surtout au regard de tous ces grands champions qui n’ont jamais enfilé la bague comme Karl Malone, Reggie Miller, Pat Ewing ou encore Allen Iverson. Entrés à la postérité, voici les heureux élus du cinq majeur des pieds-nickelés de la NBA !

Nick Young : Golden State (2018)

Le dernier arrivé au Panthéon des « cas sociaux » champions NBA. Il faut bien avouer qu’on ne l’avait anticipé, ce trade propulsant Nick Young aux Warriors en juillet 2017. Un fou chez les champions ? La question avait le mérite d’être posée à l’époque. Jusque-là, l’ex « Swaggy P », ex « Born Reble » (au lieu de « Born Rebel », tatouage qu’il avait failli se faire dans le dos avec une belle faute d’orthographe) autoproclamé depuis hier « Swaggy Champ » avait plutôt squatté les bas fonds de de la ligue. La folie de ce joueur doté par ailleurs d’un gros talent de scoreur se décèle rapidement sur un parquet. Ses choix, sa sélection de tirs, ses inspirations géniales aussi parfois, ont très vite fait de lui un joueur à part.

À Washington (2007-2011), il avait pris la succession du dérangé Gilbert Arenas, terminant son dernier exercice à DC (où il reviendra en cours de saison 2011-2012) à 17.4 points par match. À Los Angeles entre 2013 et 2017, il a alterné le compliqué avec Byron Scott et le meilleur avec Mike D’Antoni et Luke Walton, même si son passage en Californie restera marqué par sa magnifique célébration prématurée ou ses difficultés hors terrain, D’Angelo Russell révélant sur Snapchat ses infidélités.

Son arrivée à Oakland a donc sonné comme une bénédiction. À une marche du sacre, il a su se montrer sobre (à la différence de son alter ego JR Smith) pour finir par vivre pleinement l’ivresse d’un titre. Résultat : le mousseux coule à flots et les bains à bulle s’enchaînent depuis hier. Vivement la parade !

Nick « on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs » Young

Chris Andersen : Miami Heat (2013)

« The Birdman », tel est le surnom de cet oiseau rare tout droit venu de Californie. L’intérieur ne s’est pas tellement distingué par son bagage technique ou son QI Basket mais plutôt par son allure. Tatoué de la tête (enfin du cou) aux pieds, avec une coupe iroquoise impeccable, il aurait été le figurant parfait d’un clip de punk-rock un peu déjanté. Il a gardé le côté déjanté, mais c’est dans le basket et non dans la musique que Chris Andersen, drafté par les Denver Nuggets en 2001, a fait carrière. Joueur de devoir à l’énergie débordante (le fameux « energizer » en sortie de banc), il aura marqué la NBA par son « fighting spirit » et son jeu offensif limité.

Avant de soulever le trophée Larry O’Brien à Miami, il s’était fait tristement connaître pour s’être acharné au Slam Dunk Contest de 2005, ratant huit tentatives de suite qui auront donné un petit côté tragi-comique à cette édition remportée cette année là par Josh Smith (sans doute pas le fruit du hasard). L’année suivante, la NBA l’avait sévèrement puni pour usage de drogues, l’éloignant des parquets de janvier 2006 à à mars 2008. En 2008-2009, son agressivité de tous les instants était récompensé à juste titre puisqu’il termine sur le podium des meilleurs contreurs de la ligue (2.5 par match). Le début de sa deuxième carrière, plus « sobre » si on peut dire, qui le mènera jusqu’au titre de 2013 avec le Heat, face aux Spurs et leur discipline de fer, tout un symbole pour ce drôle d’oiseau ! Venu prêter main forte à LeBron James en 2016-2017, Chris Andersen mettra finalement un terme à 15 ans de carrière suite à une rupture des ligaments croisés du genou en décembre 2016.

Quand le « Birdman » ne volait pas encore

JR Smith : Cleveland (2016)

Le collectionneur ! Il y aurait de quoi écrire un livre sur les frasques quasi-quotidiennes de l’ancien voltigeur des Hornets (2004-2006) puis des Nuggets (2006-2011). Son petit plus : appliquer la même ligne de conduite sur et en dehors des terrains. Une hygiène de vie intransigeante qui a malheureusement fini par occulter ses plus belles performances basket. L’histoire aurait été sublime si le point final avait été cette parade mémorable lors de son titre de 2016. Le sacre comme la célébration qui a suivi dans les rues de Cleveland ont été à son image, complètement fous. Mais il lui restait apparemment un dernier chapitre à écrire.

Celui-ci restera sans doute le fait le plus marquant de l’ensemble de son œuvre : ce choix incompréhensible de ressortir le ballon alors qu’il venait de gober un rebond offensif ultra important à moins de cinq secondes de la fin lors du Game 1 de la dernière finale NBA. Même si toute la franchise a essayé de le couvrir sur le coup et alors qu’il restait encore de l’espoir dans les rangs des Cavs, sa déclaration déchiffrée par toutes les télés américaines et son regard perdu résument finalement bien le personnage JR Smith : capable du meilleur (un rebond offensif) et du pire (un choix catastrophique) en une fraction de seconde. Son corps était bien présent, mais où était son esprit à ce moment là ? Seul JR Swish le sait.

