Le contraste est brutal. Il y a quelques mois, Phoenix disputait les Finals WNBA. Aujourd’hui, après dix matchs, le Mercury affiche le pire bilan de la ligue, à égalité avec le Sun, avec seulement deux victoires.
La dynamique est même franchement inquiétante puisque la franchise de l’Arizona reste sur six revers consécutifs, dont une lourde défaite à domicile face aux Lynx lundi soir (111-77). Un écart de 34 points, le deuxième plus lourd revers de l’histoire du Mercury à domicile, derrière les 42 points concédés contre les San Antonio Stars en 2012.
« C’est très difficile émotionnellement, mais nous devons continuer de travailler », reconnaît Nate Tibbetts. « Le match d’aujourd’hui n’a même pas été serré. Sur certaines rencontres, nous nous sommes battus, mais ce soir, cela n’a pas été le cas. »
Une attaque qui s’est refroidie
Le plus inquiétant, pour Phoenix, c’est que les problèmes ne se limitent pas à un seul secteur. La saison avait pourtant commencé par une large victoire face aux Aces, avec 99 points inscrits. Depuis, l’attaque s’est enrayée : le Mercury n’a atteint les 90 points qu’une seule fois, lors de la défaite face au Tempo.
Le départ de Satou Sabally au Liberty a évidemment changé l’équilibre offensif, et Phoenix peine encore à retrouver des automatismes autour de Kahleah Copper, Alyssa Thomas et Noémie Brochant. Surtout, l’adresse extérieure ne suit pas. Le Mercury fait partie des équipes les moins efficaces à 3-points, ce qui réduit les espaces et complique encore la création.
Kahleah Copper reste productive, avec 18.4 points de moyenne, mais son efficacité illustre les difficultés collectives : 33% de réussite au tir, seulement 19% derrière l’arc, soit ses pires pourcentages en carrière. Pour une équipe qui veut jouer le titre, c’est un problème majeur.
Une défense tout aussi fragile
À ces difficultés offensives s’ajoute une défense trop poreuse. Avec 110 points encaissés sur 100 possessions, Phoenix possède la deuxième pire défense de WNBA, derrière les Sparks. Une statistique qui résume le malaise : le Mercury ne marque plus assez, mais il ne parvient pas non plus à ralentir ses adversaires.
« Nous devons continuer de travailler avec les exigences d’une équipe qui veut être championne », insiste Kahleah Copper. « C’est ce qui nous a permis d’arriver en finale l’année dernière. Ce n’était pas facile, et ce n’est pas quelque chose qui se répète automatiquement parce que nous l’avons déjà fait. Je pense que chacune doit se regarder dans le miroir maintenant. Tout le monde est là pour une raison et a un rôle à accomplir. Cela ressemble à un puzzle. Chaque joueuse doit apporter à l’équipe ce qu’elle est censée apporter. Peu importe de quoi il s’agit. Vous devez l’apporter soir après soir. »
Nate Tibbetts cherche encore les bons équilibres. Jovanna Nogic a montré qu’elle pouvait sanctionner de loin, avec notamment 27 points à 5/8 à 3-points face au Sky, mais le retour de Monique Akoa-Makani a modifié la rotation, et ses minutes ont diminué.
Pour le Mercury, il ne s’agit donc pas seulement de retrouver de l’adresse. Il faut reconstruire une identité, stabiliser les rôles et faire correspondre le niveau d’exigence au statut affiché en début de saison.
« Nous voulons franchir ce cap », assure Kahleah Copper. « Nous devons continuer d’enchaîner les entraînements et faire en sorte que cela se traduise en match. La rencontre d’aujourd’hui ne reflétait pas qui nous sommes. Nous voulons être capables de représenter cette organisation, et nous allons trouver des solutions. »
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