Le désormais célèbre « I tought we were ahead »

Ron Artest : LA Lakers (2010)

Le mentor de la jeune génération. Le gamin de Queensbridge a traversé les années 2000 tel une comète, à la trajectoire imprévisible et marquée par un titre étincelant, face aux Celtics, au terme du Game 7 de 2010, dont il restera dans l’histoire comme le héros.

Joueur réputé pour sa dureté et sa polyvalence, Ron Artest aura tristement marqué les esprits pour avoir récolté une suspension de 72 matchs, la plus longue infligée par la NBA. Ce soir de novembre 2004 à Detroit, sa folie furieuse avait pris le dessus et l’ailier avait terminé dans les gradins du Palace of Auburn Hills à multiplier les pains, mais pas vraiment à la manière du Messie, reconnaissable à un maillot déchiré en guise de couronne d’épines. Sa résurrection a pris un peu de temps, à Sacramento de 2005 à 2008, un passage sans saveur, puis à Houston (2008-2009), pour être le 3e élément du « Big Three » des Rockets, là encore un échec.

Petit florilège de l’époque où Ron Artest répandait davantage les pains que la paix dans le monde

C’est donc à Los Angeles, dès sa première saison (2009-2010), que l’improbable est finalement arrivé. Non seulement Ron Artest est devenu champion NBA, mais il est devenu le héros improvisé de toute une ville après avoir inscrit le 3-points décisif avec un sang-froid à la hauteur de l’événement. Sous les yeux d’un Kobe Bryant qui devait regretter sa passe.

Si JR Smith a célébré son titre en scellant un record de longévité dans la catégorie topless, et que Nick Young s’apprête à fêter le sien en tentant de remplir la baie d’Oakland de champagne, c’est par un son mémorable que Ron Artest a clôturé ce chapitre. Pour le coup, la folie de RonRon, devenu ensuite « Metta World Peace » puis « Panda’s Friend » a tutoyé le génie, et le titre « Champion » restera comme l’un des meilleurs de l’histoire des « basketteurs-rappeurs ».

They say We Warriors, they say we did it agaaaaaaaaaaain

JaVale McGee : Golden State Warriors (2017-2018)

Son physique imposant, sa mobilité hors du commun et son énergie débordante annonçaient déjà les situations les plus cocasses. À ce corps original est venu s’ajouter un cerveau aux connections pas toujours établies. Du pain béni pour le jeune retraité Shaquille O’Neal qui ne s’était pas trompé en faisant de JaVale McGee sa tête de turc. Sur le parquet, l’intérieur révélé à Washington a multiplié les bourdes et le résultat sans appel est illustré à merveille dans cette compilation de près de 10 minutes de ses frasques les plus… imprévisibles.

Mais JaVale McGee n’est pas un mauvais bougre. Avec le temps, le chien fou des débuts s’est assagi et son choix de rejoindre les Warriors, le 16 septembre 2016 (deux mois après avoir été remercié par les Mavs), aura été le plus judicieux de sa carrière.

Discret mais efficace lors de son premier titre avec les Warriors la saison dernière, il a été un élément précieux en sortie de banc sur cette finale 2018, tournant à 8 points par match à 80% au tir, 2.3 rebonds et 1.3 block en 13.5 minutes en moyenne sur les quatre matchs. Mieux cadré, l’ancienne tête brûlée connaît ses qualités et ses défauts pour remplir son rôle à merveille sur ce deuxième sacre consécutif. Le McGee nouveau est arrivé, les images le montrant avec son bébé dans les bras le soir du titre vendredi soir en est le plus beau symbole. En hommage aux premières années, sa présence dans ce cinq majeur n’est toutefois pas usurpée.

Le meilleur du pire de JaVale McGee

Le sixième homme de luxe : Antoine Walker – Miami Heat (2006)

Pour l’ensemble de son œuvre, il a fallu trouver une place de choix à l’ancienne gloire des Celtics aux côtés de ce cinq majeur de légende. Le joueur a connu quelques coups de chauds durant sa carrière de joueur, quelques coups de folie aussi. Mais c’est malheureusement à l’issue de sa carrière que ses problèmes ont pris le dessus. Entre son arrestation pour conduite en état d’ivresse et ses chèques en blanc pour régler des dettes de jeu qui l’ont mené à la banqueroute, l’ancien n°8 de Boston a tristement rempli les rubriques faits divers, avant d’être repêché par 120 Sports, où il est désormais consultant.

Avant sa descente aux enfers, Antoine Walker avait réussi à décrocher le Graal. À Miami en 2006, l’opération de la dernière chance pour aller au bout, aux côtés de Gary Payton également en quête de sa première bague, s’est avérée être un succès. Avec 13.3 points, 5.5 rebonds et 2.2 passes décisives par match sur la finale NBA remportée face à Dallas, il a joué un rôle prépondérant. S’il n’a plus sa bague, qu’il a dû vendre pour combler ses dettes, le titre de champion NBA et le nom de l’apôtre du « Shimmy Shake » (l’ancêtre de la danse de l’épaule) resteront à jamais gravés dans l’histoire.

Basket USA

à lire aussi

Commentaires Forum (et HS)  |  +  |  Règles et contenus illicites  |  0 commentaire Afficher les commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *